‹ Le connétable de BourbonChapitre 26 sur 26 · MO · texte numérisé non relu

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trâilés pal^ las milkttiFei , dorem leur 4élu vrAoceà m, protection. Il aplanÎMàit k» diffi* Gtritëfl «Btre les soldats et les prisonniers, eo puisant dans sa bourse , et il volait au secours de tous oeux dont il savait la vie en. danger; on peut même dire qu'iHicun malheureux n'implora en vain son appui. Il oubliait iMÛne et ressentiments ^ et donna assistance à d'aiH cîens ennemis avec qui il était = brouillé p«r des raisons politiques ou ;de plus puissants motifs. Une dame et sa fille , de la noble fa^ mille àû Santa-^roce, lui durent leur rachat des mains de Fennemi. Il ne se laissa entrai* neK par le désir de la vengeance, que dans va» seuip CHToonstance , lorsqu'il ordonna debrA* let la vigfif du pape aH pi(K) du IMLont^Marous, prèf» du BoAta*^ Malle. Clément VU, voyant to feu du haut du château , se tourna vers les cardinaux et leur dit : % Pompée tne paye une dette; j*ai fait brûler ses «châteaux dans^ campagne de Borne , il cherche à me rendre la. pareille, n Ce ^spectacle lui foisait de la peine ; cependant ^ il ne rejetait pas le tort sur le carJiBal. • ; •

n La vie qu'il menait au lort Saint^Aage était tocyours excessivement pénible 9 elle le

derint faiesi danmf tage , lorsqu'il 4îi-toaciier à Ictir êm les .seuls mres cpi re^taisest, dont assurément la nécessité seule, et non ieor attrait, lui ordonnait de se non^rir : malgré klir répugnance , lui et les crrdinaux étaient réduits à manger de la diair d'âne. Dans l'impossibilité de rester plus longtemps , fante de provisions , il proposa de se rendre aux conditions suîyantes :

• « Il souscrivit d'avance aux volontés mani** lestées par Tempereur , qu'il se plaisait à sU|h j^oser bénignes et équitables, dignes entent d^un fils de l^Église ; il payerait la solde arriérée des troupes impériales , et on lui reiidrait la liberté et ses Etats. Sur*4e*champ , il fit fon-, dre les vases consacrés d'or et d'argent, qu'il avait emportés, et en fit battre monnaie; par ce moyen II réalisa trois cent mille écus , qui ne suffirent pas pour contenter les offielers supérieurs , et , à plus forte raison , tes soldats.

K La position du poolife , étroitement Moqué dans son fort , devenait donc de't^lus en plus critique ; pour comble de maux , la peste se mit parmi ses gens. Sur les instances de quelques cardinaux , ses amis, Pomfiée se iéf

eida khn tAe une TÎsite. Le' pape dk aux eer-' dinaux qu'il n'attendait ph» aucun secours d« dehors, qu'îi n*y avait de salut que dans^lar lance d'ÂdriHe;* il <lësignait «par fii Pompée qntv Ayant attîné sin* sa patrie ee déluge de mauK', était plus propre que tout autre à trou* Ter les.moyens convenables peur Ten délivrer* Lorsque œ dernier arriva dans le château , le saint-père lui fit un fort bon aooueil ; probablement aussi sans arrière-pensée. Ils se mirent alors â pleurer tous deux sur les désastres qui d^olaient leur patrie , sur Tavilisseuient an était tdmbée la dignité sacerdotale ^ et surtout sur leur folie respectinv! qui ren^plissant lem* àme d'une forclir. indigne de gens revé^ tus d'un, caractère sacré , avait attiré l'étran^ ger dans le cœur du pays et fini par renverser les établissements consacrés à Dtteu. Ils convinrent* ensuite des moyens de nnettre dément VJl en liberté. Pompée ayant promia d'employer son crédit auprès des ministres inipërM«» , pour oblonîr sa délivrance , reçut la)bén^idtion papale, et pâartil.

« Le. pape ne négligeait pas>oependant d'autres moi^ens d'améliorer, sa situation; il ennuya utt^égat.au roi François .1*^ , un autre à

Honri, roi d'AngleteiTe. Le roi de France, disait-OD, allait envoyer Lautrec, yaillant capitaine , à la tête d'une bonne armée , pour venger les injures faites au chef de TEglise. Clément, en outre , envoyait lettres et négociateurs auprès de Fempereur. Mais les soldats , et surtout les Allemands , montraient une inflexible dureté ; ils ne voulaient entendre parler d'aucun accommodement, qu'au préalable on n'eût achevé de leur payer tout ce qui leur était dû. L'empereur trouvait cette demande parfaitement raisonnable; il chargea son envoyé , le frère Angioli , dont il a été fait mention plus haut, de communiquer ses intentions aux chefs de l'armée. Le pape devait entrer dans la plénitude de ses droits ; la sainteté de sa dignité commandait des égards , mais il devait aviser aux moyens de contenter les troupes ; elles ne se f étireraient qu'après s'être fait donner des otages. Moyennant cette précaution, le pape se trouvait hors d'état de faire à r«npereur beaucoup de mal , s'il gardait le souvenir de l'injure reçue. Lorsque Clément eut connaissance de ces conditions, elles lui parurent extrêmement dures. Il était à la merci de l'étranger, et dam

