‹ Le connétable de BourbonChapitre 15 sur 26 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

A l'heure où tout donnait dans Venise , ex* cepté left galants , les jaloux, et les espions de la Seigneurie , deux hommes masqués se ren* centrèrent sur la plage déserte du Lido. Ils s'ahordèrent mystérieusement, et, après avoir échangé quelques mots à voix basse, l'un des deux invita l'autre à le suivre. Usentrèrent dans une gondole qui ne tarda pas à voguer sur la lagune.

— Quelle imprudence! dît l'un des deux hommes ; savez-Yous bien que vous jouez votre tète?

— Que m'importe! fit l'autre avec un geste de dédain. Demain seulement le procurateur qui commande à Padoue pourra s'apercevoir de mon absence , et demain , que je réussisse ou que j'échoue , tout sera fini pour moi.

— Il en est temps encore , reprit d'une voix émue celui qui avait parlé le premier , renoncez à cette périlleuse folie. Retournez en terre ferme, je vous en conjure. Demain il sera trop tard pour regretter ce que vous aurez fait.

— Abandonnez -moi seul à mon sort , ou pas un mot de phis sur ce sujet , répliqua sèchement l'homme masqué. Il n'est que trop vrai, n'est-ce pas ? qu'Un édit du Conseil a décidé le mariage de Catherine avec le roi de Chypre, de iémsalem et d'Arménie. Il n'est que trop vrai , hélas ! que son père consent à cette injure «qu'on me fait , et Catherine elle-même.,. 9ion ! non ! je ne puis croice qu'au mépris d un amour si sdknnefienMnt juré !... pourtant la nouvelle est assez publique. Catherine a signé, dit-on, ce témoignage de sa perfidie et de ma

honte. Onoirio, ayez pitié de moi. Répétez-* moi ce que vous savez , ce que vous avez vu , que je sache à quel point je suis à plaindre!,

— A quoi bon renouveler vos douleurs, cher Marco? répondit l'autre passager de la gondole ; vous savez tout. Catherine s*est enfin rendue aux prières de sa famille , aux ordres du Conseil. Elle accepte , quoique à regret , la courotine qu'on met à ses pieds. Hier , elle a traversé la ville dans une gondole magnifique , vêtue comme une reine et accompagnée d'une députation des membres du «énat en robes de cérémonie. Elle a débarqué au traghetto du palais ducal, au milieu d'une afflnenee de peuple qui ramassait , en criant : Vive la reine ! les pièces d'or que les gens de la seigneurie jetaient sur son passage. Son altesse le doge est venu recevoir la nouvelle smxveratne au pied de l'escalier des Géants, et le soir elle est retournée au palais de son père, escortée de nouveau par les patriciens et le$ officiers du doge , au son des instruments et à la lumière des flambeaux. r

— Fort bien , continua Marco Venier , et â'avez^vous pas remarqué, Oncfrio, si, peu- ^UuAt ce ^rajet^. son 'visage était pàle^ si ses

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