Marillac écrit : Pussol
de ce mariage unelîlle était née, Suzanne. On citait le clnc pour sa sagesse; jadis, il avait déconseillé à Charles Vil l'expédition d'Italie, et c'est Louis XI qui l'avait nomme d'abord tuteur du dauphin. Il lit un excellent accueil à son neveu et le donna comme otage à la Noël qui suivit la première année de son séjour. L'archiduc d'Autriche devant traverser la France pour aller prendre possession de ses royaumes d'Espagne avait demandé au roi Louis d'envoyer à Valenciennes quelques personnes considérables qui répondissent de sa sécurité ; Charles reçut Tordre de s'y rendre en compagnie de M. d'Alençon et des comtes de Vendôme et de Foix. Ces jeunes princes revinrent à Pâques 1504^ lorsque l'archiduc fut définitivement retourné dans ses Etats ; et Charles rejoignit à Moulins son oncle et sa tante ' .
Marillac raconte qu'il se montra très aimable pour
1. Cette Anne de France fut une femme admirable, dans le genre de Louise de Savoie, et qui paraît moins parce qu'elle n'atteignit jamais au premier plan qui revenait, comme de juste, à une mère de roi. Elle éleva sa fille Suzanne et veilla sur son gendre comme Louise éleva Marguerite et François 1"'. Elle écrivit un livre à'Enseirjnements pour sa tille. Le manuscrit s'en trouve aujourd'hui à la Bibliothèque de Saint- Pétersbourg. 11 a été publié par M. Chazaud, archiviste à .Moulins. « Selon toute apparence, écrit-il, ce volume a du être donné pour étrennes à la dernière duchesse de Bourbon par sa mère, en janvier 1504 ou lo03, fort peu de temps, en tout cas, avant son mariage ». Sur la feuille de garde on lit : <^ Ce lien' est. à moy, SuzcDuie de Bourbon, et l'ey eu de la meson de Bourbon. » Des vers suivent que, « malgré l'absence de signature, tlit M. Chazaud, nous n'hésitons pourtant guère à attribuer au futur connétable. » Sur la seconde feuille de garde se trouvent les initiales de Suzanne et de Charles entre deux palmes, divers autres signes, une devise latine : Quocmnque verrat sol previus ero, — • « Où que le soleil darde ses rayons, j'irai les attendre au passage», et, plus loin, un vers un peu boiteux :
Je paye en so lien l'intériM du iilaisir.
La description qui suit est également intéressante à noter : « Le premier feuillet du manuscrit est rempli tout entier, au recto, par les portraits de deux princesses occupées à quelque lecture pieuse: les femmes de leur suite sont groupées derrière elles, dans le fond de la salle. .\u verso se trouve une partie de lécusson ducal de Bourbon, d'azur à trois tleurs de lis d'or posées deux et une, à la bande de gueules, avec un écartelé au l"' et 4° de Bourbon, et au 2° et 3° de France, qui est, à proprement parler, l'écusson d'Anne de France. A la fin du manuscrit se trouve non pas une, mais bien deux notes distinctes non signées et placées lune et l'autre sur la même feuille de garde : elles sont datées
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chacun et gagna les serviteurs de la maison à sa cause future; les gens du pays, les simples bourgeois comme les gentilshommes des environs se révélèrent également favorables à celui qu'ils considéraient déjà comme leur jeune seigneur. La plupart ne doutaient pas qu'il serait l'héritier principal •du nom et épouserait sa cousine Suzanne ; on murmurait môme tout bas contre le mariage projeté avec hî duc d'Alençon. Les parents cependant y paraissaient •décidés ou, du moins, le père de la jeune fille qui, malade, avait fait appeler le duc. Ce dernier arriva trop tard ; le plus chaud partisan de sa fortune venait de s'éteindre d'une fièvre quarte. 11 assista aux
non de l'i32. mais de 1632. Toiiles deux ont été raturées avec soin, dans rintentiuu bien évidente de n'en plus laisser lire le rontenu. Ileuieusenient pour les curieux, ce n'est là qu'un exemple de plus de la précaution inutile : l'encre ancienne se détaciie en noir sous les ratures, et rien n'est plus facile à lire que nos deux inscriptions, pourvu qu'on ait soin de préserver le feuillet sur lequel elles se trouvent à la lumière ■du jour ou à celle d'une bougie. Mais voici : 1° au haut du feuillet :
Ce dernier j(jur du mois et an l(i;t2 j'ai reçu ce présent livre que Monsieui Baillet hoste de Sainte-Barhe, m'a faict tenir en toute franchise
2" Au-dessous, de la même écriture, couverte de ratures comme la première :
Dans Paris, rue du Chantre le dernier jour du mois et an mil six cent trente deux, j'ai receu ce présent livre que M. B. de Sainte Barbe (à Dreux m'a faict tenir icy en toute franchise. Loué soit Dieu !
