Le Sac de Rome, de J. Buonaparte
relevant la queue de son long- vêtement pour qu'il marchât plus vite, et, quand il passa sur le pont découvert qui menait à la forteresse, il lui couvrit la tête et les épaules de son manteau violet de peur que le rochet blanc du pontife ne Texposàt^ — Plus de trois mille personnes- de toutes conditions se pressaient maintenant dans ce dernier refuge. Ceux qui n'avaient pu entrer avant que la herse ne fût baissée, se faisaient hisser dans un panier ; le cardinal de Pucci fut introduit par une fenêtre".
Clément Yll, terrifié, voulait traiter déjà''. Guillaume du Bellay l'en dissuada de son mieux. Il commandait à une petite troupe de gentilshommes français et croyait, ainsi que Renzo da Ceri, pouvoir empêcher les Impériaux de franchir la rive droite du Tibre; en résistant le plus longtemps possible, tous deux espéraient donner le temps d'approcher à l'armée de la Li^ue déjà en marche. Ils se rendirent au Capitole oii les Romains étaient assemblés et Renzo da Ceri proposa de mettre la ville à l'abri d'une invasion en barricadant la porte de Saint-Jean de Latran et en coupant les deux ponts Sixto et Capi; de la sorte, les Colonna qui venaient du Sud ne réussiraient pas à entrer ; il défendrait lui-même le Transtévère avec les troupes qui restaient. Malheureusement les Romains, par une incompréhension politique inqualifiable et un instinct de conservation peut-être exagéré dans la circonstance, refusèrent de repousser les Colonna parce qu'ils étaient leurs concitoyens et de briser leurs ponts parce qu'ils les trouvaient trop beaux '.
Les Impériaux, pendant ce temps, continuaient le massacre. Les habitants qui se réfugiaient dans les