‹ Le.cons élémentaires de chimie (volume 2)Chapitre 34 sur 131 · A", 3 MO · texte numérisé non relu

A", 3 MO

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En résumé, si l'on considère les acides comme des sels à base d'eau, il n'y a que des sels neutres, car ceux que l'on appelle acides ne sont que des doubles sels appartenant au même genre ou bien des sels polyatomiques renfermant encore de l'eau basique '. Arrivons aux sels basiques ou sous-sels.

Lorsqu'on verse sur la dissolution de certains sels une quantité d'alcali suffisante pour expulser complètement la base, il se forme des sous-sels ou sels basiques que les chimistes dualistes considèrent comme des combinaisons d'un acide avec plusieurs mo-

1. Il faut se rappeler que dans les sels, les acides coustituent le genre, et que les bases constituent l'espèce.

lécules de base. Il est évident que lorsque ces composés sont solubles, ils doivent agir sur les teintures végétales, à la manière des alcalis. Pour nous faire une idée de la constitution probable de ces corps, nous suivrons la même marche que nous avons suivie pour discuter la nature des sels acides.

La plupart des acides normaux (sels à base d'eau) peuvent dans certaines circonstances s* approprier de nouvelles molécules d'eau, et former des combinaisons définies. Ainsi, l'acide sulfurique HO, SO* peut en prendre une (HO, SO* + aq) ; l'acide azotique HO, Az O- trois (HO, Az 0* + 3 aq) ; l'acide acétique HO, C4H505 deux (HO, C4H*0*+2aq). L'eau que les acides prennent en sus de celle qui est nécessaire à leur existence est appelée eau d'hydratation ; elle a pour caractère distinctif de se laisser expulser soit par la chaleur, soit par tout autre moyen , sans compromettre l'individualité de l'acide ; elle diffère en cela de l'eau de constitution que rien ne peut enlever, si ce n'est une base. Le double rôle de l'eau dans les acides est actuellement accepté par tous les chimistes, et ceux qui envisagent les acides comme des sels à base d'eau , ne considèrent pas les sels hydratés comme des sels basiques. Par un exemple j'arriverai plus tôt à mon but. Lorsque j'ajoute deux équivalent s d'eau à un équivalent d'acide acétique, j'obtiens un corps qu'on s'accorde à considérer comme un hydrate. Pour les uns, ce sera de l'acide acétique anhydre, plus trois molécules d'eau ( (HO)5 C4 H*05 ) ; pour les autres ce sera de l'acétate d'oxyde d'hydrogène, plus de l'eau ( HO, G4 H8 0* + 2 aq ). Mais pourquoi considère-t-on comme un sel basique cette substance (sous-acétate de plomb) que l'on obtient en ajoutant directement 2 molécules d'oxyde de plomb à une molécule d'acétate de plomb neutre ( (PbO)\ C4H»05 )? Si l'eau joue le même rôle que les oxydes métalliques, si l'acide acétique normal est un corps comparable à un sel neutre ; de deux choses l'une, ou il faut considérer l'acide acétique hydraté comme de l'acétate basique d'eau (ce que personne ne voudra faire), ou il faut considérer l'acétate tribasique de plomb comme un sel neutre combiné à de l'oxyde de plomb, jouant le même rôle que l'eau d'hydratation dans l'acide acétique. L'exemple que je viens de donner autorise à considérer les sels basiques comme des sels neutres comparables aux sels ordinaires hydratés.

L'on rencontre des cas où les sels basiques peuvent être considérés comme des sels doubles. Cela se présente lorsqu'ils sont hydratés, et qu'on ne peut pas leur enlever l'eau d'hydratation sans les décomposer et sans rendre libres les molécules d'oxyde qui sont en sus de la molécule véritablement basique. Je citerai comme

exemple les sous-sulfates de zinc. 11 y a plusieurs de ces sels qui sont hydratés : dès qu'on les soumet à Faction d'une chaleur modérée, ils se déshydratent, mais en même temps ils se décomposent en sulfate neutre et en oxyde. Gomme l'eau est une substance indifférente qni semble jouer tantôt le rôle de base, tantôt celui d'acide, il est naturel de voir dans les hydrates d'oxydes de véritables combinaisons salines : dès tors les sous-sels hydratés ne seraient plus que des sels doubles. Ainsi, le sulfate bibasique de zinc serait un double sel formé de sulfate et d'hydrate d'oxyde de zinc.

(ZnO^SO'+HoH^ST Le nitrate bibasique de plomb serait également un double sel.

(PbO)%AzO»+HO=|^2;£>°'

Quoi qu'il en soit, peu importe que l'on considère tes sels basiques comme des doubles sels, ou comme des sels analogues aux sels hydratés, toujours est-il qu'il est permis de douter de leur constitution, telle qu'on la concevait autrefois. D'où il résulte que la division des sels en neutres, basiques et acides est toute active et n'a point d'appui sérieux. Il n'existe qu'une seule sorte de sels ; leur composition est soumise à des lois invariables, et les caractères de basicité, acidité et neutralité, n'indiquent chez eux que des états relatifs et éventuels.