Notre manuscrit, bien que non porté sur le catalogue de la librairie •de Moulins, a dû, comme les autres volumes saisis sur le connétable, devenir la propriété du roi et faire partie de la bibliothèque déposée, après 1521, à Fontainebleau. Plus tard, il a pu être ollert à Diane de Poitiers ». M. Ghazaud continue l'histoire du volume. — On retrouve .encore, parmi ses ornements, le nom de Suzanne avec la devise Espérance qui, depuis de longues années, était celle de la maison de Bourbon. — 11 y aurait un curieux ouvrage à faire sur ces trois princesses qui ont préparé pour l'ambition et pour la gloire les trois hommes les plus marquants de leur époque, Marguerite d'Autriche-Charles-Quint, Anne de France-Charles de Bourbon, et Louise de Savoie-François I". Dans un raccourci aussi pittoresque que faux, Michelet les a dénommées « les trois Parques fatales qui ont tissé les maux de l'Europe >>.
obsèques qui eurent lieu à Sauvi^ny « où est l'ancienne sépulture des ducs de Bourbon ». Comme cependant il n'entendait pas s'être dérangé sans qu'on lui tint parole, il chargea sa mère d'aller trouver Anne de France. Celle-ci s'excusa, répondit qu'elle ne pouvait penser à autre chose qu'à son deuil, ce qui l'empêchait déparier mariage; le duc d'Alençon et sa mère partirent sans que rien fût décidé. On pensait en général que tout se trouvait rompu.
Vers la Noël de l'année suivante, la sœur aînée de Charles Monsieur, veuve du sieur de Chauvigny, vint à Moulins. Elle y demeura jusqu'à Pâques et fut remariée avec Louis de Bourbon « mainé de Vendôme, prince de Ja Roche-sur- Yon ^ ». C'est Charles qui l'aurait fait venir-.
A cette époque, les ambitions étaient précoces et n'attendaient pas pour se manifester ; on se trouvait plus tôt d'aplomb en face de la réalité ; on vivait plus complètement, avec moins de réticences; et, tout compte fait, la vie, quoique moins facile et plus dangereuse, pour cela même aussi, devait être plus intéressante que maintenant. — Anne de France répondit comme au duc d'Alençon, peut-être plus bienveillamment, mais sans rien promettre. Louise de Bourbon aurait cru cependant l'avenir propice : «... Elle espéroit toujours bonne issue de l'affaire de mon dit sieur son frère, auquel néanmoins ma dite dame de Bourbon n'en faisoil aucun semblant ni démonstration, attendantquavec le temps elle pût conduire son affaire, ainsi qu'elle l'enlendoit, dont ne se découvroit à personne ou bien peu y en avoit; toutes fois c'étoist sa seule intention et volonté comme depuis elle a montré par elfet de marier sa dite tille à mon dit sieur le comte Charles de Montpensier qui lui éloit plus agréable que le dit duc d'Alençon