‹ Le.cons élémentaires de chimie (volume 2)Chapitre 35 sur 131 · SO< H \ / - H · texte numérisé non relu

SO< H \ / - H

= r01' Kl =

Sulfate de potassium et d'hydrogène, on sulfate acide de potassium.

0» Ha

L'une représente une combinaison de sulfate de potasse et de sulfate d'eau, ou bien une combinaison de potasse avec deux molécules d'acide sulfurique dont une hydratée : l'équation unitaire représente un échange partie! de l'hydrogène de l'acide contre une quantité équivalente de potassium.

C'est encore parla notion d'échange que les unitaires expliquent la formation des sels basiques, mais l'échange au lieu de se passer entre les parties métalliques des sels, se passe entre les parties non-métalliques. Voici un exemple emprunté à l'azotate basique de plomb :

Dualistique.

2PbO, AïO* ) (PbO)2, AzO* = Azotate bibasiqtie de plomb. Na O ) NaO, Ai 0* = Azotate de sonde.

Unitaire.

Noi.Az0«Pbj (k±&\~ a' 4A, . , \ = I Atï qL j Pb = Sous-azotate de plomb.

0* Na» J Azâ O3 Naâ = Azotate de sodium.

No SL Ç Az 0e Pb i Az0« Pb ) __ ««-.«*«»0 a» «i«mh

[ Az 0« Pb = 0 Pb ] = Sow^oi&ie de plomb.

0 Na ) AzO6 Na = Azotate de sodium

Suivant les dualistes un sous-sel est une combinaison d'une molécule d'acide avec plusieurs molécules de base ; ou bien il ré-

336 CHIMIB ÉLÉMENTAIRE.

suite de la réunion d'un sel neutre avec une ou plusieurs molécules d'un oxyde ; ou bien encore lorsque t'oxyde en sus est hydraté, l'on considère un sous-sel comme un sel double. Les unitaires ne voient dans les sous-sels que le résultat d'un échange partiel entre les parties non-métalliques de deux sels : d'après eux, un sous-sel peut aussi être comparé à un double sel. Il faut en convenir , au point de vue de la théorie, l'on ne peut pas mieux rapprocher et résumer en une seule expression les trois manières d'être des sels ordinaires. Au reste, les deux théories s'accordent parfaitement sur ce point : que les sels se forment d'après une toi constante , et que leur alcalinité et leur basicité ne sont que des propriétés relatives.

Gomme je pense que vos idées sur la nature des combinaisons salines doivent être fixées, je consacrerai la prochaine séance à l'étude générale des propriétés chimiques de ces combinaisons.

Sommaub. — Action de l'électricité et de la chaleur sur les sels. — Sels hydratés et sels efflorescents — Eau d'hydratation et eau de composition. — Fusion ignée, fusion aqueuse. — Action de l'eau sur les sels. — Mélanges réfrigérants. — Solubilité des sels dans l'ean. — Action des métaux , des bases solnbles et insolubles, des oxacides et des hydracîdes sur les sels. — Action mutuelle des sels. — Réactions qui serrent à révéler la nature de l'acide d'un sel dissous.

Messieurs,

Nous avons vu qu'une dissolution saline traversée par un courant électrique se décompose de telle sorte que l'oxyde va au pôle négatif, et l'acide au pôle positif : mais ce résultat si net, dont le sulfate de soude nous a donné un exemple, peut être singulièrement modifié, soit par l'intensité du courant, soit par la nature même du sel : ainsi les sels dont les métaux décomposent facilement l'eau, ne se comporteront pas comme ceux dont les métaux, ne décomposent l'eau qu'à une température très-élevée. Ces derniers sels au lieu de se dédoubler en oxyde et en acide, se dédoubleront en acide et en métal : l'acide lui-même pourra se décomposer à son tour.

