I. 'exécution du traité de Madrid
requise d'eux par le traité de Madrid, et refusèrent même de se rendre à une assemblée générale à Bade, à laquelle ils avaient été convoqués par Messieurs de Zurich.
On ne pouvait s'attendre, devant cette attitude d'une partie des cantons suisses *, à voir le duc de Feria exécuter de bonne grâce la clause de restitution portée par le traité de Madrid. Il est certain cependant que la cour d'Espagne jouait la comédie d'envoyer des ordres réitérés et pressants au gouverneur de Milan pour l'exécution du traité ; l'ambassadeur d'Espagne auprès du pape, le duc d'Al-^ buquerque, donna au Saint-Père des assurances formelles à cet égard 2. Mais le duc de Feria était assez habile homme pour trouver de nouveaux moyens dilatoires : il chercha querelle aux Véni-
1. Voir Relation mss. sur les affaires de la Valtellve. (Bib. nat. Mss. fr.n» 3702.) a Les Suisses alliez de Milan, par la suscitation des ministres d'Espagne, ne voulurent jamais promettre pour lesdits Grisons. » On lit dans la marge du document que nous citons : « Nota : Que les cantons d'Ury, Lucerne, Schvit:(, Undervalle, et les catholiques d'Apent:^el et Fribourg ne voulurent promettre pour les Grisons. — Mais que ceux de Zurich, Berne, Basle, Schaffou^e, Glaris et Solleure, ensemble les protestants d'Apentiel et ceux dupais de Vallais consentirer.t de s'obliger pour les Grisons. — Et que par ce moyen Von prétend que le Roy avoii le plus pour l'exécution du traicté. »
2. Dép. du 16 juillet 1621. Let. attinenti alla querra della Valtklllna, etc. Bib. Min. X. VI, 17.
2IO V exécution du traité de Madrid.
tiens et engagea avec eux l'affaire du passage de Crème.
Voici quel était le point sur lequel différaient les Milanais et les Vénitiens à propos de cette route. (// passo di quella strada del Cremasco per andare a Soncino^.) Le territoire de Grême formait une enclave dépendant de la République de Saint-Marc près de la frontière commune des deux Etats de Milan et de Venise ; et Soncino, dépendance de Milan, se trouvait dans l'intervalle. Le gouverneur prétendait avoir le droit de faire passer par la route de Grême à Soncino des troupes en armes, sans aucune restriction ni réserve de temps, de nombre d'hommes et d'avertissement préalable; ce droit ne se trouvait consigné par écrit dans aucun traité, mais les Milanais fondaient leurs prétentions sur l'usage. Les Vénitiens, niant ce droit, se montraient cependant disposés à accorder momentanément le passage et à l'autoriser dans la suite, après un avertissement préalable. Le gouverneur de Milan réclama l'intervention du Saint-Siège.
L'affaire delaValteline dormait pour le moment, et l'évêque de Gampagna reçut l'ordre de se transporter à Milan pour offrir sa médiation et l'arbitrage