I. Dép. d'Agucch. 10 août
L'exécution du traité de Madi^id. 221
senta au nonce que la France ne pouvait attaquer Genève pour le présent, car tous les protestants de France se tourneraient contre le roi, en voyant qu'il faisait la guerre, non pas à la rébellion mais à la religion. Il précisait ainsi encore une fois cette politique élevée et véritablement nationale que Richelieu n'aura qu'à reprendre après lui. Le connétable ajouta, en se plaçant à un point de vue plus général, que, sans doute, le pape avait raison de désirer la chute de cette citadelle du protestantisme, mais que la France ne pouvait tenter cette entreprise pour son compte et qu'il lui était également impossible d'y autoriser le duc de Savoie ; il y avait, en effet, quelqu'un qui avait plus de droit que ce prince sur Genève, c'était Tévêque de cette ville* Dans la mauvaise humeur que lui cause le peu de succès de ses démarches, le nonce croit devoir insinuer que l'opposition du connétable aux projets du duc de Savoie * provient de ce qu'il ne l'aime point, parce que ce prince est du patti de la reine mère ^. Mais ramené bientôt à une appréciation plus saine de la sage politique du connétable, le nonce, en informant son gouvernement
i.|Son fils, Victor-Amédée, épousa Christine, deuxième fille de Henri IV et de Marie de Médicis.