I. Gard. Ludov* à l'év* de Camp
Vexécution du traité de Madrid. 211
du Saint-Siège. Il trouva chez le duc de Feria des dispositions fort peu conciliantes : celui-ci avait voulu faire passer une compagnie en armes sur la route de Crème ; un officier vénitien lui en avait barré le passage et Tavait contrainte à rebrousser chemin. Le duc de Feria, avant toute négociation sur le fond de la question, exigeait une satisfaction pour ce qu^il appelait une injure aux armes et à la bannière du roi d^ Espagne. Le nonce répondit fort justement que, avant d'exiger une satisfaction, il fallait savoir s'il y avait injure et que ce point ne pouvait être décidé que lorsqu'on aurait arbitré sur le bienfondé des prétentions du gouverneur concernant le passage.
Feria resta obstiné dans sa résistance. L'affaire du passage n'était en effet qu'un prétexte à garder la Valteline. « Si le différend du passage avec les Vénitiens ne s'accommode pas, jamais on ne restituera la Valteline, » écrivait le cardinal Ludovisi au nonce à Madrid *.
Le résident de Venise à Milan fut chargé de discuter avec les commissaires du gouverneur
I. Voir, pour toute cette affaire : Dép. du card. Ludovisi au patr. d'Alexandrie, 20 août 1621. Registro délie lettere scritte a mons^^ patriarca d'Alessandria, arcivescovo di Benevento nuntio di N.S'» in Ispagna per VIll^" 5'« card. Ludovisi. (Mss. Barberini LXV. 28.)
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la question du passage. Les Vénitiens offraient de l'accorder, lorsqu'il en serait besoin et sous certaines réserves ; mais le duc de Feria n'admettait aucune limitation de ce qu'il appelait son droit. Des deux parts d'ailleurs on traîna l'affaire en longueur ; révêque de Gampagna fît de grands efforts pour empêcher la construction d'un fort espagnol « alV imboccare di Villa Monica, che e del dominio Veneiiano *, » c'est-à-dire à la sortie même du territoire vénitien; et, voyant que l'on discutait sur des pointillés , prit le parti , après plusieurs semaines passées en négociations infructueuses, de s'en retourner à Lucerne 2. La solution de ce différend se rattachait à celle de questions plus importantes alors pendantes en Europe. L'affaire allait traîner jusqu'au mois de janvier, époque à laquelle les Vénitiens semblèrent ne plus s'en soucier et retirèrent leurs troupes du passage 3.
L'attitude du Saint-Siège vis-à-vis de ces difficultés qui intéressaient à la fois la religion, l'indépendance de l'Italie, et l'équilibre européen, est
1. Zacchia, nonce à Venise, au card. Ludov. Registro délie lettere scritte al S^" card. Ludou., scritte da mons^^ Zacchia, nella nun^iatura di Vene:{ia Vanno 162 1. Dép. du 17 juillet 1 62 1 . Bib. Barb. LXVI, 5. — Dép. du 24 oct. 1 62 1 .