‹ Le Connétable de Chester. [Des fiancés]Chapitre 36 sur 47 · Tribu · texte numérisé non relu

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le fasse savoir, et elle sera réparée. Si c'est une rançon qu'on désire, qu'on en fixe la somme, et j'enverrai ordre qu'elle soit payée. Mais ne me retenez pas prisonnière, car vous ne pouvez que m'injurier sans avantage pour vous.

— Lady Eveline reconnaîtra bientôt , répondit ïa même voix avec un accent de courtoisie qui n'était guère d'accord avec la manière dont elle était traitée, que nos desseins ne se ressentent pas de la violence de nos procédés.

— Si vous savez qui je suis, dit Eveline, vous devez présumer aussi que votre attentat ne restera pas impuni. Vous ne pouvez ignorer quelle est la bannière qui protège à présent nos domaines.

— Celle de Damien de Lacy, répondit la même voix avec un ton d'indifférence. Qu'importe? Les faucons ne craignent pas les faucons.

En ce moment il y eut une halte subite, et un murmure confus s'éleva autour d'elle, quoiqu'il y eût régné jusqu'alors un silence si parfait , qu'elle n'avait entendu que quelques phrases bien courtes prononcées en gallois, soit pour indiquer le chemin qu'il fallait suivre, soit pour ordonner de marcher plus vite.

Le bruit cessa, et il y eut une pause de quelques minutes. Enfin Eveline entendit celui qui lui avait déjà adressé la parole donner quelques ordres qu'elle ne comprit pas.

— Vous verrez tout à l'heure, lui dit-il enfin , si je vous ai parlé vrai en disant que je méprise les liens qui vous enchaînent; mais comme vous êtes à la fois la cause du combat et le prix de la victoire, il faut veiller à votre sûreté aussi bien que les circonstances le permettent, et; quelque étrange que puisse être la manière dont nous allons y pourvoir, j'espère que celui qui sera vainqueur dans le combat vous trouvera saine et sauve.

— Pour l'amour de la sainte Vierge, s'écria Eveline, point de combat ! Détachez plutôt le bandeau qui me couvre les yeux , et laissez*moi parler à ceux dont vous redoutez l'approche. S'ils sont mes amis , comme j'ai lieu de le croire, je rétablirai la paix parmi vous.

— Je méprise la paix, répondit la même voix ; je n'ai pas commencé une entreprise si hardie pour l'abandonner, comme un enfant laisse un jouet, dès le premier instant que la fortune cesse de sourire. Ayez la bonté de descendre de cheval, noble dame, ou plutôt permettez-moi de vous enlever ainsi de votre selle, et de vous déposer sur le gazon.

Pendant qu'il parlait, Eveline se sentit enlever de son palefroi,

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et on l'assit par terre avec beaucoup de soin et d'attention. Un moment après, le môme individu qui l'avait descendue de cheval lui prit son chapeau , chef-d'œuvre de dame Gillian, et la mante qu'elle portait par dessus ses autres vêtements , et lui dit avec une voix impérative :

— J'ai à vous prier de vous baisser sur les mains et les genoux pour passer par cette étroite ouverture. Croyez que je regrette beaucoup d'être obligé de confier votre sûreté à une place forte d'une espèce si singulière.

Eveline crut devoir obéir , car elle sentait que la résistance serait inutile, et elle pensa qu'en se soumettant aux ordres d'un homme qui semblait avoir de l'autorité sur cette troupe, elle pourrait obtenir sa protection contre la fureur aveugle des Gallois, qui la haïssaient parce qu'ils la regardaient comme ayant été la cause de leur défaite sous les murs de Garde-Douloureuse et de la mort de Gwenwyn.

Elle entra donc en rampant dans un passage étroit et humide, bordé des deux côtés de pierres brutes , et si bas qu'il lui aurait été impossible d'y entrer autrement. Après avoir traversé une distance de huit à neuf pieds, elle se trouva dans une petite caverne de forme irrégulière, mais assez haute pour qu'elle pût s'y asseoir aisément. En même temps elle s'aperçut, au bruit qu'on faisait derrière elle, que les brigands bouchaient l'entrée du passage par lequel on venait de l'introduire dans les entrailles de la terre. Elle entendit distinctement le bruit des pierres qu'on employait pour le murer, et elle sentit que le courant d'air qui venait par l'ouverture s'affaiblissant peu à peu , l'atmosphère devenait plus numide et plus épaisse.

En ce moment un bruit sourd frappait ses oreilles, et Eveline crut y distinguer un cliquetis d'armes , des hennissements de chevaux , des cris poussés par des combattants ; mais tous ces sons, amortis par les murs de pierre de sa prison , ne formaient qu'un murmure confus qui n'apportait à ses oreilles que ce qu'on peut supposer que les morts entendent du monde qu'ils ont quitté.

