‹ Le connétable de LuynesChapitre 26 sur 135 · Aiïib. vén. Dép. n" 46, j3 avril · texte numérisé non relu

Aiïib. vén. Dép. n" 46, j3 avril

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Rochelle élaborait en mêine temps sa fameuse division de la France en cercles, qui n'était rien moins qu'une véritable organisation insurrectionnelle contre le gouvernement établi.

Le duc de Luynes, jugeant qu'il n'y avait plus de concession à offrir aux protestants, résolut de satisfaire tous les mécontents de la cour dont il importait de s'assurer l'assistance. Le commencement du carême avait été troublé par cette étrange scène de violence dans laquelle on avait vu un cardinal , simple diacre, il est vrai, et de mœurs médiocrement pastorales, solliciter un procès à coups de poing. Rencontrant son adversaire, le duc de Nevers, dans l'antichambre du rapporteur de l'affaire, le cardinal de Guise l'avait frappé à la tête, et son frère, le prince de Joinville, avait mis l'épée à la main pour protéger le provocateur contre les représailles du duc de Nevers. Le roi avait envoyé des gardes aux princes pour les empêcher de se rendre sur le terrain, et donné l'ordre d'enfermer le cardinal de Guise à la Bastille, dans une assez dure captivité. Mais il avait ainsi mécontenté à la fois la maison de Guise et la maison de Bourbon. Le duc de Guise avait un autre grief contre le gouvernement. Il prétendait que la connétablie lui avait été promise sous la régence de la reine mère;

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pour faire taire ses prétentions, on lui avait promis le gcnéralat des galères dont il n'avait pas encore le brevet. Il résultait de ces discordes et de ces mécontentements que beaucoup de princes s'étaient retirés de la cour, et Ton pouvait redouter une scission qui séparerait du gouvernement les plus proches alliés de la maison royale; le duc de Nevers, le duc du Maine et le duc de Longueville semblaient, en eflet, sur le point de former un parti avec le comte de Soissons et M. de Vendôme, frère du roi. La main souple du connétable sut dénouer ces complications. Il lit prier par le roi lui-même les ducs du Maine etde Nevers, retirés à Gharleville, de revenir à la cour. Le comte de Soissons reçut une promesse de satisfaction fort séduisante ; car le gouvernement s'engagea à lui faire épouser la sœur du roi dans le délai de deux mois, ou, à son défaut, M'^^ de Montpensier, qui avait en dot plus de trois millions d'écus d'or. Par cette alternative, qui faisait plus ressortir l'ambition ou l'avidité du comte de Soissons qu'elle ne faisait honneur à la délicatesse de ses sentiments, on eut raison de son opposition. Il déclara qu'il viendrait s'humilier aux pieds du roi. Le grand prieur de Vendôme, sous la simple réserve que c'était en considérjtion de la reine mère, reçut son pardon du roi pour toutes ses fautes pas-

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sées, et toucha une indemnité de cent mille francs^ en compensation du gouvernement de Gaen. Quant au duc de Guise, qui n'avait pas fait preuve d'une bien grande bravoure dans l'affaire survenue à son frère, et qui, par forfanterie, s'était vanté de le tirer de la Bastille, il se trouva fort satisfait d'être affranchi de cette obligation par la délivrance du cardinal que le roi fit élargir de Vincennes. Il se dirigea ensuite sur son gouvernisment de Provence, fort loin du théâtre des prochaines hostilités, tandis que le cardinal était autorisé à servir d'une façon très-conforme à son humeur et qu'il ne jugeait point incompatible avec son haut rang dans l'Eglise, "en combattant les protestants *.

■ La conduite du gouvernement vis-à-vis du prince de Gondé fut non moins adroite. Gomme on ne voulait pas l'employer dans l'armée d'opérations, il fut chargé de tenir en respect les provinces du centre et envoyé dans cette intention en son gouvernement du Bourbonnais.

Parmi les plus difficiles à satisfaire, se trouvait sans contredit la reine mère. Quand la cour avait été s'installer à Saint-Germain, elle avait refusé de l'y accompagner, en disant que l'air de cette rési-

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