Amb. flor. Dép. du 22 juin
2. Amb. vcn. Dép. n° 72, 26 juillet 162 i.c Havcndosi discgno se il marito non si humiliera alla volonta del re di fai le métier a terra tiitte le sue case clie superbissime et piene di delitie possède per quelle campagne. »
Le siège de Saint-Jean-d'Angély. 8i
dait sur une issue favorable de la guerre, ce fut la visite que la reine mère fît à son fils dans la ville de Blaye. Elle fut magnifiquement reçue ; le roi lui prodigua les marques d^honneur et les témoignages d'affection, et lui permit d'aller séjourner où il lui plairait, ajoutant gracieusement qu^elle devait se considérer comme libre et maîtresse absolue dans son royaume. Marie de Médicis résolut de se transporter à Angers et d'y passer Tété, et se proposa de revenir à Paris au commencement de l'automne*.
Dans ce triomphe, qui ne fut que momentané, il faut faire grande la part du connétable de Luynes ; mais disons tout de suite qu'il s'en exagéra l'importance. Le duc de Montbazon montrait non sans fierté à l'ambassadeur vénitien deux lettres. Tune de la connétable, sa fille, qui avait été à la suite de la reine régnante rejoindre le roi et son mari à Bordeaux ; la jeune femme racontait à son père son voyage, les progrès du roi, [et lui faisait part de l'espérance qu'elle avait de retourner avec toute la cour à Paris « quand on s'y attendrait le moins [quando manco se li peyisera), » L'autre lettre était
I. Amb. flor. Dép. du 23 juin 162 1 *. — Amb. vén. Dép, n" 69, i3 juillet 1621 *.
b2 Le siège de Saint-Jean-d Angély .
écrite par Tabbé Ruccellaï au nom du connétable, et faisait part au duc de Montbazon des derniers événements de la guerre. Enfin le duc de Luynes adressait lui-même à son beau-père cette lettre que nous rendons delà traduction italienne au français, et dont le ton sincère et confiant devient touchant à la veille des malheurs qui sont prochains * :
u Monsieur mon père,
(( Quelle est la chose que Dieu ne peut pas, quand il veut donner son assistance à un grand prince? Vous le voyez par tout ce qui s'est passé. 11 ne nous manque que les jambes pour aller plus vite, car elles ne peuvent point suffire au chemin qu'il nous faut faire. Vous saurez que M. de La Force a été chassé de Bergerac par le moyen de ceux que j'avais gagnés dans la place, et que la ville se rendant à l'obéissance du roi, lui a envoyé les clefs de ses portes sans condition. Il ne reste plus à La Force que Clérac, où il s'est retiré. Je crois que c'est là qu'il voudra capituler et faire son accord. Je ne sais point encore de quelle farine sera le pain. M. de Rohan est à Montauban, lui, bien épouvanté, je crois, et nous bien résolus d'aller bientôt et courageusement lui donner l'assaut. Je crois qu'il ne peut plus y avoir de résistance contre un roi légitime et contre le Dieu plein de bonté qui le tient par la main. Si les choses continuent à aller comme maintenant
I. Amb.vén.Dép. n«72,20 juillet 162 1 *. L'ambassadeur donne dans sa dépêche une traduction en italien de cette lettre; on retrouve facilement a forme française sous les mots italiens.
Le siège de Saint-Jeà7i-d' A'igelj\ 83
nous aurons bien vite expédié le tout, et vous pourrez dire que vous avez un gendre qui n'a pas été sans vous faire honneur, car il a exposé sa vie pour son Dieu, pour son roi, pour le devoir de sa charge, dont il aurait été indigne s'il n'avait point fait ce qu'il a fait pour en remplir les obligations. Sur ce, je suis, plus que personne, votre trèshumble et très-obéissant serviteur et affectionné fils,
« De Luynes. »
[En post-scriptum :) Dieu conserve nos enfants.
De Saint-Emilion, le xo juillet 1621.
Quel que soit le jugement définitif qu^on portera sur le duc de Luynes, quelques réserves qu'on puisse faire sur le fond même de cette lettre, il ne nous a point paru sans intérêt de la restituer à Thistoire avant d'entrer dans le récit des événements funestes au milieu desquels sombrèrent la confiance, la fortune et Texistence du connétable.