I. Cors. Dép. du 12 dcc
IJexécntion du traité de Madrid. 23 1
de Milan, au Tyrol, et aux Etats de la maison
d'Autriche, de manière à fermer aux autres nations la descente en Italie *. »
Ainsi se démasquait enfin la politique espagnole; tel était le résultat auquel aboutissaient les lenteurs apportées à l'exécution du traité de Madrid. La cour de Rome, qui avait à se reprocher d'y avoir contribué pour une bonne part, fit entendre la première un appel aux armes. Le gouverneur de Milan se préparant à la guerre et s'opposant, auprès du gouvernement de Madrid, aux offices tout paternels de conciliation tentés par le Saint-Père, le nonce en France eut Tordre de déclarer que « Sa Sainteté avait de justes raisons pour souhaiter du bonheur aux armes de Sa Majesté, pour qu'elles servissent à maintenir la paix en Italie, et avec la paix, la dignité du nom français ^. ))Le nonce se conforma strictement à l'es-
1. Dép. d'Agucch., 22 nov. 162 1 ! « La lega co Grisoni non si stringera troppo facilemente, peixhe il governatore di Milano tien hora la mira pin alta che dian^^i non faceva. Verrebe pur ritenersi la Valtellîna, e congiungere allô Ducato di Milano col Tirolo et con li stati dicasa d'Austria, chiudendo ad altre nationi il passo da calarvi. »
2. Dép. d'Agucch., 3 déc. 1621. « N. S. ha pero giiista cagionedi desiderare perquesto capo la félicita del l'arme di S. M. accio che servano amantener lapace in Jtalia etconessa la dignita del nomefrancese. »
232 L exécution dti traité de Madrid.
prit de ces instructions en répondant à l'ambassadeur vénitien, qui le sollicitait d'employer son influence à déterminer une démonstration armée de la France suffisante pour faire tomber les artifices de l'Espagne et lui faire tenir ses promesses : « Sa Sainteté n'est pas seulement le chef de la religion et de l'Eglise, mais encore le principal défenseur de la liberté de l'Italie, et elle ne manquera pas de parler avec énergie, comme il appartient à qui a de si grandes obligations ^))
Faut-il accuser d'inertie ou d'aveuglement le gouvernement français et surtout celui qui avait la principale part de responsabilité ? On a pu voir que le duc de Luynes n'avait point manqué de vigilance *, il avait été informé de toutes les phases par lesquelles avait passé l'exécution du traité de Madrid, en temps opportun^ il avait fait ce qu'il avait pu pour prévenir les circonstances fatales qui étaient survenues. A une politique déloyale et intéressée, il avait opposé la franchise et le souci du bien commun de l'Europe \ en fera-ton un reproche au connétable de Luynes? Mais quand il n'y eut plus à hésiter, le connétable prit un parti sage en même temps qu'énergique, celui