‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 7 sur 366 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

duquel elle vouloit totalement rompre les promesses déjà commencées ^ »

Charles, pendant ce temps, recevait l'éducation habituelle des jeunes gens d'alors. « Bien faisoit-elle nourrir et entretenir le dit comte Charles, luy faisant apprendre le latin à certaines heures du jour et quelques fois à courir la lance, piquer les chevaux, tirer de l'arc où il étoit enclin; auti"es fois aller à la chasse ou à lavolerie etaussi en tous autres déduits et passe-temps 011 l'on a accoutumé d'induire les grands seigneurs. Fit à tout le dit comte Charles s'adonnoit très bien; et luy sévit bien de faire tout ce qu'il vouloyt employer comme à jeune seigneur de bonne nature et de bonne inclination et qui, dès sa naissance, a apporté cette grâce qui est don spécial de notre seigneur qu'il a été; il est affable à toutes gens, et n'est aucunqui le regarde qui ne l'aime volontiers -. » Tout jeune déjà, il s'était fait naturellement distinguer d'entre ses frères; une vieille demoiselle « qu'on tenoit pucelle en l'âge de soixante ans '^ » lui disait souvent: a Vous, Charles Monsieur, serez duc de Bourbon ^ » et, comme on lui opposait quelquefois certaines objections, elle se contentait de répéter sa phrase en ajoutant qu'elle savait fort bien ce qu'elle voulait dire et qu'il en serait ainsi qu'elle le disait '.

Bientôt Charles résolut daller faire hommage au roi de ses terres; il les considérait comme siennes, mais peut-être était-on d'un avis dilïérent à la cour: la décision fut prise « en la prés^'uce du dit comte Charles par M. le prince de la Roche-sur-Yon, son beau-frère, et du sieur de Condé, gouverneur du dit comte Charles, et Antoyne de Rion, gouverneur de

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