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L'action de l'électricité sur les sels a été l'objet de travaux remarquables dont il me serait impossible de vous faire une analyse : je me bornerai à vous dire qu'il en est sorti non-seulement des conséquences scientifiques du plus haut intérêt , mais encore des applications importantes, dont les plus considérables sont la dorure galvanique, et la galvanoplastie. Ces deux arts qui ont pris un si grand essor, reposent sur un même principe : la décomposition des sels métalliques ; elles ont un même but : l'application des métaux sur les métaux. Elles diffèrent cependant en ce que l'une applique les métaux en couches continues et adhérentes, l'autre en couches continues et non adhérentes Nous entrerons dans quelques détails à ce sujet, en parlant de l'or.

Lorsqu'on évapore une dissolution saline, on obtient le sel sous une forme régulière : s'il est combiné avec de l'eau, il. sera un sel hydraté; dans le cas contraire, il sera un sel anhydre. L'hydratation , pour un même sel, peut varier selon les circonstances. Ainsi le sulfate de fer, qui cristallise à la température ordinaire, dans une dissolution neutre, contient 7 molécules d'eau : il n'en contient que 3 «'il cristallise à + 80° dans une dissolution acide.

Les sels anhydres exposés à l'air ne subissent aucune altération, si tant est qu'il n'exerce sur eux aucune action chimique. Les sels hydratés, au contraire, subissent des modifications dignes d'attention. Vous voyez ces beaux cristaux transparents de sulfate de soude; vous en voyez d'autres à côté qui ne sont pas transparents, dont les arêtes sont arrondies, les angles émoussés et la surface recouverte d'une poussière blanche : cependant ceux-ci sont encore des cristaux de sulfate de soude; mais ils ont abandonné à l'air un portion de leur eau, et sont passés à l'état que l'on appelle (Xcfjlorescence. Tout sel hydraté qui perd sa transparence à l'air et se désagrège, est appelé sel efflorescent.

On trouve des sels qui, tout en étant hydratés, absorbent au contraire l'humidité de l'air et deviennent liquides : ils sont appelés sels déliquescents. Tel est le carbonate de potasse

(KO,CO» + 2aq).

Ces deux propriétés opposées ne sont pas absolues. Le sulfate de soude va nous en donner un exemple. Exposé à l'air, le plus souvent ce sel s'effleurit, mais quelquefois il s'humecte; il s'effleurit lorsque l'air, n'étant pas saturé d'humidité, lui enlève de l'eau : il s'humecte lorsque l'air, étant saturé d'humidité, en laisse déposer sur les corps au moindre baissement de tempéra-

ture. L'efflorescence d'un sel est donc liée avec l'état hygrométrique de l'air. Cela explique pourquoi le sel de cuisine, tantôt est sec et facilement pulvérisable , tantôt humide au point de devenir liquide. Il est inutile de vous faire remarquer que tout cela n'est applicable qu'aux sels solubles. L'efQorescence ne rend jamais un sel anhydre : pour l'amener à cet état, il faut faire intervenir une température élevée. On a observé que l'eau qui est combinée avec un sel ne se laisse pas expulser entièrement au même degré de chaleur : le sulfate de fer cristallisé (FeO, SO* + 7 aq) abandonne les six septièmes de son eau, lorsqu'il est exposé à la température de l'eau bouillante, tandis qu'il exige une chaleur beaucoup plus forte pour perdre le dernier septième et devenir anhydre. Comme dans plusieurs cas, on a remarqué que les dernières portions d'eau, qui ne cèdent qu'à une température élevée, se laissent remplacer très-aisément par une quantité équivalente d'un sel, on s'est figuré que, dans les sels hydratés, l'eau pouvait y être retenue par des forces différentes : aussi a-t-on fait des distinctions entre l'eau de cristallisation , l'eau à* hydratât ion et l'eau saline. Mais tous ces différents noms compliquent ce qui est simple par soi-même ; car, tout en admettant que de nombreuses molécules d'eau ne soient pas retenues dans une combinaison par une force égale, les mots, eau d'hydratation suffisent pour désigner l'eau qui peut être séparée d'une combinaison saline, sans que celle-ci soit décomposée-.

Quelquefois cependant l'eau affecte, dans les sels, deux manières d'être : sous une d'elles , l'eau se laisse expulser par la chaleur sans que le sel s'altère ; sous l'autre, l'eau ne peut s'en aller sans que le sel même se décompose ou se modifie. L'on appelle eau de constitution celle qui se trouve dans ce dernier cas* Le phosphate de soude ordinaire nous offre l'exemple d'un sel qui renferme de l'eau à deux états différents : sa formule le dit assez.

