I. Gard. Ludov. au patr. d'Alex. Dcp. du 4 oct
L'exécutioJi dit traité de Madrid. 217
d'Espagne sur la coopération de ses troupes avec celles de Tempereur ; ses représentations avaient trouvé un accueil d'autant moins favorable que le cabinet de Madrid transigeait sur d'autres points ; mais cette démarche prouvait que le gouvernement français ne voyait pas sans de vives inquiétudes les progrès des armées impériales le long de ses frontières. Il est certain, d'autre part, que le gouvernement dirigé par le connétable de Luynes se montra disposé à tenter une intervention en faveur de rélecteur palatin, auquel on aurait restitué ses États patrimoniaux. Les circonstances n'étaient peut-être point défavorables à une pareille solution des affaires d'Allemagne.
D'une part, l'empereur Ferdinand lui-même, tout en poursuivant la victoire du catholicisme, se méfiait de l'ambition croissante du duc de Bavière, son allié ; d'autre part, le roi d'Espagne Philippe IV n'était pas trop éloigné de cette restitution ; son gouvernement ne se souciait pas en effet non plus de voir le duc Maximilien étendre jusqu'aux Pays-Bas les limites de la Bavière, en s'appropriant les dépouilles du Palatin ; enfin, comme le cabinet de Madrid n'avait pas, officiellement au moins, renoncé à ce projet de mariage entre l'infante Marie et le prince de Galles, avec lequel il
2i8 V exécution du traité de Madrid.
amusait les ministres du roi Jacques I, Philippe IV songeait peut-être à offrir au beau-père du prince dépossédé la satisfaction de tenter quelques efforts en faveur du rétablissement de son gendre.
La diplomatie britannique, jouant au plus fin, de son côté, avec les Espagnols, agissait donc auprès du gouvernement de Louis XIII dans le sens de la restitution ; un ambassadeur extraordinaire, milord Hay, vint trouver le roi à cet effet dans le midi, et le supplia d'intervenir auprès de l'empereur, pour que le Palatinat fût laissé à son ancien maître et qu'un accord général mît fin aux hostilités *. Pour mieux disposer le cabinet français en faveur de cette politique, l'envoyé britannique était chargé d'offrir au gouvernement de Louis XIII d'entrer en pourparlers, pour donner comme mari à la sœur du roi Très-Chrétien ce même prince de Galles qui aspirait à la main de l'infante Marie^.
Ce fut la cour de Rome, alors décidément à la tête de la réaction catholique, qui se prononça avec énergie contre le projet de restitution ; elle protesta auprès de Philippe IV par la bouche du patriarche d'Alexandrie ^ ; le nonce Corsini fit entendre au