‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 86 sur 366 · Du Bellay, p · texte numérisé non relu

Du Bellay, p

déplore cette ingratitude royale sans commentaires : « J'ay veu de mon temps que plus de gens estant partis du service du roy par malcontentement ont plus fait de dommages au roy que nuls autres. Comme le dit évesque, le prince d'Aurange, le marquis de Mantoue, le duc de Bourbon, le seigneur André d'Orie et plusieurs autres K »

« Il ne laissa pour cela de bien et fidèlement servir », dit Antoine de Laval. 11 joua même un rôle dans un des moments de la vie de François P' considéré comme sans importance et qui est cependant celui de son règne où il aurait pu le mieux écraser l'armée de son rival'. Le moment était décisif. François I" pouvait frapper un grand coup et faire éprouver à l'empereur sous Valenciennes le sort que trois ans plus tard il éprouva lui-même devant Pavie. Il franchit l'Escaut sur un pont jeté au-dessous de Bouchain pour aller le combattre. Charles-Quint envoya, sous le comte de Nassau, 12.000 lansquenets et 4.000 chevaux, afin d'empêcher le passage de cette rivière qui le couvrait contre son ennemi ; mais ils arrivèrent trop tard. L'Escaut avait déjà été traversé par l'armée française qui s'était mise en bataille. Les troupes impériales, n'ayant pas été assez diligentes pour s'opposer à son mouvement, ne se trouvaientpas assez fortes pour résistera son attaque. La victoire demeurait pour ainsi dire certaine si la bataille était livrée. Le connétable de Bourbon qui avait pris une si valeureuse part aux grandes journées d'Agnadel et de Marignan oublia l'oifense qu'il venait de recevoir et qu'il avait encore plus ressentie que montrée. Voyant d'un coup d'œil les avantages d'une semblable position et cédant à son instinct guerrier, il proposa de fondre sur les Impériaux. C'était aussi le

1. P. 340. — On peut voir aussi l'édition de du Bellay de MDLXXXV, Paris : «Pour Abel l'Angcilier».

2. Belcarius, Comrnenlarii Heium gallicarum, lib. XVI, in-fol.; Lugduni, 1624.

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