LR COIfwéT. »B BOVRBOir. T. II. %0

Fimpossibiltté de rassembler autant d'ai^eot qu'on lui en demandait. Quel crédit pouvait-il avoir auprès des soldats ou des marchands , captif comme il était? Il ne devait inspirer aucune confiance dans sa position actuelle, parce que les promesses qu'il ferait pour en sortir manquaient de garantie. La validité des obligations et de leurs hypothèques , consenties en prison, pouvait être impugnée par l'observation que ces actes avaient été stipulés, non par une personne libre , mais par un homme en état de captivité. Les Allemands surtout refusaient obstinément les bons de banquiers; non contents de tant de butin amassé dans cette ville qu'ils avaient saccagée , ils menaçaient de faire passer au fil de l'épée toute la garnison du château , à commencer par le pape et les cardinaux, si on ne leur comptait sur-le-champ les sommes demandées.

Il n'y avait plus moyen de reculer ; le pape fut obligé de donner des sûretés pour l'acquittement de la contribution de guerre, et livra aux Allemands ses quatre amis les plus chers et les plus dévoués : les deux évéques de Pistori et de Vérone , les deux archevêques de Sipons et de Pise ; à ces quatre otages il joi-

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gnit deux de ses plus proches parents , Jacques Salviati et Laurent Ridolfî, renommés pour leur opulence et leur haute noblesse. Quand les Allemands eurent en leur pouvoir ces six personnages, ils leur firent sur-le-champ sentir leur exigence; ils les menaçaient et les effrayaient de toutes les manières pour se faire remettre sans retard l'or demandé ; mais quelque diligence que pussent faire ces captifs , quelque empressement que missent le pape et lea négociants à se libérer, jamais ils ne parvinrent à réaliser la somme convenue. Alors ees féroces soldats enchaînèrent les cautions comme de vils, criminels, les firent mener sur le Campo di Piory au-dessous des fourches qu'ils avaient fait dresser exprès , et tenaient des piquets tout préparés pour les empaler.

Pour peu que le peuple ou les soldats eussent fait un mouvement en leur faveur, c'en était fait d'eux : leur sort était décidé. Trois fois ils furent traînés pâles et tremblants sur le lieu du supplice ; trois fois ils se firent relâcher à force de prières, de pleurs , et surtout de promesses de s'acquitter moyennant un court délai. Us obtinrent le délai demandé; c'était un triomphe sur la cruauté , remporté

par la cupidité doot leur mort aurait détruit toutes les espérances.

Les détenus allaient frapper à Unîtes les portes pour amasser l'argentuécessaire, tandis que des amiii assuraient leur salut par d'autres moyens : on corrompit leurs gardes, auxquels on fit préparer un excellent repas , ayec des vins capiteux mêlés d'opium. Ces militaires n'étaient occupés que de faire honneur à la boisson et à la bonne chère , iorsqu'ib furent plongés dans un sommeil si profond , que des décharges d'artillerie n'auraient pu les éveiller ; c'est ce moment que guettaient les amis des prisonniers. Dès qu'ils yirentque les ?ins avaient fait leur effet, ils entrèrent à la dérobée dans les chambres oi^ étaient enchaînés les otages ; ils défirent leurs liens , et , au moyen de cordes , ils les firent monter par la cheminée sur tes toits ; ensuite, les fugitifs parvinrent, dans le plus grand secret, aux portes de Rome, d'où ils passèrent sains et saufs dans le camp du duc d'Urbin, alor»

établi en Ombrie ; par ce moyen, ils sauvèrent en même temps leur vie et leur fortunc»^^

Leur fuite inattendue et si surprenante hâta l'époque de la délivrance du pape. 8on sort

n'en fot cqiendant paft imraédîatement amélioré; les soldats allemands n'insirtèrentqu'avec plus d'énergie sur la néoessité de les solder, s'il voulait sa liberté. £n conséquence, il recourait à tous les moy^is possibles pour ra* masser Targent , et n'en décoifmt qu'un seul, celui de mettre à renchère quelqueschapeaux de cardinal : parmi les partisans de l'empereur, il se trouva des amateurs qui aspiraient à cette dignité , et qui en payèrent Tacquisition à deniers comptants ; il parvint de cette manière à réaliser les sommes exigées* Assurément cet expédient n'était ni honnête ai délicat ; mais, dans ce cniel embarras^ il n'en sut pas imaginer d'autre ppur calmer l'impatience et i'aviclité des soldats.

