‹ Le connétable de LuynesChapitre 68 sur 135 · Amb. vén. dép. no i6, 3 janv. 1621 *, vid. sop · texte numérisé non relu

Amb. vén. dép. no i6, 3 janv. 1621 *, vid. sop

2. En 1620, le duc d'Angoulême, assisté de M. de Béthune, avait fait conclure une trêve entre l'empereur et Bethlem Gabor, qui avait pris la couronne de Hongrie. — Cette ambassade détermine ensuite les princes de VUnion évangéliqiie à se désintéresser de la querelle entre l'empereur et le Palatin tant que les états héréditaires de ce dernier seraient épargnés.

172 V affaire de la Valteline.

rétablissement de la paix en Allemagne, l'arrangement des affaires d'Italie, et la restitution de la Valteline. La mission du maréchal de Cadenet eut, on le sait, peu de succès ; le gouvernement français de* vait donc se tourner d'un autre côté.

C'est alors que fut décidé l'envoi du comte de Bassompierre en Espagne. Le maréchal, dans ses Mémoires, raconte assez plaisamment comment il fut pour ainsi dire contraint « de faire l'ambassadeur, » pour ôter au duc de Luynes les motifs de jalousie que le succès de son esprit et de sa bonne humeur, auprès du roi Louis XIII, donnait à l'ombrageux ministre. Bassompierre, qui se sentait si peu de goût pour le métier de favori, a tort de n'en point montrer davantage pour celui d'ambassadeur; car il devait y réussir à merveille. Ace titre, on excusera, comme le fit très-gaiement d'ailleurs le nouvel ambassadeur lui-même, l'accès de jalousie du futur connétable.

Peu fait sans doute pour les fonctions d'ambassadeur ordinaire, qui exigent plus d'observation patiente et demandent moins de saillies dans l'esprit, que n'en comportait [le caractère du brillant colonel général des Suisses, Bassompierre convenait à merveille à cette mission extraordinaire qui exigeait de la promptitude et de la décision, en même

L'ai) aire de la Valteliyie. 173

temps que de ralïabilité et de la grâce dans les manières. C'est bien ainsi qu'un connaisseur en matière diplomatique, Tambassadeur vénitien, dépeint cet Allemand si Français, ce Lorrain :

« Les affaires les plus importantes, il les traite avec prudence et dextérité, et avec tant d'agrément qu'il ravit les esprits de ceux qui l'écoutent et entraîne leur adhésion à tout ce qu'il désire. Il a une prestance pleine d'amabilité ; ce sont là des qualités qui lui seront utiles dans sa mission en Espagne. C'est un soldat de grand cœur, un capitaine de beaucoup d'expérience ; il est brave et généreux, aimé et estimé de tous ; il est si courtois et si libéral que les cinquante mille écus qu'il a à dépenser par an ne lui suffisent point, et il a la renommée d'avoir beaucoup de dettes. Le roi aime et estime au suprême degré la valeur et les grandes qualités de ce sujet, et avec la faveur de Sa Majesté, si elle ne vient point à lui manquer, ne lui manqueront non plus, ni bonne fortune, ni argent, ni aucune des prospérités qu'il pourra désirer *. »

Tel était le personnage qui allait avoir à représenter la France à Madrid, dans un moment ce crise pour toute l'Europe, et au commencement d'une phase importante dans les affaires de la Valteline.

t. Amb. vén. dép. n» 68, ii juillet 1G21 *.

L AMBASSADE DE BASSOiMPIERRE ET LE TRAITE

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