AMALGAMES LES PLUS IMPORTANTS
tJ110"" ] pour eiciter les machines électriques,
i Bismuth \ pourétamer les ballons.
4 Mercure )
9 Alliage de D'Arcet | ftlsiWe à + 53
i Mercure )
4 Etain. . . | p étamep les giaCes. 1 Mercure, j
Le dernier de ces amalgames est le plus important. Sa composition n'est pas constante, et il suffît de connaître les circonstances dans lesquelles il se forme pour voir qu'il ne peut pas en être autrement. En effet, pour étamer une glace, on ne lui applique pas l'amalgame tout fait, mais on commence par étendre sur une plaque parfaitement horizontale, une mince feuille d'étain, dont la dimension doit être la même que celle de la glace que l'on veut étamer ; puis on imbibe cette feuille avec du mercure , en promenant une petite quantité de ce métal sur sa surface, à l'aide d'une patte de lièvre. Après cette première imbibition, on y verse encore du mercure , de manière à faire une couche de 4 à 5 millimètres d'épaisseur. Quand ces préparatifs sont terminés, on glisse la glace sur la feuille métallique , de telle sorte qu'elle pousse devant elle l'excès du métal liquide. Lorsque les deux surfaces coïncident parfaitement dans toute leur étendue 4 on les abandonne à elles-
mêmes , sous une certaine pression , pendant 45 à 30 jours. Les métaux adhèrent ainsi à la surface du verre, et rétamage est fait. Il est évident que les deux métaux s'allient entre eux, et que c'est à l'état d'amalgame qu'ils adhèrent à la glace ; mais il est certain que cet amalgame ne peut pas avoir la même composition sur tous ses points : aussi les analyses du tain des glaces ne sont presque jamais concordantes.
Parlons de Yargent .
Jusqu'ici nous avons commencé l'étude de chaque métal par l'étude des moyens à l'aide desquels on se le procure sous sa forme la plus commune. Quoique cette méthode soit blâmable sous certains rapports, elle ne manque pas d'avoir des avantages. Les métaux dont nous nous servons sont un produit de l'art plutôt que de la nature : quand même on en trouverait à l'état natif, il faudrait toujours les soumettre à quelque traitement, pour les amener dans l'état sous lequel ils nous sont utiles. Il m'a semblé qu'il valait donc mieux commencer par apprendre la manière d'être d'un métal dans la nature, avant de le connaître tel que l'art l'avait fait. Cependant c'est la méthode contraire que l'on suit ordinairement : dans les ouvrages surtout, les notions métallurgiques viennent toujours après l'histoire chimique du métal auquel elles se rapportent. Pour justifier cette méthode, on^dit qu'il serait difficile de comprendre les réactions qui se passent dans le traitement des minerais , si l'on ignorait les propriétés chimiques des métaux qu'ils renferment. Ce motif serait très-puissant si , avant de se livrer à l'étude spéciale des métaux, on n'avait aucune notion sur ce genre de corps et sur leurs principaux dérivés. Mais , d'ordinaire , on a déjà des idées générales sur les métaux , les oxydes , les sulfures , les chlorures et les sels. Au surplus, en faisant de la partie métallurgique une espèce d'appendice à l'histoire chimique d'un métal , on habitue l'esprit à regarder ces deux groupes d'idées comme n'étant pas solidaires ; d'autant plus que l'un d'eux se présente par la voie expérimentale, l'autre par la voie descriptive. Ce manque de solidarité entre deux ordres de faits qui se tiennent pourtant d'une manière fort étroite, a souvent pour résultat l'oubli de celui qui a le moins frappé les sens. Bien des fois j'ai entendu des jeunes gens parler très-bien , par exemple , des principales propriétés du zinc , du plomb , du cuivre , décrire exactement les dérivés de ces métaux , raisonner sur leurs transformations et leurs métamorphoses, puis confondre la blende avec la galène, ou celle-ci avec la pyrite, et ignorer les phases principales de leur traitement : en sorte qu'ils savaient cù allait un métal, pour ainsi dire, et non d où il venait. En faisant des notions métallurgiques
une préface à l'étude des métaux , on met , ce me semble , plus d'unité dans cette étude même. Le résultat de cette méthode , c'est que la vue d'un métal réveillera le souvenir de son minerai, car ce dernier a été le point de départ pour arriver au premier.
Je dois toutefois faire une exception en ce qui concerne l'argent, et suivre l'usage général. Dans le traitement des minerais de ce métal , il se passe des réactions si complexes , qu'il serait impossible de les démêler sans une connaissance détaillée des propriétés chimiques de certains composés argentifères. C'est pourquoi je vous entretiendrai tout d'abord de l'argent et de ses principaux dérivés, pour vous faire plus tard mieux comprendre sa métallurgie.
