Zacchia, nonce à Venise, à Ludov. Dép. du 3o cet
3. « Le pape a toujours, pour des raisons très-sérieuses, refusé le dépôt des forts de la Valteline entre ses mains; il redoute le voisinage et l'hostilité des Grisons. Cependant, il s'y
L'exécution dit traité de Madrid, 229
des doléances et des appréhensions du Saint-Siège désabusé, dans une lettre adressée au cardinal de Retz, chef du conseil du roi : « Sa Majesté, lui ditil, n^ayant pas commandé à ses ambassadeurs aux Grisons de déclarer qu'ils n'avaient à attendre de lui aucune faveur ni secours, s^ils ne consentaient à une exclusion complète du calvinisme de la Valteline, il n^est pas étonnant que de nouvelles complications se soient produites; au moment où les huguenots donnent tant de mal au roi en France, comment pourraient-ils' être un appui pour lui au dehors? » Il ajoute il est vrai cette réflexion qui prouve la clairvoyance un peu tardive de la cour de Rome : « Je sais bien que plusieurs se persuadent que, lorsque la vallée sera catholique, elle appartiendra à r Espagne, et que la religion est un manteau sous lequel les Espagnols couvrent les desseins qu'ils ont contre l'Italie. {So che alcuni vogliono persuadere che qiiando la valle sara cattolica^ sara di Spagna e che la religione e im mantello col quale gli Spagnoli cuoprono i disegni che hanno contro Vltalia.) Dans ce cas le Saint-Père
résignerait au nom de l'intérêt public. » Gard. Ludov. au patr. d'Alex. Dép. du i3 oct. 1621. — « Dans le cas où l'on parlerait du dépôt des forts entre les mains du pape, sauvegarder surtout les intérêts pécuniaires. » Id., 16 oct. 1621.
23o V exécution du traité de Madrid.
n'hésiterait pas à autoriser tous les princes à se liguer contre l'Espagne *. »
Était-il encore temps d'adopter cette politique? Le duc de Feria, abusant de ses avantages, cherchait à contraindre les Grisons, opprimés et affamés, à signer une alliance avec l'Espagne -, c'eût été pour lui la revanche du traité de Bassompierre. De son côté, l'ambassadeur d'Espagne à Rome, Monteleone, s'acquittait à merveille du rôle qui lui était assigné, dans la comédie jouée par la politique espagnole : il prenait, auprès du Saint-Siège, des airs désespérés, et voulait que l'évêque de Gampagna courut à Milan pour empêcher le gouverneur de faire cette ligue, en lui représentant le péril imminent d'une rupture avec la France, appuyée des Vénitiens, du duc de Savoie et d'autres princes mécontents ; mais la curie romaine avait maintenant les yeux ouverts^ et ne se dissimulait plus le but véritable poursuivi par le gouverneur de Milan à travers tous ses artifices : « La ligue avec les Grisons, écrit à Corsini le secrétaire d'Etat du pape, ne se conclura pas si facilement; car le gouverneur de Milan tient aujourd'hui la mire plus haute qu'il ne faisait auparavant ; il voudrait purement et simplement garder la Valteline et la réunir au duché