‹ Le connétable de LuynesChapitre 25 sur 135 · I.c duc Je /j/nit's ctnnidablc · texte numérisé non relu

I.c duc Je /j/nit's ctnnidablc

tombait sous la juridiction d'aucun tribunal et dépendait immédiatement du roi, mais pour y faire passer un édit portant accroissement de l'impôt sur le sel, quatre sous par mine, ce qui devait rendre cent mille francs chaque année. Ce revenu était destiné à payer, au taux de 6 1/2 p. 0/0, les intérêts de 2 millions que S. M. empruntait à des partisans; les conditions de cette opération financière étaient onéreuses, car, indépendamment de l'élévation du taux, les trois quarts seulement des sommes empruntées devaient être versés en argent -, Tamortissement,d'anciennes dettes de TEtat devrait former l'appoint.

C'était un emprunt de guerre ; le chancelier déclara, en effet, que cet argent était destiné à faire prévaloir l'autorité du roi. Le gouvernement espérait ainsi faire passer l'augmentation des gabelles, mesure profondément impopulaire, par l'annonce d'une guerre que la population de Paris surtout ne laissait pas de réclamer avec une ardeur fanatique. Ce lit de justice avait encore un autre objet. Le chancelier, parlant dans son discours de la vigilance que le roi apportait au gouvernement de son Etat, saisit cette occasion de dire que S. M. avait voulu rétablir la charge de connétable dans la personne du duc de Luynes, pour avoir re-

5o Le duc de Luynes connétable.

connu combien cet office était utile au maintien de Tautorité royale. Cette habileté, préparée d'avance, était concertée pour donner connaissance, d'une façon purement indirecte, au Parlement, de la décision du roi. On pouvait craindre, en effet, que ce corps, susceptible, et au fond mal disposé pour le ministre de Louis XIII, n'affectât d'ignorer qu'il fût connétable, si l'occasion se présentait pour le duc de Luynes de venir au Parlement, où sa nouvelle dignité lui donnait rang au-dessus de tous les ducs et pairs qui n'étaient pas nés princes. Habile dans Part d'éviter ou de tourner les difficultés, le connétable, cette matinée-là, ne vint point au Parlement*.

La politique de conciliation vis-à-vis des protestants n'était plus possible, et le roi semblait plus décidé que le connétable à s'en départir ; l'ambassadeur vénitien le constate non sans aigreur. « Le roi, dit-il, est maintenant plus rigide que d'ordinaire dans sa volonté d'être obéi et de faire prévaloir son autorité par la force. Il y est poussé et excité comme d'ordinaire par les Jésuites et en particulier par le prince de Gondé. Celui-c recherche au plus haut degré une occasion de manier les armes, afin de s'acquérir de Tautorité, des créatures et du domaine dans le royaume. Il vou-

i, Amb. flor. Dép. du 7 avril 162 1.

T.e duc de Ijiyncs connétable. 5 i

drait surtout servir de contre-poids au parti de la laveur, afin de n'avoir plus à en dépendre et de rendre plutôt son appui nécessaire à Tautorité des autres. Et il faut compter en effet avec un premier prince du sang qui a les armes en n)ain*. » Aussi, le duc de Luynes, trop clairvoyant pour ne pas deviner le piège, trop adroit pour ne point réviter, ne mit pas les armes dans les mains du prince de Condé, au moment où le roi se décidait enfin à les prendre lui-même.

Les dernières exigences du parti protestant, exprimées par les députés de la Rochelle, ne permettaient plus, en effet, d'hésiter entre la marche sur Lyon et la marche sur le Poitou. Les huguenots ne se contentaient plus de réclamer Tabolition du crime de lèse-majesté dont ils avaient été déclarés coupables. Ils exigeaient en outre que le Béarn fiit remis en Tétat politique et religieux de Tannée 1616 et que les pensions et états de M. de la Force et de ses enfants fussent entretenus par le roi. Ils demandaient enfin que les troupes laissées en Béarn, Guienne et Poitou fussent rappelées, et qu'une réponse favorable fût faite aux cahiers des deux dernières assemblées. Le gouvernement de la

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