La corruption des corps morts, abandonnés sans sépulture sur tes {rfaces publiques, l'o-' deur infecte ées cloaques , les variations continuelles de la température et la mauvaise nourriture, avaient engendré la peste , dont nous avons déjà parte. €ette maladie a^it enlevé beaucoup de militaires, parmi lesquels on remarquait quelques-uns de ceux qui avaient le plus dévasté les couvents.

I>epuis que les soldats avaient été payés,

on re^ la nouvelle des avantages remportes par Lautrec, général de l'armée française ; les troupes allemandes et espagnoles passant en revue leurs rangs, que la mort avait éclaircîs, montrèrent alors phis de propension à lapais, et se laissèrent persuader par leurs chefs de rentrer sous leurs Maires, et de les suivrepartout où le service de l'empereur rexigerait.

Le pape, voulant témoigner ses bonnes dis* positimis à l'égard de l'armée, et donner une preuve de l'attachement qu'il avait toujours conservé poor l'empereur, s'engagea à leur livrer pour otages cioq cardinaux à leur choix; ils en dioisirent tr^s de Venise, Milan et Florence, dont les parents étaient attachés au parti opposé ; le cardinal Pompée en nomma deux de Rome. Il les mena chez lui dans une maisMi de campagne , ou il les traita avec les plus grands égards et une* paiisiite amabilité. 11 s'occupa immédiatement de tenir la parole qu'il avait donnée au saint^père de régler, a^ecles agents de l'ev^pereur, les conventions relatives à.l'évacuation totale du territoire de Rome. Le pape avait complètement réussi à le mettre dans ses intérêts, au moyen de brillantes promesses. Pompée usa de toute son in-

fluence auprès des ministres impériaux pourles décider à se départir des conditions rigoureuses dictées par l'empereur. Ce n*était pas d*abord leur volonté ; cependant à la fin ibs'y résolurent. Cette négociation fut habilement conduite par le cardinal , parce que don Hugues, homme sans foi et de mauvab conseils , s'était retiré à Naples avec ses soldats, et que le prince d'Orange était rentré avec les siens dans les casernes.

Après sept mois de captivité au château Saint- Ange, Clément devait être délivré aussitôt la paix conclue ; il avait annoncé sa résolution de sortir dans l'espace de trois jours , mais il réussit à s'échapper de nuit à l'insu des sentinelles de la porte. Il avait eu le soin de se couvrir la tète d'un méchant chapeau d'endosser une blouse et de s'attacher une très-longue barbe ; sous cet ignoble travestissement, il se fit passer pour un des domestiquas du grand maître de la maison du pape. Il portait un panier au bras, une hotte et des sacs vides sur le dos. Il dit aux sentinelles qu'il avait été envoyé en avant pour préparer les logements sur la route; que le pape devait aller à Viterbe avec les cardinaux, et que lui

il commanderait les provisions. A l'aide de cette ruse et de ce déguisement, ilparvintà s'évader du château et à s'échapper de Rome par une porte secrète pratiquée dans l'angle du mur du jardin de Saint-Pierre, dont la veille il s'était fait donner les clefs par le jardinier en chef. Là il monta dans une voiture tenue à sa disposition par Louis de Gonzague , cité plus haut, dont il avait nommé cardinal le frère cadet.

Au milieu de la nuit, accompagné d'un simple paysan, il traversa à la hâte Celano , le bois de Baccano , se rafraîchi^ à Capranica, et arriva , par un chemin taillé dans le roc, à Orviéto^ yiile fortifiée.

Le lendemain matin, quelques colonels allè^ rent au château Saint-Ange pour faire leur cour au pape : ils savaient que , tous les matins, il allait entendre la messe dans la chapelle, et l'attendirent en conséquence quelque temps.

Déjà une partie de la journée s'était écoulée, et il ne paraissait pas. Us demandèrent alors aux valets de chambre si sa sainteté ne prisait point à se lever ; que l'heure était avancée, et que, pour le voyage qu'elle voulait entreprendre , il convenait de se mettre de bonne heure en route, parce que le chemin était

mauvais et les journées d'hiver extrêmement courtes. Les laquais ne se doutaient de rien. Cependant ce long retard paraissait un peu suspect aux colonels ; ils connurent à la fin que le pape s'était joué d'eux.. Effectivement, dans ces désastreux événements, il avait appris à les connaître, et il en avait conclu qu'il fallait s'y fier le moins possible. Le pape , arrivé à Orviétoau moment où on l'attendait le moins, fut parfaitement bien accueilli par les habitants , et reçut les visites d'une foule de personnages distingués, qui allèrent le complimenter d'avoir recouvré la liberté. Il y resta jusqu'à ce qu'il eût conclu la paix avec sa Majesté l'empereur Charles V.

Telle fut la fin du pillage de la malheureuse ville de Rome, et le terme des malheurs de ses habitants. Après le départ du pape, les officiers et soldats, chargés du butin, prirent le chemin de la ville de Naples , d'oii on les envoya en diverses directions pour arrêter les progrès que faisait journellement la vaillante armée de Lautrec, général du roi de France.

Fin UES NOTES.

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