L'argent pur est le plus blanc de tous les métaux , et il ne le cède guère qu'à l'acier, pour l'éclat de son poli. Après l'or, c'est le métal le plus malléable et le plus ductile. Un gramme d'argent peut donner un fil de 2,400 mètres de longueur. Il occupe le 4e rang parmi les métaux tenaces. Sa densité est 4 0,5 ; elle est plus grande pour le métal fondu : en effet, un morceau d'argent surnage dans un bain du même métal. L'argent fond vers + 4 000°, et à une température encore plus élevée, il répand des vapeurs. A l'état de fusion, il jouit de la singulière propriété d'absorber environ 22 fois son volume d'oxygène, qu'il abandonne en se refroidissant. Cette dernière circonstance explique pourquoi l'argent roche; c'est-à-dire pourquoi , au moment où il passe de l'état liquide à l'état solide , il donne souvent lieu à une sorte de projection de métal encore liquide. Ce phénomène tient à l'oxygène qui se dégage des parties centrales et qui déchire la couche corticale déjà solidifiée.
M. H. Rose a observé que le phénomène du rochage a lieu même quand l'argent a été fondu à l'abri de l'air, pourvu qu'il se soit trouvé en présence de matières qui lui aient fourni de l'oxygène V
L'argent est un métal inoxydable dans les circonstances ordinaires ; qualité qui le rend très-utile dans les transactions sociales. Il n'est même pas oxydé sous l'influence des alcalis et de la chaleur ; ce qui explique son emploi sous la forme de creuset.
L'acide azotique est de tous les acides le seul qui , à l'état de
i. On admet que l'argent qni contient de très-petites quantités de métaux étrangers ne possède pas la propriété d'absorber de l'oxygène par la fusion. S'il en était réellement ainsi , l'argent qni ne serait pas chimiquement pur ne devrait pas rocher. fMais pourquoi donc les boutons de retour dans les estais à la coupelle rochent-ilê si souvent? on sait que l'argent qni provient de pareils essais -renferme toujours du plomb. Cependant d'après une observation: de' M. Le vol, il suffit d'ajouter de l'or, en proportion convenable, à l'argent fondu, pour qu'à l'instant même l'oxvgène se dégage si rapidement, qu'il en résulte une effervescence.
686 •CHIMIR ÉLÉMENTAIRE.
dilution , attaque facilement l'argent : l'acide chlorhydrique l'attaque à peine, et l'acide sulfurique n'agit qu'autant qu'il est concentré et bouillant. L'acide hydrosulfurique le noircit instantanément, parce que la surface du métal se recouvre de sulfure d'argent. La teinte noire que prend l'argenterie des ménages , et celle des magasins éclairés au gaz mal purifié , doit être attribuée à cette cause : en effet, dans l'intérieur des maisons , il y a souvent des exhalaisons d'hydrogène sulfuré, et le gaz impur en renferme aussi des traces.
L'argent se ternit lorsqu'on le laisse en contact avec du sel marin, vu qu'il se forme à sa surface une pellicule de chlorure d'argent : ce qui prouve que ce n'est point par luxe, mais pour les conserver, que l'on dore l'intérieur des salières d'argent. Ce métal se ternit aussi lorsqu'on le laisse en contact avec du bichlorure de cuivre. Dans ce cas, la chloruration de l'argent est évidente, puisqu'il y a formation d'oxychlorure de cuivre : la formation de ce dernier corps est un indice, que le bichlorure est réduit à l'état de protochlorure.
L'argent peut donner naissance à 3 oxydes, dont un seul, le protoxyde, arrêtera notre attention. Quant au sous-oxyde (Àg*0) et au bioxyde (Ag 0") , ils n'ont pour nous aucun intérêt.
Lorsqu'on verse un excès de potasse dans une dissolution d'azotate d'argent, il se forme un dépôt brun clair d'oxyde d'argent hydraté, qui prend une couleur olive en se desséchant. Dès qu'il a changé de couleur , il est devenu anhydre ; il est alors composé d'un équivalent de métal , et d'un équivalent d'oxygène (ÀgO). ' Il se décompose par la chaleur, et beaucoup plus lentement par la lumière. Mis en contact pendant quelque temps avec du mercure, il abandonne son oxygène pour former un amalgame*.
L'oxyde d'argent hydraté est soluble dans l'ammoniaque ; aussi ne remarque-t-on aucune décomposition apparente, lorsqu'on verse un excès d'ammoniaque liquide dans une dissolution d'un sel d'argent. Si on fait digérer de l'oxyde d'argent dans de l'ammoniaque très-concentrée , il se forme une poudre noire très-explosive, qui est connue sous le nom d'argent fulminant. Plusieurs chimistes considèrent cette substance comme un amidure.