Excitée par le désespoir, dans une position si terrible, Eveline fit des efforts incroyables pour dégager ses mains des liens qui les attachaient. Elle y réussit enfin , et son premier mouvement fut d'arracher le bandeau qui lui couvrait les yeux ; mais cela ne servit qu'à la convaincre qu'il était impossible qu'elle s'échappât. Elle se trouvait dans de profondes ténèbres, et, étendant les bras à la hâte autour d'elle, elle reconnut qu'elle était dans une caverne souterraine et fort étroite. Ses mains, en retombant par terre, rencontrèrent quelques pièces de métal presque décomposé , et , ce qui en tout

autre instant l'aurait fait frémir d'horreur, des ossements desséchés: Mais en ce moment cette circonstance même ne pouvait ajouter à ses craintes, enfermée, comme elle paraissait l'être, dans les entrailles de la terre, pour y périr d'une mort lente et affreuse, tandis que ses amis, ses libérateurs, étaient probablement à quelques pas d'elle. Elle étendit encore les bras pour chercher quelque voie de salut , mais partout elle les sentit repoussés par une barrière de pierre , contre laquelle tous ses efforts étaient aussi inutiles que si elle les eût dirigés contre le dôme d'une cathédrale.

Le bruit qui avait frappé ses oreilles augmentait et approchait rapi- ; dément ; et il lui sembla un moment que la voûte sous laquelle elle i était assise résonnait du bruit des coups qu'on se portait sur sa surface extérieure, et de celui de quelques corps lourds qu'on y jetait ou qui y tombaient. Eveline fut saisie d'une terreur à laquelle il eût été impossible que sa raison résistât si elle eût été de longue durée; mais heureusement la cause en cessa promptement. Des sons moins distincts , et qui semblaient mourir dans l'éloignement, annoncèrent bientôt que l'un des deux partis battait en retraite, et enfin un profond silence y succéda.

Eveline resta alors absorbée dans ses réflexions sur sa situation désastreuse. Le combat était terminé, et, comme les circonstances la portaient à le croire, ses amis étaient restés les plus forts, puisque les Gallois vainqueurs l'auraient tirée de prison pour l'emmener captive, comme ils l'en avaient menacée. Mais de quelle utilité pouvait être à Eveline le triomphe de ses fidèles défenseurs, puisqu'elle restait enfermée dans un souterrain sous le champ de bataille, qui devait avoir échappé à leurs observations? Elle était destinée à devenir la proie de l'ennemi , s'il osait se remontrer en ces lieux, ou à périr dans les ténèbres, d'un genre de mort aussi horrible qu'aucun tyran ait pu en inventer, qu'aucun martyr en ait jamais pu subir, et auquel l'infortunée ne pouvait songer sans adresser au ciel une prière pour que, du moins, son agonie ne fût pas prolongée.

En ce moment terrible, elle se rappela le poignard qu'elle portait, et la sombre réflexion qui se présenta à son imagination fut que , si elle avait perdu tout espoir de vivre , elle avait du moins entre les mains le moyen de se procurer une prompte mort. L'idée de cette affreuse alternative la fit frémir d'horreur , et elle se demanda tout à coup si cette arme ne pouvait pas lui servir à un autre usage, en l'aidant à recouvrer sa liberté , au lieu d'abréger ses souffrances par le trépas.

S'étant une fois livrée à cette espérance, la fille de Raymond

Bérenger ne perdit pas un instant. Ayant réussi , non sans difficulté, à changer de posture et à reconnaître toute la circonférence du souterrain dans lequel elle était , elle retrouva le passage par lequel elle y était entrée , et espéra pouvoir s'en servir pour retourner à la lumière du jour. Elle se glissa donc de nouveau en rampant, arriva bientôt à l'extrémité; mais, comme elle s'y attendait, elle la trouva bouchée par d'énormes pierres, jointes ensemble par de la terre, de manière à lui ôter tout espoir d'échapper.

Cependant ce travail avait été fait à la hâte , et sa vie et sa liberté étaient d'un prix à exciter les plus grands efforts. Avec son poignard elle parvint à détacher la terre encore humide, et avec ses mains elle réussit à faire tomber en dehors une petite pierre. Le jour pénétra dans sa caverne; et, ce qui n'était pas moins précieux , elle put respirer un air pur. Mais en même temps elle eut le chagrin de reconnaître que la principale pierre qui bouchait le milieu de l'entrée était si pesante qu'il lui serait impossible de la faire changer de place sans le secours de quelqu'un. Sa situation se trouvait pourtant moins malheureuse ; elle voyait le jour, elle respirait librement ; et il lui devenait possible d'appeler du secours.

