‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 56 sur 366 · Marillac, Vie du connétable de Bourbon. 1. Id · texte numérisé non relu

Marillac, Vie du connétable de Bourbon. 1. Id

de choses durables, u délibérant de bien entretenir et garder ladite duché, tant les places forles que les villes et faire bonne justice aux sujets. Et, de fait, tint la main forte auxdits sujets, tant audit sénat que par toutes les juridictions ordonnées à ce que justice fut faite à tous les sujets inditléremment. En outre, oi'donna quatre chambellans les plus apparents de sa maison et deux messieurs des requêtes pour tenir journellement conseil afin de pourvoir à tout ce qui surviendrait^ laquelle chose il a toujours entretenue en sa maison. Et d'autre côté luy, en sa personne, donnait audience à tous ceux du pays qui voulaient à luy parler tellement qu'il étoit grandement aimé et révéré audit pays^ ».

4. Id. — Michelet s'emporte contre le roi qui laisse ainsi le connétable en pleine Italie, maître <ïy agir à sa guise. « Plus sot que sa mère n'était folle, le l'oi le mit en Milanais près Marignan, lui laissa la conquête, établit l'Italien en pleine Italie, près de Mantoue et des Gonzague. Toutes les bandes errantes des soldats à vendre eussent aiflué près de lui, et d'Italie et d'Allemagne. Bientôt dans ce connétable de France on eût eu un roi des Lombards. » — Pour écrire ainsi l'histoire, il faut, vraiment, de parti pris, vouloir la recréer, y introduire son jugement personnel coûte que coûte, jugement basé sur des raisons sentimentales et non sur l'étude des faits. On verra plus loin que non seulement Bourbon n'abusa pas de son pouvoir mais au contraire prévint le roi de ce qui se tramait en Allemagne. Pas un instant on n'a pu relever de sa part le plus petit acte ressemblant de prés ou de loin à une trahison. Je délie l'historien le plus prévenu contre lui de lui reprocher, dans les circonstances présentes, quoi que ce soit. — Michelet croit que la passion de Louise de Savoie existait déjà depuis quelque temps et Imitait son plein. A cette passion, il n'hésite pas une secondeà attribuer le connétablat lui-même ce qui tendrait à faire croire que du vivant de Louis XII déjà l'amour de la duchesse d'Angoulème s'était manifesté. Quelle inutile violence dans les lignes suivantes : « Commesi ce monstre ("pourquoi monstre?) de puissance n'eût pas été assez à craindre, la furieuse folie dune fenmie galante, à la force féodale, ajouta celle de l'argent. Elle le traita en mari, lui donnant sur de^ finances entamées par une grande guerre européenne trois ou quatre pensions princières... 11 faut décupler tout cela pour la différence de valeur monétaire, puis apprécier qu'en ces temps relativement si misérables, l'argent avait une puissance incalculable. » — L'argent était certes alors un moyen d'action important ; je me demande cependant si cette importance était plus considérable que de nos jours et je ne lecrois pas lorsque j'examine ce que l'on sait des faits. — Il est impossible de ne pas sentir dans les lignes du célèbre historien un parti I)ris évident de noircir le connétable. Or, l'histoire n'a pas à choisir de couleurs, elle ne noircit ni ne blanchit, elle éclaire, ou du moins le tloit ; la lueur qu'elle fait naitre au long de la galerie du passé met. tout naturellement là où elles doivent se trouver la lumière et les ombres.

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