Après vous avoir parlé des sels au point de vue dualistique, je crois utile de vous en parler au point de vue unitaire. Je vous ai déjà dit que suivant ce dernier système l'on considérait comme étant un sel, tout composé chimique formé par deux parties, l'une métallique, l'autre non-métallique, pouvant être changées par voie de double décomposition. Or, les oxydes et les acides remplissant ces conditions, ils engendrent des sels non pas par leur réunion, mais parce qu'ils échangent quelques-uns de leurs éléments.

Pour vous rendre plus facile l'intelligence des faits que je vais prendre pour exemple, il faut que je vous expose quelques idées fondamentales de ce système. En partant de ce fait que l'oxygène et l'hydrogène sont les deux éléments dont les activités sont les plus différentes et les plus opposées, et qui se neutralisent presque complètement par leur combinaison, les unitaires ont cru pouvoir diviser les corps indécomposables selon que, par leurs activités, ils ressemblent à l'un ou à l'autre des deux éléments de

l'eau. Ainsi, par leurs fonctions, les métalloïdes ressemblent à l'oxygène et les métaux à l'hydrogène. En considérant ce dernier gaz comme étant doué de nature métallique, on ne veut pas dire qu'il ait des propriétés matérielles comparables à celles des métaux ordinaires, mais on veut dire qu'il fonctionne dans les phénomènes de la chimie, à la façon d'un métal. On conçoit des lors comment un acide ordinaire est un sel ; car il renferme de l'hydrogène, et par conséquent un élément métallique. Ainsi, comparons d'après les deux systèmes les formules de l'acide sulfurique, de l'oxyde de potassium et du sulfate de potasse pour voir comment et pourquoi elles diffèrent.

Dualistique. Unitaire.

Acide sulfurique.... HO, SO3 SO«H(')

Oxyde de potassium. KO 0 K

Sulfate de potasse... KO, SO3 SO* K

D'après le système dualistique, l'acide sulfurique est de l'acide hydraté ou bien un sulfate d'eau ; l'oxyde de potassium est une combinaison d'oxygène et d'un métal, et le sulfate de potasse est une combinaison d'acide sulfurique anhydre avec ce dernier oxyde. Dans la formation du sulfate de potasse, Ton voit qu'un oxyde métallique remplace l'eau.

D'après le système unitaire, l'acide sulfurique est un sel, parce qu'il se compose de deux parties, une à fonction métallique (H), l'autre à fonction non-métallique (SO4 ). L'oxyde de potassium est un sel pour la même raison. De ces deux sels, en permutant leur partie métallique, l'un devient oxyde d'hydrogène, l'autre sulfate de potassium. Voici les deux équations :

Dualistique.

HO, SO3 ) __ f KO, SO3 = sulfate de potasse. KO j (HO

Unitaire.

SO< H ) f SO< K = sulfate de potassium.

30' H)__fSO«K 0 Kj""t 0 H

1. La véritable formule de l'acide s'ilfurique est ( d'après les unitaires) SO* H2. Si dans celle que je donne comme exemple, l'hydrogène n'est pas noté de la même manière, c'est que j'ai cru rendre, dans le cas actuel , mieux saisissantes les transformations qu'elle représente. Four des raisons qni sont très-développées, soit dans le Précis de Chimie organique de M. Gerhardt, soit dans V Introduction de l'élude de la Chimie, par le même auteur, les unitaires dédoublent la plus grande partie des équivalents ; si bien qu'à l'exception des corps emphygènes, du carbone, de l'or et du bismuth , tons les autres ont les équivalents moitié moindres. En formulant l'eau par OH2, et H2 représentant, d'après ce système, deux atomes, deux équivalents ou deux molécules, on conçoit que tous les corps susceptibles de remplacer l'hydrogène aient des éqnivalents comparables à celui de ce dernier corps. Ainsi, l'oxyde de potassium sera OK3, etc., etc.

L'une exprime que l'eau de l'acide est expulsée par la potasse, l'autre que l'hydrogène de l'acide est remplacé par du potassium. D'après le système unitaire, c'est donc par un double échange qu il se forme un sel neutre. Voyons de quelle manière on explique, toujours d'après le même système, la formation des sels acides. Supposez que sur une molécule de sulfate d'hydrogène (acide sulfurique normal), on en fasse agir une demie d'oxyde de potassium; une permutatiou aura lieu entre cette dernière et une quantité équivalente d'hydrogène. Voyez les deux équations qui représentent comparativement la formation du sulfate acide :

Dualistiquft.

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