I. Ces démêlés avaient eu lieu à l'occasion du refus opposé
238 Les Jésuites,
Nous avons exposé au chapitre précédent les faits de politique extérieure qui répondent à une partie de ces accusations. Il nous reste à envisager le rôle du duc de Luynes vis-à-vis des Jésuites, dans la double question de leur réintégration à Venise et de leurs manœuvres à Tin rérieur du royaume.
Les apparences, il faut l'avouer, sont conformes, en ce qui concerne les Jésuites et Venise, aux doléances du pamphlétaire. En effet le marquis de Cœuvres, ambassadeur de France à Rome, diplomate assez léger d'ailleurs, reçut du gouvernement français la mission d'appuyer auprès du Sénat une demande en réintégration dont le souverain pontife prit rinitiative. Le marquis de Cœuvres était sur le point d'être rappelé de son ambassade et il y a lieu de supposer que, lui confiant une négociation qui paraissait importante, le ministère dirigé par le connétable de Luynes voulait préparer la
par les Vénitiens à l'extradition, demandée par le Saint-Père^ d'ecclésiastiques coupables de crimes de droit commun. Paul V, ayant prononcé l'excommunication et l'interdit, la République exigea de ses prêtres qu'ils ne tinssent aucun compte des censures. Seuls, les Jésuites refusèrent et quittèrent le territoire de Venise, Alors le Sénat prononça solennellement leur expulsion. (iGoG.)
La disgrâce du pire Avnoux. 289
retraite de rambassadeur,cn éloignant de Rome d'abord et en ménageant ensuite dans son amour propre ce personnage aux susceptibilités violentes. Il y eut d'autre part quelque hésitation de la part du gouvernement à assigner pour but précis au voyage ^ du marquis de Cœuvres la réintégration des Jé- ■ suites. On lit en elletdans une dépêche du nonce en date du 14 septembre 1621 : « J'apprends que le marquis de Cœuvres ne partira pas encore de ^ Rome, pour le moment, et qu'il a reçu l'ordre de ne pas traiter la question du rétablissement des Jésuites, parce que la République a fait savoir qu'il lui serait désagréable qu'on la traite ».
Le marquis de Cœuvres arriva toutefois à Venise le 2*3 septembre^; reçu avec beaucoup d'honneur, il ne tarda cependant pas à s'apercevoir que sa mission n'avait aucune chance de succès : « La façon de négocier avec les républiques , écrit-il à un Jésuite^ est bien, plus difficile qu'avec les autres princes ^, » et, dans une lettre au roi, en date du 4 octobre, il signale « le peu de dispositions qu'on a à Venise de donner satisfaction à
1 . Mission de Cœuvres a Venise poiîr le rétablissement des Jésuites. Mss. Bib. nat., n" 40O9, contenant six dépêches sur ce sujet.