Néanmoins les cris qu'elle poussa furent d'abord inutiles. Le champ de bataille avait sans doute été abandonné aux morts et aux mourants, et, pendant quelques minutes, des gémissements étouffés furent la seule réponse qu'elle obtint. Enfin , à force de répéter ses exclamations, elle entendit prononcer les paroles suivantes par une voix aussi faible que celle d'une personne qui sort d'un long évanouissement :

— Edris d'Earthen-House1, est-ce toi qui appelles de ta tombe le malheureux qui touche à la sienne? Les liens qui m'attachaient aux vivants sont-ils déjà rompus? Entends-je, avec des oreilles de chair, les accents redoutables des mourants ?

— Ce n'est pas un esprit qui vous parle, s'écria Eveline, enchantée de pouvoir du moins entrer en communication avec un être vivant; ce n'est pas un esprit, c'est une malheureuse fille, Eveline Bérenger, qui est enfermée sous cette voûte obscure et en danger d'y périr d'une mort horrible, à moins que Dieu ne lui envoie du secours !

— Eveline Bérenger ! répéta la même voix avec un accent de surprise ; impossible ! J'ai reconnu sa mante verte ; j'ai vu flotter son panache tandis qu'on l'entraînait loin d'ici ; j'ai senti qu'il ne me restait plus assez de forces pour la secourir , et cependant elles ne

*. Edris de la Maison de Terre. Le début du chapitre suivant fera connaître cet Edris, évoqué par l'imagination troublée de Damien.

m'ont abandonné tout à fait que lorsque j'ai vu disparaître à mes yeux sa robe et ses plumes , et que tout espoir de pouvoir la sauver s'est évanoui de mon cœur.

— Brave vassal , fidèle ami , courtois étranger, quel que soit le nom que je doive vous donner, apprenez que vous avez été trompé par les artifices de ces bandits gallois. Il est vrai qu'ils ont emporté la mante et le panache d'Eveline Bérenger, et ils peuvent s'en être servi pour abuser les amis qui , de même que vous , prennent intérêt à moi. Tâchez donc, brave étranger, d'imaginer quelque moyen pour nous procurer du secours à tous deux, s'il est possible; car ces brigands, s'ils échappent à ceux qui les poursuivent , ne manqueront pas de revenir ici , comme le voleur retourne à la cachette où il a déposé le butin qu'il a fait.

— Que le nom de la sainte Vierge soit béni ! s'écria le blessé, puisque je puis justement et honorablement dévouer à votre service le dernier souffle de vie qui me reste. Je ne voulais pas auparavant donner de mon cor, de peur de rappeler à mon aide, indigne que j'en suis, quelques-uns de ceux qui couraient à votre secours ; maintenant , fasse le ciel que cet appel soit entendu , et que mes yeux puissent encore voir lady Eveline en sûreté et en liberté!

Ces paroles, quoique prononcées d'une voix faible, respiraient un esprit d'enthousiasme, et elles furent suivies du son d'un cor auquel les échos des montagnes répondirent seuls. Un son plus perçant y succéda , mais il cessa tout à coup , comme si l'haleine avait manqué 5 celui qui le produisait.

Une pensée étrange se présenta à l'esprit d'Eveline , même en ce moment d'incertitude et de terreur. — Les sons que je viens d'entendre sont ceux de la maison des De Lacy, dit-elle; sûrement vous ne pouvez être que mon bon parent sir Damien !

— Je suis ce misérable, digne de la mort pour le peu de soin qu'il a pris du trésor qui lui a été confié. Qu'avais-je besoin de me fier à des rapports et à des messagers? J'aurais dû veiller sur le joyau précieux dont j'étais chargé, avec tout le soin que l'avare donne au vil objet [qu'il appelle son trésor ; j'aurais dû, sans être vu, sans être connu, reposer sans cesse à votre porte, plus vigilant que les plus brillantes étoiles du firmament; j'aurais dû ne pas m'écarter un instant de votre voisinage : alors vous n'auriez pas couru le danger où vous êtes, et Damien de Lacy, ce qui est bien moins important, ne serait pas descendu au tombeau en vassal négligent et parjure.

— Hélas ! noble Damien, ne me brisez pas le cœur en vous accusant d'une imprudence dont je suis seule coupable. Vous griez tou-

jours prêt à me protéger à mon moindre désir, et mon infortune devient plus amère quand je pense que ma témérité a été cause de votre malheur. Répondez-moi, bon parent, et laissez-moi espérer que les blessures que vous avez reçues sont de nature à pouvoir être guéries. Hélas! pourquoi faut-il que j'aie fait couler votre sang! Quel destin est le mien, puisque j'attire des désastres sur tous ceux à qui je sacrifierais mon propre bonheur! Mais ne rendons pas plus amers, en nous livrant à d'inutiles murmures, des moments que nous accorde la merci du ciel. Faites ce que vous pourrez pour arrêter votre sang, Damien, un sang si précieux à l'Angleterre, à Eveline, à votre oncle!

