LIVRE II
Marillac nous raconte après que ce fut grâce à la bonne administration de son maître que l'empereur Maximilien n'entreprit pas le siège de Milan. Le roi lui avait laissé "OU lances, 6.00(J lansquenets et 4.000 aventuriers français ; une partie de ces forces devait se joindre aux Vénitiens pour les aider à reprendre leurs possessions de la Lombardie orientale '. Or, Marillac nous apprend encore « qu'il avait cassé et envoyé- tous les lansquenets et aventuriers ». Averti des entreprises de Maximilien qui réunissait 50 à 60.000 hommes et qui, bientôt, descendait à Trente, il demandait instamment du renfort ; il avait prévenu en hâte lui-même les troupes qu'il venait de licencier d'avoir à revenir au plus vite à son premier appel. Sans perdre de temps, il va ensuite à Crémone relever les remparts, puis à Pizzighettone -^ pour disputer aux Impériaux le passage de l'Adda. En même temps il ravage tout le pays afin d'empêcher l'armée ennemie de trouver sa subsistance. Ce fut, dit toujours Marillac, un « prodigieux succès ». Ses troupes s'étaient grossies par l'envoi de Suisses dont certaines bandes commençaient à se détacher de l'Empire, cruellement averties par la bataille de Marignan. Enfin il refît les fortifications de Milan parce qu'il redoutait à la fois Maximilien et les habitants dont beaucoup étaient gibelins. « Et aussitôt qu'il fut arrivé audit Milan, il mit gens par tous les endroits de ladite ville pour la remparer et fortifier ; car il n'y avoit autres forces que les seules murailles '* avec les fossés à fond de cuve esquels descendent les canals et quelques portaux assez apparens es portes de ladite ville seulement. Lesquels remparts encommencés par le commandement
1. Mignet, Rivalité de François Z" et de Charles-Quint, Perrhi, t. I, p. 101.