‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 64 sur 366 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

aussi une autre pour nous persuader du contraire et je fais observer que cette autre n'existe pas. J'ajoute et je répète qu'il doit y avoir quelque cliose de sûrement fondé dans les plaintes du connétable enregistrées par son secrétaire, sans cela ni Tun ni l'autre ne les auraient formulées. Ouant à penser que ce fut le connétable luimôme qui demanda qu'on ne tînt pas compte de ses appointements, c'est impossible à supposer, malgré ses revenus considérables. Il n'y a qu'à se représenter ses dépenses. M. Paris sent bien encore qu'il y a eu quelque chose d'autre, car il écrit : « Suivant toutes les apparences, ces retenues ne portèrent que sur les pensions accordées par les rois précédents aux comtes de Montpensier, pensions auxquelles le connétable avait dû renoncer quand, à son domaine héréditaire, il eut réuni les duchés de Bourbonnois, de Châtellerault, les trois grandes charges de chambrier, de connétable et de gouverneur du Languedoc. » On reconnaît dans la politique de François celle de Louis XII. Lui aussi, et davantage naturellement, s'inquiète de la place prise par Bourbon et cherche à la rendre moins considérable. Sa mère alarmée est déjà derrière lui'. Bourbon se fâche-t-il? Nullement. Il a convoqué ses I^]tats d'Auvergne qui lui font un don gratuit de 50.U0Û livres. Il faut croire que son administration était bonne et que ses sujets, qu'il devait être intéressé à se concilier, l'aimaient particulièrement pour agir de la sorte. Et ceci ne répond pas à l'accusation de désordre qu'a formulée M. Paris au sujet de ses finances. Moulins était un lieu de délices'-',

1. Michelet dit que le roi ne savait que se bien battre et que sa mère et Duprat faisaient tout. Il y a sans doute un peu d'exagération dans cette vigoureuse affirmation. — Gaillard, quant à lui (t. 11, p. 17. ouvr. déjà cité), attribue, comme Varillas, le retour du connétable à l'amour de la Régente, et cette supposition, peut-être vraisemblable après tout, lui vaut une jolie phrase : <^ Sa gloire (au connétable), ses talents, ses vertus même s'élevèrent contre lui ; on le rappela, et la duchesse goûta tout à la fois le plaisir de laltliger et celui de le revoir. »

2. « Vi e un bellissimo palazzo, fabricato gia dai duchi di Borbon, posto in fortezza con bellissimi giardini e boschi e fontane eoqui delicatezze convenienti a principe; traie altre cose vi è unà parte dove vi si

je le veux bien et j'en felicile son proprie'taire, mais cette constatation n'est pas suffisante pour en inférer qu'il y dépensa outrageusement. Tous les grands de France dépensaient; leur rang les y contraignait, ainsi que cette émulation de la tenue qui n'est pas après tout aussi critiquable que certains esprits chagrins cherchent à le faire croire. Les gens de l'époque, et surtout les plus petits, se seraient étonnés de voir un connétable de France autrement que magnifique.

Le roi, d'ailleurs, sentit que certaines des réclamations qui lui étaient faites restaient normales, car il donna l'assurance que, l'année suivante, les pensions seraient rendues. « Au mois de may mil cinq cent dix-sept, le roy logé aux Tournelles auquel lieu il y eut quelques paroles entre eux de raccoutrement sur quelque gourgout qui avoitétéàAmboiseentremesdites dames la mère du roy et belle-mère de mondit sieur de Bourbon, à cause du maltraitement de mondit sieur. Par lesquelles paroles, mondit sieur se contenta de ce que l'on luy dit, qu'en l'année ensuivant on luy retourneroit ses états, pensions et bienfaits, et lors, par le commandement du roy mondit sieur s'en vint en Bourgogne' ». Il revint après à Moulins où il trouva sa femme « grosse d'enfant bougeant ; et luy et tous ses sujets étoient fort réjouis et le tenoient pour une gran'grâce de Dieu, car vu la diflbrmité et indisposition de madite dame, l'on n'avoit opinion qu'elle portât jamais enfans '». Cetenfant naquit en juillet 1517. Charles en avertit aussitôt le roi et le pria de vouloir bien tenir son fils « aux fonts de baptême et le faire chrétien'^ ». Le roi vint au mois d'octobre; « et après qu'il fut arrivé à Moulins, fut le batisement fait du

teniano de infinité sorte aniraaii e ucelli delli quali buona parte è andata de maie : etc. » An. Navagero, 1328. — Relations des ambassadeurs vénitieiifi. pub. par Tommaseo [Doc. inédits, t. 1, p. 33). \. jMariliac, Vie du connétable de Bourbon.

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