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qui semblent avoir provoqué des changements moléculaires. En faisant bouillir, par exemple, une dissolution de soude caustique avec un excès de litharge, on obtient, par le refroidissement, des petits cristaux très-lourds dont la couleur est rouge ; si , après avoir chauffé ces cristaux, on les refroidit brusquement, ils deviennent jaunes. 11 faut attribuer à des causes de cette nature les différences de couleur que Ton remarque dans les lilharges du commerce; aussi connaît-on une litharge d'or, une litharge d'argent. On ne veut désigner, par ces dénominations, que des nuances et rien de plus.
On obtient Y oxyde de plomb hydraté lorsque Ton décompose par l'ammoniaque, une dissolution froide d'un sel de plomb. L'oxyde hydraté est sensiblement soluble dans l'eau, et il se dissout facilement dans les alcalis et l'ammoniaque. Il en est de même de l'oxyde anhydre, surtout si l'on fait intervenir la chaleur.
Le protoxyde de plomb fond à la chaleur rouge et absorbe de l'oxygène, qu'il abandonne par le refroidissement (Leblanc). À l'état de fusion, il attaque les creusets de terre avec une telle rapidité qu'il lui suffit souvent de 5 minutes pour les percer. Cela tient à ce que l'oxyde de plomb se combine avec la silice du creuset et forme un silicate.
Le protoxyde de plomb se combine donc à chaud avec les acides les plus faibles, tel que l'acide silicique ; il se combine aussi avec l'acide borique, et forme, dans les deux cas, des verres transparents facilement fusibles , qui tantôt séparés , tantôt réunis , servent de fondant pour l'application des couleurs vitriûables.
La litharge humectée d'acide acétique et exposée à l'air se carbonate assez promptement ; le massicot, au contraire, place dans les mêmes conditions, n'absorbe l'acide carbonique de l'air qu'avec une extrême lenteur. Voilà une anomalie.
Le protoxyde de plomb ne se combine pas seulement avec les alcalis proprement dits, mais encore avec les terres alcalines (chaux, barite) , et il forme alors des composés définis, où il joue le rôle d'acide.
Certaines poudres et certaines liqueurs qui servent à noircir les cheveux doivent leur efficacité à l'oxyde de plomb qu'elles renferment à l'état de combinaison avec un alcali. L'oxyde métallique agit sur le soufre, qui est une des parties constituantes du cheveu, produit un sulfure de plomb et, par conséquent, une teinte noire.
Nous avons dit que la litharge fondue absorbe l'oxygène, qu'elle abandonne en se refroidissant ; mais si l'on 'chauffe dé la litharge en présence de l'air et sans la fondre^ elle absorbe également de
l'oxygène, se combine avec lui et passe à l'état d'acide plombique ; à mesure que cet acide se forme , il se combine avec, du protoxyde non encore altéré, et constitue l'oxyde salin, que l'on appelle minium.
En traitant le minium par l'acide azotique étendu et chaud, le protoxyde de plomb se dissout, et l'acide plombique reste sous la forme d'une poudre couleur puce. Pour avoir l'acide plombique très-pur, il faut renouveler le traitement par Facide azotique jusqu'à ce que son action soit épuisée ; on lave ensuite à l'eau distillée, et on sèche à une température inférieure à + \ 00°. On peut préparer l'acide plombique par beaucoup d'autres procédés et d'une manière directe, en oxydant le protoxyde de plomb au moyen du chlore ou de l'acide hypochloreux, sous l'influence de l'eau. Cependant le procédé le plus commode et le plus suivi est le procédé par le minium.
Bien que l'acide plombique prenne quelquefois la forme cristalline, il a presque toujours l'aspect d'une poudre tres-divisée. On l'appelle communément oxyde puce à cause de sa couleur. Il est composé de deux équivalents d'oxygène, et d'un équivalent de plomb (PbO*). * Par la calcination, il dégage de l'oxygène, et lorsqu'il est mis en contact avec des matières avides de ce gaz, ou susceptibles de se suroxyder, il leur en cède aisément; aussi est-il considéré comme un oxydant des plus commodes pour les recherches de chimie organique.
Pendant longtemps, on a méconnu la véritable nature de ce composé. Aujourd'hui, grâce aux recherches de M. Fremy, on ne peut plus avoir de doutes sur ses propriétés acides : il se combine avec les bases proprement dites , et forme des sels parfaitement caractérisés : il refuse au contraire de se combiner ave les acides, ou du moins, s'il le fait, c'est d'une manière très-éphémère *.
Une des combinaisons les plus importantes de l'acid^ plombique est, sans contredit, celle qu'il forme avec le protoxyde de plomb, et qui porte le nom vulgaire de minium. On fait une grande consommation de cette substance pour la fabrication du cristal, du strass et du flint-glass : elle est employée pour colorer les papiers de teinture et les cires à cacheter : elle entre dans la composition des émaux et de certaines couvertes céramiques : on emploie aussi