‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 44 sur 366 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

sorte sur toute la ligne. Ce fut, d'après les contemporains, une terrible mêlée; et leurs récits s'en ressentent, car aucun, en somme, n'est le même K Le grand-maître de l'artillerie déclara le rôle de son arme considérable, voire même décisif^ et le roi attribua tout le succès à sa gendarmeries. — La nuit tomba vite, ce qui augmenta la confusion. Les lansquenets, malgré leurs efforts, restaient inutilisés le long d'une chaussée, gênés par leurs longues piques. L'artillerie causait beaucoup de mal aux Suisses qui firent de grands sacrilices pour s'en emparer sans y réussir. La nuit étant complètement tombée peu à peu, la lune seule maintenant éclairait la bataille. Le roi donna même par mégarde dans un corps de S. 000 Suisses : « Ils me jetèrent, écrit-il, 600 piques au nez pour faire voir qui ils étaient ». 11 réunit ce qu'il put de ses gentilshommes et de ses troupes autour de lui, aidé par Bourbon : « Et cependant, mon frère le connétable rallia tous les piétons français et quelque nombre de gendarmerie, leur fit une charge si rude qu'il en tailla 5 ou 6.000 en pièces et jeta cette bande dehors. Nous, par l'autre côté, fîmes jeter une volée d'artillerie à l'autre bande, nous les chargeâmes, les emportâmes et leur fîmes repasser un gué qu'ils avoient passé sur nous ^. »

Cette bataille se composa d'épisodes. Au début, en effet, avant que les lansquenets ne fussent revenus de leur doute, les Suisses semblaient devoir être victorieux : « Vous assure, Madame, écrit le roi, qu'il n'est pas possible de venir en plus grande fureur ne plus hardiment » ; puis, le premier moment de panique passé : u Me sembla bon les charger et le

1. « Nulle bataille n"a été plus diversement racontée. » Michelet.

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