Varillas. — Paul Jove, etc
3. Voici comment Sympliorien Champier raconte cette cérémonie : « Le roi, avant de créer des chevaliers, appela le noble chevalier Bayard : Si lui dit Bayard mon ami je veux que aujourd'hui soye faict chevalier par vos mains pour ce que le chevalier qui a combattu à pied et à cheval en plusieurs batailles entre tous autres est tenu et réputé le plus digne chevalier. Or est ainsi de vous que avez en plusieurs batailles et conquêtes vertueusement combattu contre plusieurs nations. Aux paroles du roi répond Bayard, Sire, celui qui est roi d"un si noble royaume est chevalier sur tous autres chevaliers. Si, dit le roi, Bayard, dépêchez-vous, il ne faut ici alléi;uer ne loix ne canons, soyent d'acier, cuivre ou de fer. Faites mon vouloir et commandement, si vous voulez être du nombre de mes bons serviteurs et subjets. Certes, répond Bayard, Sire, si ce n'est assez d'une fois puisqu'il vous plaist, je le feray sans nombre, pour accomplir, moi indigne, votre vouh^ir et commandement. Alors preint son espée Bayard et dict. Sire, autant vaille que si c'était Roland ou Olivier, Godei^roy ou Baudoin son frère. Certes, vous êtes le premier prince que oncques fes chevalier. Dieu veuille que en guerre vous ne preniez la fuite et puis après, par manière de jeu, cria hautement, l'espée en la main dextre : Tu es bien heureuse d'avoir aujourd'hui un si vertueux et si puissant roi donné l'ordre de chevalerie. Certes, ma bonne espée. vous serez moult bien comme reliques gardée et sur toutes autres honorée. Et ne vous porteray jamais si ce n'est contre Turcs, Sarrasins ou Maures, et puis feit deux saults et après remeit au fourreau son espée ». — François l" trouvait qu'après le titre de roi. le plus beau était celui de gentilhomme; aussi jurait-il toujours sur sa « foi de gentilhomme ». « Quand la Pasque-Dieu décéda (Louis XI), Par le jour Dieu lui succéda (Charles VIII}, Le Diable m'emporte s'en tint près (Louis XII). Foy de <jentilhomme \mi après ». Brantôme. — Brantôme rapporte également les paroles suivantes que le roi disait couramment : « Nous sommes quatre gentilshommes de la Guyenne qui combattrons en lice et courrons la bague contre tous allants et venans en France, moy, Saussac, d'Essé et Chasteigneray ».
4. Marillac. — Nouvelle Histoire de France de Lavisse : « Les Vénitiens donnent à peu près le même chiffre, un peu plus bas. »
du duc Maximilien, afin que si ce dernier tomba'tentre les mains du vainqueur, l'autre put continuer la querelle, en soutenant les droits de sa maison. C'était le seul moyen de nuire aux Français qui restât au cardinal ^ » Une partie des Suisses estima cependant que son devoir était de partager la fortune de Maximilien et s'enferma avec lui dans le château de Milan qui passait ajuste titre pour une des plus fortes places de l'Europe-. La ville, quant à elle, se rendit aussitôt à François P' qui, après en avoir reçu les clefs, s'établit à Pavie. Ce furent Bourbon et Navarro qui mirent le siège autour du château rouge'^ Navarro comptait faire sauter cet énorme bloc de briques solidement soudées sur plusieurs rangs, et ordonna ^a construction d'une mine considérable qui faillit d'ailleurs lui être fatale'*. L'accident dont il fut victime eut au moins l'avantage d'effrayer l'assiégé qui, de plus, ne recevant aucun secours du dehors, décida de répondre aux projets d'entente que lui faisait parvenir le connétable. 11 se servit, pour le persuader tout à fait, de Jean de Gonzague, favori de Sforza, et de son oncle'', et, par ce moyen gagna Girolamo Morone, chancelier de Milan,