I. Amb. vén. Dép, n» io5, i8nov. i6-.ii
234 V exécution du traité de Madrid,
Sans doute la volonté de faire cette coalition ne manquait pas au duc de Luynes ; mais comment ne pas épuiser toutes les ressources diplomatiques, lorsqu'on avait à Tintérieur d'aussi grands embarras que ceux qui résultaient de l'échec de Montauban ? Cependant, à la suite des dernières entreprises du duc de Feria et de l'archiduc Léopold, les ministres français parlèrent avec beaucoup de vivacité à l'ambassadeur espagnol et Ton envoya immédiatement un courrier en Espagne pour demander que Ghiavenne fût rendu sans délai et que, quant à la Valteline, la promesse du roi fût regardée comme une garantie suffisante *.
Cet ultimatum est le dernier acte qui engage la responsabilité du connétable de Luynes dans les affaires de la Valteline. Sans doute on est disposé à regretter que cet accent plus énergique de la diplomatie française se soit fait si longtemps attendre ; mais on reconnaîtra que la faute n'en doit pas être attribuée au duc de Luynes quand on saura à quelle influence occulte et puissante il eut affaire et quels obstacles il dut lever pour rendre au roi son maître le droit de parler haut et ferme à l'Espagne.