‹ Le connétable de LuynesChapitre 103 sur 135 · Dép. de Cors. 18 nov · texte numérisé non relu

Dép. de Cors. 18 nov

La disgrâce du père Arnoiix. 241

de renvoyer à Rome un adepte aussi agréable et aussi fervent de la politique du Saint-Siège.

Pour envisager toutes les phases de ce curieux incident, qui montre sous un jour nouveau la politique et les intentions du connétable de Luynes, nous croyons devoir rapporter les entretiens qui eurent lieu entre le roi et M. de Puysieulx et l'ambassadeur vénitien qui retournait dans son pays. La dernière audience donnée par le roi à Girolamo Priuli eut lieu à Marmande ; les paroles que Louis XIII adressa en cette occasion au ministre de la République furent assez insignifiantes : « Il y a longtemps, dit-il, que j'ai eu connaissance de ce qu'ont voulu faire les Grisons, et, quand je Tai su, je n'ai pas manqué de faire donner des ordres en conséquence à mes ambassadeurs chez les Suisses et chez les Grisons, ainsi qu'à celui qui est en Espagne. Assurez la République de mon bon vouloir et du désir que j'ai de voir terminée la présente affaire. »

Après l'audience du roi, Priuli alla voir M. de Puisyeulx et tomba précisément sur le marquis de Cœuvres, qui sortait du cabinet du ministre des affaires étrangères, en compagnie de ce dernier luimême. La rencontre était piquante, après l'échec de

la mission de Cœuvres à Venise ; le marquis n'en

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242 Les Jésuites.

crut pas moins devoir saluer l'ambassadeur avec des paroles pleines de courtoisie, et lui exprima en termes très-vifs la reconnaissance qu'il portait à la Sérénissime République pour Taccueil personnel si bienveillant dont il avait été favorisé *. L'ambassadeur et le marquis de Gœuvres se confondent ainsi en politesses réciproques, sous les yeux du ministre des affaires étrangères, assez surpris et embarrassé de voir si gaillardement pris par son envoyé Finsuccès du voyage diplomatique à Venise : « Oui, se mit-il à dire en riant, tout a été fort bien, sauf le principal ; qui part de Venise n'en peut dire que du bien, et ces messieurs ne veulent pas qu'on parte sans avoir reçu d'eux toutes sortes de consolations. » Sur cette ironie, l'ambassadeur entra dans le cabinet du ministre poyr y subir un véritable assaut. — « Est-il possible, lui dit M. de Puisyeulx, que la République soit aussi obstinée dans ses opinions ? On lui a envoyé le marquis de Gœuvres pour demander en grâce la réintégration des Jésuites ; l'autre jour on a fait faire des démarches auprès d'elle afin d'obtenir que Badouer '^ puisse au moins se présenter pour se justifier; à l'occasion de ces deux demandes, S. M. a reçu un

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