‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 84 sur 366 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

tous les historiens, c'est le seul que M. Paris ait cru vraisemblable. Certes, Le Ferron s'en tient au fait pur et simple, mais on peut dire quil n'y a pas plus en histoire qu'ailleurs défaits purs et simples en ce sens qu'ils sont toujours motivés par quelque chose. Soucieux de la vérité historique, nous ne voulons pas l'étendre vers des possibilités que le manque de preuves nous défend, mais, du moins, nous devons faire observer que cette vérité se base sur un unique historien, démenti par les autres, et qu'il y a là peut-être autant de raisons de douter que devant le récit de Yarillas et celui que ne us nous sommes permis de présenter comme le plus vraisemblable. — Maintenant que nous avons établi les dessous du drame, il nous faut raconter de quelle façon se passa l'affaire de Valenciennes et ce qui la suivit.

traturam etiam a Uege ut quem vellet exagnatis ad eam hereditatem cernendam libère vocare posset ; interea moleste ne ferret judicio Patruni Parisiensium rem decerni : nulla se regia potestate eo in judicio usuram : neminem niissurum qui suo nomine Patres prensaret : permittere Borbonio quos vellet ex cohorte judicum rejicere. Parisiensis senatus si displiceret, quem vellet ipse deligeret, aiit Tholosanum, aut Burdigalcnsem, aut Rhotomagensem, aut Divioneuseui, aut (irationopolitanum, aut Aquenseui. Ad ea illum respondisse : « Feruutur milii hœ conditiones quas ego accipere lubentissime debueram, at satius controversiam injudicium delalam Palruiii judicio sopiri : ipsa dabit dies consilium. » — Abdebat idem, cum Borbonio sibi snepe multum fuisse de Lodovica sermonem, qui sibi visus esset numquam nisi reverentissirne de ea et sentira et loqui : unde eum placationem crediderit futurum, nisi Pouiperanus, Pelusius et (juidam alii quibus mendacis, multiplicando verbis Ciesaris vim et liberaiitatem, erexeraut ejus animum, iisdem speiu ejus iutlassent quasi mox summo oumiuni voto ad Galiica régna vocaretur et undirpie coucursus ad eum i'uturus esset. » (Ed. 1601, p. i'M.) — « Ce qui rend, dit M. Paris, l'autorité de ce récit irréfragable, c'est que Le Ferron l'écrivait quand François L' était mort déjà depuis longtemps, et qu'il ne craignait pas d'être démenti par le duc de .Montpensier, prince de La Roche-sur- Yen, le plus proche parent de Boui-bon, et qui vivait encore. » — M. Paris s'avance un peu en déclarant cette autorité « irréfragable ». L'argument dont il se sert se retourne de lui-même contre lui : François !"■ était mort quand Le Ferron écrivait, je le veux: mais personne en haut lieu n'eût admis qu'il donnât raison au connétable, dont la maison était peinte en jaune peutêtre encore, et que toute la France bien pensante, selon la cour, tenait pour un traître. Le Ferron est justement, au contraire, trop près du règne précèdent [Miur dire la vérité. // ne le pouvait pas. Le duc de Montpensier, pas plus que lui. ne le pouvait, ou du moins oITiciellement, dans un livre public. C'est ce qui. à mon sens, rend ce témoignage sujet à caution.

La rivalité de François P'etde Charles-Quint s'était nettement établie, rivalité commencée, en somme, entre la maison de France et celle d'Autriche à la mort du Téméraire. Ces deux hommes étaient faits pour se haïr, l'un maître du pays le plus envié, le plus charmant et le plus riche, l'autre dominant sur un empire qui bientôt ne verra jamais se coucher le soleil ; et cela est admirable de penser que certains historiens ont déclaré médiocre un prince qui, maître de la seule France, a pu tenir en échec l'homme qui commandaità tant delerritoire. — Premier exemple du souverain universel, Charles-Quint parle plusieurs langues, voyage sans cesse, développe au long des années un génie tenace, ambitieux et profondément calculateur, et sait maintenir sa couronne tout en luttant avec le monde entier. François P' guette partout son rival sur chaque point faible de son empire et, sûr possesseur d'un royaume petit, mais compact, a davantage, la possibilité de suivre son action, de la rendre précise et meurtrière, de la déchaîner au moment opportun. Si Charles a des ministres comme Croy, Granvelle et Gattinara, François, outre sa mère, possède Semblançay, du Prat, Chabot de Brion. Devant Charles qui, chose singulière, malgré ses côtés de souverain moderne, représente l'idée du moyen âge, François, valeureux et chevaleresque, paraît défendre un équilibre général que l'on peut appeler déjà l'équilibre européen. — Quelle belle chose que ce duel des Valois et des Habsbourg!

Après quelques préliminaires, il commença devant Pampelune et Logrono. La Navarre fut perdue à la

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