LIVRE II
il feust levé^ » Il y eut des joutes et des luttes; les deux princes luttèrent môme ensemble : « Le roy d'Angleterre prist le roy de France parle collet et luy dict : « Mon frère, je veux lutter avec vous », et lui donna une attrape ou deux; et le roy de France qui est un fort bon lutteur luy donna un tour et le jeta par terre, et lui donna ung merveilleux sault^. »
Parmi les seigneurs qui parurent avec le plus d'éclat se trouvait le connétable. Un jour, comme le roi d'Angleterre et le roi de France causaient ensemble, le premier leva son index bagué vers Charles qui passait et dit : « Si j'avais un pareil sujet, je ne lui laisserais pas longtemps la tète sur les (-paules. » — Etait-ce par dépit qu'il parlait de la sorte, parce que le connétable qui détestait les Anglais avait refusé une coupe d'or qui lui avait été envoyée en présent-^, ou par suite d'un intérêt sincère? Là sans doute encore le luxe de Charles devait approcher de trop près celui de son maître. Marillac cependant nous montre le roi d'Angleterre et le connétable en bons termes, semble-t-il : < Mondit sieur se trouva en équipage de prince. Et pour jouter contre les Anglois il avoit 12 gentilshommes vêtus et accoutrés d'une parure oiî ils firent honnête devoir : et furent volontiers vus. Et après les joutes combattirent vêtus de nouveaux accoutrements... lesquels gentilshommes mondit sieur amena luy-même jusques aux lices étant monté sur un gentil coursier ayant le saut aussi haut qu'il étoit, dont mondit sieur le lit très bien acquitter. Et pour ce que le roy d'Angleterre montra au visage de prendre plaisir audit cheval, mondit sieur descendit, le luy présenta et donna ; et ledit roy le