LIVRE IV
églises en embrassant les autels n'étaient pas plus épargnés que ceux qui se jetaient aux pieds des vainqueurs. « Dans ces lieux que les plus cruels des hommes, le Goth Totila et le Vandale Genséric, avaient respectés, ils étaient massacrés sans miséricorde'. » Le sang coulait partout. Il semblait que les bandes bourbonniennes voulaient se venger sur les Romains de tous leurs malheurs précédents; pour beaucoup, d'ailleurs, pour les Luthériens, en tout cas, c'était la guerre sainte. «Les Impériaux poursuivirent leur victoire, dit Brantôme, de telle furie qu'on disoit que tous les diables estoient là tous assemblez, comme disent les Espagnols en leur langue; car les arquebuzades, les cris des combattants, les plainctes des blessez et mourans, le battement des armes, le son des trompettes, la rumeur des tambours qui animoient d'autant plus les soldats au combat et les coups de picques faisoient un tel bruict qu'on n'eust ouy tonner le ciel quand il eust tonné". » — Ce n'était cependant rien encore.
L'armée impériale marchait maintenant surleTranstévère. — Postée sur les pentes du Janicule, elle assaillit la partie du rempart qui s'étend de la porte Saint-Pancrace à la porte Septimiana-^ La résistance fut presque nulle ; éperdues, les troupes du Souverain Pontife s'enfuirent en jetant leurs armes*. « Confondus d'une victoire si prompte et craignant que cetabandon extraordinaire du Transtévère ne cachât quelque piège, les lansquenets et les Espagnols marchèrent en compagnies serrées vers le pont de Sixte IV. Les portes en chêne et très solides qui s'élevaient à son extrémité n'étaient pas même fermées ; il n'y avait personne pour les garder et empêcher le passage. Les Impériaux