LE SIEGE DEMONTAUBAN. OPÉRATIONS MILITAIRES
Le parti catholique pousse à la continuation de la guerre. — L'assemblée dii clergé et les subsides. — Résistance de Clérac. — Luynes garde des sceaux. — Disposition des troupes royales autour de Montauban. — L'armée en proie aux maladies. — Attaques infructueuses. — Fautes des chefs de l'armée royale. — Levée du siège.
L'ambassadeur vénitien caractérise de la façon
suivante les dispositions d'esprit dans lesquelles se trouvait le roi, au moment de poursuivre une campagne, heureuse, pour tenter jusqu'au bout la fortune contre les protestants de Textrême midi. « Le roi, dit-il, continue à jouir d'une excellente santé; il s'est mis, pour ainsi dire, au régime de la guerre, et il éprouve un souverain plaisir à s'exercer au milieu des dangers. Il a des attentions, non-seulement pour les capitaines, mais pour les simples soldats; il paraît souvent tout armé, et l'épéc ne quitte
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point son côté. Quand il n'est point revêtu de ses armes, il s'en va tout privément, en habit de simple soldat. Il est résolu en telle manière de venir à bout de son entreprise, qu'il répond avec une véritable irritation à ceux qui lui parlent en sens contraire. Il dit qu'il se trouve sur le chemin de devenir véritablement roi de France, et que quiconque voudra Ten détourner ne sera jamais son ami. Si ce roi, — ajoute l'ambassadeur, dans un jugement où il se détache pour un instant des vues souvent trop intéressées et trop impatientes de son gouvernement, — arrive seulement à la moitié de ses généreux desseins,il deviendra redoutable à ses ennemis. Car, s'il arrache des mains des huguenots les places qu'ils possèdent, il leur enlèvera par suite cette puissance sans laquelle les mécontents, qui inquiètent si souvent le roi et le royaume, se trouvent dépourvus de tout fondement solide sur lequel ils puissent s'appuyer. Et de cette façon, tenant en bride les forteresses, il régira son domaine sans avoir personne à soupçonner, et il pourra s'occuper avec plus de facilité et d'autorité des affaires étrangères, la sécurité intérieure étant assurée ^ » Voilà une prophétie que devait réaliser le cardinal de Riche-