(NaO)aHO,PhO»+24aq.

Si par la pensée vous y. retranchez 24 molécules d'eau, vous le rendez anhydre, mais vous n'en altérez pas la constitution chimique : retranchez-y la 25e, vous aurez alors le pyrophosphate de soude, -qui est une substance tout à fait différente du sel primitif. Lorsqu'on expose à une chaleur suffisante les sels qui sont trèahydratés, ils abandonnent si facilement leur eau qu'ils s'y dissolvent : ce phénomène est connu sous le nom de /««on aqueuse. Le carbonate de soude ordinaire subit cette sorte de fusion à + 34°. Certains sels, bien qu'anhydres, présentent, quand on les

chauffe, un autre phénomène connu sous le nom de décrépitation. Le sel de cuisine, que nous considérerons dans ce moment comme un véritable sel, est dans ce cas. Qui de vous n'a pas remarqué le bruit qu'il produit lorsqu'il tombe dans le feu. Ce bruit, que Ton appelle décrépitation, est dû à une faible portion d'eau mère interposée entre les lames cristallines : en vertu de la température élevée, elle tend à se transformer en vapeur, brise et projette dans l'air les parties salines qui s'opposent à son expansion.

Presque tous les sels anhydres deviennent liquides sous l'influence d'une forte chaleur, si toutefois ils n'en sont pas décomposés. La fusion, dans ce cas, porte le nom de fusion ignée. Il est difficile de poser des généralités relativement aux modifications que les sels anhydres éprouvent de la part de la chaleur, car elles varient suivant le degré de fixité de l'acide, son énergie chimique, le degré d'affinité qui lie l'acide à la base, et même suivant ta stabilité de la base elle même. L'on peut cependant admettre comme lait général, que tous les sels dont les acides ou sont décomposables par la chaleur ou facilement volatiles, se décomposent lorsqu'ils sont exposés à une haute température. Ainsi les azotates, azotites, chlorates, perchlorates, sont décomposâmes par la chaleur : tous les carbonates , les alcalins exceptés , sont dans le même cas. Les sels à acide fixe sont au contraire très-stables : ainsi les phosphates, arséniates, borates, silicates, bravent de hautes températures : les sulfates dont l'acide, sans être fixe, ne se volatilise qu'à + 325°, sont d'une stabilité remarquable lorsque leurs bases sont puissantes; aussi tous les sulfates de la première section ne s'altèrentrils pas sensiblement , même à des températures très-élevées : tous les autres, moins ceux à base de plomb et à base de magnésie, se décomposent avec plus ou moins de facilité.

Arrivons à l'action de l'eau.

Au moment où les sels se dissolvent dans l'eau, tantôt il y a un abaissement de température, tantôt il n'y a point de changement sensible ; enfin on observe quelquefois un dégagement de chaleur. L'abaissement de température est un fait qui doit nous paraître nécessaire, lorsque nous nous souvenons que tout corps, qui de l'état solide passe à l'état liquide, absorbe de la chaleur ■ ;

1 . D'après les expériences de M. Person , le froid produit par les sels qui se dissolvent dans l'eau n'est pas dû exclusivement à leur changement d'état ; la dilution parait aussi prendre part an phénomène. Un exemple emprunté anx travaux de M. Person lni-mème va éclaircir cette nouvelle notion : pour fondre I gramme d'asotate de potasse, il faut dépenser 49 calories (unités de chaleur) ; * 69 pour le

* On entend par eaforf* la quantité de chaleur nécessaire pour élever d'un degré centigrade la température d'un kilogramme d'eau.

340 CHIMIE BLBMBNTAIRE.

c'est même sur cette propriété qu'est fondée la préparation des mélanges réfrigérants ; ils sont presque tous formés par des sels ou des chlorures dissous dans l'eau ou dans les acides étendus. Voici les plus ordinaires :

Proportions des mélanges. Abaissement de température.

i. Neige 1 , n ,

i. Sel marin} de0oà-47o

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