‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 87 sur 366 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

sentiment de deux capitaines fort expérimentés, le mare'chal de la Palice et le sire de la Trémoille ; mais François I" aima mieux suivre les timides conseils du maréchal de Ghâtillon. Il se contenta de faire fuir ceux qu'il aurait pu détruire '. L'armée de Charles-Quint, qui aurait été infailliblement écrasée, opéra, sans être inquiétée, sa retraite sur Valenciennes'^ ». Peut-être François I" refusa-t-il d'agir dans le sens indiqué par le connétable à cause de la disgrâce qu'il lui avait infligée, par méfiance 3. Charles cependant n'avait pas d'arrière-pensée, et il montre une certaine générosité en manifestant si peu de rancune. Néanmoins M. Paris écrit sérieusement que le connétable méditait déjà sa trahison.

Il suitia campagne, obéissant aux ordres qu'il reçoit, au lieu de commander comme sa situation le voulait. Sans une plainte, une fois de plus, il accepte l'injustice. Il « prend la ville de Bouchain, emporte d'assaut celle de Hédin, et, parce moyen, met toutes les places voisines en l'obéissance du roy. Tous ceux qui écrivent ce voyage ne peuvent taire la valeur, le jugement et la résolution de M. de Bourbon, et font un cas merveilleux de sa bonté, de son affection au bien de cette couronne et de sa patience à supporter la défaveur du roy et le mauvais traitement qu'il en recevoit en récompense de sa fidélité' ». Comme si la mauvaise

1. Du Bellaj' note aussi l'occasion c[ue le roi laissa passer : «Et ce jour-là, Dieu nous avoit baillé nos ennemys entre les mains que nous ne voulûmes accepter, chose que depuis nous cousta cher; car qui refuse Dieu présente de bonne fortune par après ne revient quand on le demande. »

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