Dreux du Radier, ouvr. déjà cité. En note, p. 28, t. IV
dans ses bras. Quelle hlessure au cœur de cet homme à l'humeur « raide, taciturne et mal endurante 1 » !
Tout cela cependant ne peut être qu'une conjecture. Des historiens comme Varillas, d'après lesquels cet amour serait vraisemblable, ne présentent pas une autorité suffisante pour être crus. Nous avons essayé de dégager la vérité la moins douteuse; la seule qui soit absolument vraie et acquise à l'histoire, c'est qu'après la mort de Suzanne de Bourbon, Louise de Savoie fit attaquer la succession qui en résultait. On peut ajouter que, afin d'éviter le scandale auquel elle était en droit de s'attendre dès l'ouverture du procès,, elle fit proposer au connétable de l'épouser, voyant dans ce mariage un autre moyen de faire revenir ses terres a la couronne. Elle aurait chargé François de Bourbon, comte de Saint-Pol, d'aller trouver le connétable de sa part- pour lui annoncer que la discussion de leurs droits respectifs dans le Parlement ne devait faire éclater aucune brouille entre eux. Inutile précaution, car elle était toute-puissante et Bourbon savait à quoi s'en tenir à ce sujet. Elle pouvait ajouter qu'elle lui laissait le droit de récuser les juges qui lui sembleraient prévenus, et môme de porter l'affaire devant un autre parlement^ : c'était la monnaie de la même pièce. — Arnould le Perron'' s'est arrêté à ce récit et, parmi
1. Gaillard, l'historien de François 1", voit dans l'amour de Bourbon, au début, de l'intérêt. Il croit, comme nous, que la duchesse d'Angouléme aimait Bourbon, et depuis longtemps : « Il parait, dit-il (t" II, p. 13), que Bourbon permit à son grand cœur de prohter des faiblesses d'une femme qui pouvait servir son ambition, il paraît qu'il tlatta ces faiblesses, qu'il donna des espérances, qu'il se servit en homme habilede cet ascendant (pie donne l'inditTérence sur un cœur passionné. »