Damien ne lui répondit que par un faible gémissement, et Eveline, désespérée en songeant qu'il allait peut-être périr faute de secours, renouvela ses efforts pour se remettre en liberté, afin de courir à son aide. Mais tout fut inutile ; et, cessant ses vaines tentatives, elle s'assit, image du désespoir, passant d'un sujet de terreur à un autre, et écoutant, avec toute l'attention de l'inquiétude, si elle n'entendrait pas le dernier soupir de Damien expirant.

Tout à coup, quel moment d'extase ! le terrain rocailleux retentit sous les pas de chevaux qui s'avançaient rapidement. Cet heureux son semblait l'assurer de la vie, mais non de la liberté. Il pouvait annoncer le retour des bandits des montagnes, arrivant pour emmener leur captive : mais sûrement ils ne l'empêcheraient pas de jeter un coup d'oeil sur Damien et de bander ses blessures; ils trouveraient plus d'avantage à le faire prisonnier qu'à lui ôter la vie. Un cavalier arriva; Eveline implora son secours, et le premier mot qu'elle entendit fut une exclamation en flamand, sortie de la bouche du fidèle Wilkin Flammock ; exclamation que la vue du spectacle le plus extraordinaire pouvait seule arracher à cet être flegmatique.

Sa présence fut particulièrement utile en ce moment, car lady Eveline lui ayant appris dans quelle situation elle se trouvait, et l'ayant prié en même temps de donner les plus prompts secours à Damien de Lacy, il commença, avec un sang-froid admirable, et non sans quelque science, par bander les blessures du jeune guerrier, pendant que les Flamands qui étaient à sa suite ramassaient des leviers que les Gallois avaient abandonnés dans leur retraite, et s'en servaient pour travailler à la délivrance d'Eveline. Réunissant leurs efforts et guidés par l'expérience de Flammock, ils parvinrent d'abord à faire faire à la pierre un léger mouvement qui permit d'apercevoir la prisonnière, à la grande joie de ses libérateurs ; mais heureuse surtout fut la fidèle Rose, qui ne craignant aucun risque

personnel, tournait autour de la pierre ébranlée comme un oiseau auquel on a ravi ses petits voltige autour de la cage dans laquelle un enfant espiègle les a enfermés. Il fallut de grandes précautions pour retirer la pierre, de crainte que, tombant dans l'intérieur, elle ne blessât Eveline.

Enfin l'énorme fragment de rocher fut déplacé de manière à permettre à Eveline de sortir de prison ; mais les travailleurs, comme pour la venger de la détention qu'elle avait subie, ne cessèrent pas pour cela d'employer leurs leviers contre cette pierre ; et, continuant leurs efforts, ils la firent tomber de la petite plate-forme où était l'entrée de la caverne sur la pente rapide de la montagne, d'où cette lourde masse, acquérant par sa chute une nouvelle force, se précipita avec une rapidité toujours croissante, brisant et renversant tout ce qui s'opposait à son passage, faisant jaillir le feu de tous les angles de rocher qu'elle rencontrait, entourée d'un nuage de poussière, et roula jusque dans un ravin situé au bas de la montagne, où elle se se brisa en cinq énormes fragments avec un bruit qu'on aurait pu entendre de trois milles à la ronde.

Les vêtements d'Eveline étaient souillés et déchirés, ses cheveux épars, toute sa parure en désordre. Souffrant encore de l'air humide et impur qu'elle avait respiré, et épuisée par les efforts qu'elle avait faits pour se remettre en liberté, elle ne perdit pourtant pas un instant à songer à elle-même ; mais, avec l'empressement d'une sœur qui donne des secours à un frère unique, elle se mit à examiner les diverses blessures que Damien avait reçues, et à prendre les moyens les plus propres à arrêter le sang qui coulait encore de quelquesunes, pour tâcher de lui rendre l'usage de ses sens. Nous avons déjà dit que, comme beaucoup d'autres dames de son temps, Eveline n'était pas sans connaissances dans l'art de la chirurgie, et elle en montra en ce moment plus qu'on ne l'aurait crue capable d'en déployer. Il y avait de la prudence, de la précaution, de la prévoyance dans tous les ordres qu'elle donnait ; et la douceur de son sexe, l'humanité, qui le rend toujours disposé à soulager les souffrances humaines, semblaient en elle puiser une nouvelle dignité dans la force d'une intelligence supérieure.

Après avoir écouté avec surprise pendant deux minutes les ordres prudents que sa maîtresse donnait à la hâte, Rose sembla se souvenir tout à coup que le blessé ne devait pas être abandonné aux soins exclusifs de lady Eveline; elle les partagea donc autant qu'elle en était capable, tandis qu'on formait une litière pour transporter le chevalier au château de Garde-Douloureuse,

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