d'équivalent de carbonate de barite
f — chromate de barite.
, j- — chromate de soude.
f — carbonate de sonde.
Enfin, si au lieu de faire agir le carbonate de soude sur le sulfate de barite, dans la proportion d'un équivalent de chaque, je fais agir 5 équivalents du premier sur \ du second , j'obtiendrai une décomposition presque complète : ainsi
. . , A . . 1 éqniv. de sulfate de soude.
è i 5 équivalents de carbonate de sbude. 1 = { carbonate de barite. •(t - sulfate de barite. / 4 carbonate de soude.
En comparant les résultats des expériences n°* 4 et 2, on voit quB les coefficients ne se complètent pas. On peut donc admettre que l'insolubilité joue un rôle dans la mesure des échanges. Par la comparaison des résultats représentés par les n°8 \ et 3, on voit que le coefficient de décomposition (?) du dernier est plus éle\é que celui du premier (7), et comme l'acide chromique est
chimiquement plus faible que l'acide sulfurique, on peut conclure que l'affinité qui lie les principes constituants des sels en présence, contribue à augmenter ou à ralentir la décomposition ; finalement, les résultats de l'expérience n° 4 semblent prouver que les masses concourent à tracer les limites que les doubles décompositions ne peuvent pas franchir, car avec 5 parties de carbonate de soude, on a obtenu un résultat 5 fois plus fort qu'avec une seule partie.
Il parait donc que la décomposition des sels insolubles par les sels solubles a lieu sous la triple influence des affinités, des masses et de la cohésion.
Arrivons à l'action mutuelle des sels solubles. Il est inutile de dire que deux sels solubles se décomposeront toujours lorsque, par la réunion d'une partie de leurs éléments, il pourra se former un sel plus volatil ou moins soluble que chacun des deux sels mis en présence. Je n'insiste pas là-dessus. Ce qui doit arrêter notre attention, c'est le cas où deux sels dissous étant mêlés, rien d'apparent n'indique qu'ils se décomposent. Si , par les faits connus, on peut préjuger les inconnus, il sera permis de croire que, lors du mélange de deux sels ne renfermant aucun principe commun, un double échange a lieu : en effet , une dissolution de sulfate de cuivre qui est bleue, devient verte si on la mêle avec une dissolution d'un chlorure alcalin ; or, le chlorure de cuivre étant vert, l'on peut supposer qu'il s'en forme dans cette conjoncture, et que par conséquent il y a échange entre les deux sels. Si l'on fait une expérience semblable avec un acétate alcalin et du sulfate de fer dont la dissolution est légèrement verdàtre, on verra le mélange liquide devenir brun et prendre ainsi la couleur de l'acétate de protoxyde de fer. D'après ces faits, on pourra supposer que, quand même on ne remarque aucun changement , il n'y a pas moins un échange entre les deux sels ; mais dans quelle mesure et d'après quelles lois? Ce que nous venons dé voir relativement à l'action des acides et des bases sur les sels, et à l'action mutuelle de ces derniers, laisse présumer que les lois sont probablement les mêmes, et que l'affinité y joue un grand rôle ; cependant , à défaut d'expériences, on ne peut rien affirmer, d'autant plus que cette manière de voir aurait contre elle une autorité imposante. Gay-Lussac a pensé que, lorsque rien ne se sépare d'un mélange de deux sels, il y a un véritable pêle-mêle entre les acides et les bases, c'est-à-dire que les acides se partagent indifféremment les bases. Répétons-le donc encore : l'expérience seule peut décider. Malheureusement les faits ne peuvent être nombreux ; de plus, pour être valables il faut que l'on soit sûr qu'aucune illusion n'en a faussé l'interprétation. Pour moi, je vous dirai les conséquences que
j'ai cru pouvoir tirer de quelques observations qui me sont propres, tout en déclarant que je n'ai pas la prétention de résoudre le
problème.
Je dissous, dans la moindre quantité d'eau possible, un équivalent d'acétate de strontiane et un équivalent d'azotate de potasse, je laisse reposer le mélange pendant plusieurs heures, puis je le verse dans un grand excès d'alcool éthéré, et j'obtiens un dépôt formé par les azotates des deux bases, tandis que* dans le liquide je trouve les acétates. L'analyse de ces différents produits me démontre que le partage a été inégal. En effet :
\ £ équi. acétate de potasse
1 Équi. d'acétate de strontiane / f équi. azotate de potasse
I Équi. d'azotate de potasse.. ( «j équi. azotate de strontiane
/ - équi. acétate de strontiane.
Les proportions indiquées par l'analyse seraient-elles fortuites? ne proviendraient-elles pas de l'action que l'alcool éthéré aurait exercée sur le mélange? Cependant, si je répète l'expérience en augmentant la masse de l'alcool , je ne trouve pas de différence très-sensible dans les résultats. L'influence de l'alcool est donc peu notable, car les effets devraient varier en raison de la masse de l'agent. Il est vrai qu'en répétant l'expérience inverse avec de l'azotate de strontiane et de l'acétate de potasse, j'obtiens les mêmes sels et dans les mêmes rapports. Ce fait, général pour les cas où tout autorise à croire que les doubles décompositions sont nettes, appuierait l'existence du pêle-mêle préalable supposé par Gay-Lussac, et ferait croire à l'influence prépondérante de l'alcool. Mais, s'il en était ainsi , pourquoi cette différence de rapports entre des sels presque également insolubles dans le milieu actuel ? Les lois mêmes de Berthollet veulent que plusieurs sels dissous dans le même liquide se déposent suivant l'ordre de leurs solubilités respectives : le moins soluble se déposera en* plus grande quantité que le plus soluble ; et si les solubilités sont les mêmes, les proportions des deux sels déposés seront les mêmes. Or, je ne puis admettre que la différence d'insolubilité des deux azotates ( potasse et strontiane ) coïncide avec les rapports constatés par l'expérience. Cette considération me fait croire que les sels insolubles séparés par l'alcool préexistent dans la dissolution aqueuse , et que leurs rapports de quantité ne peuvent être que légèrement altérés par l'action particulière de l'alcool.
La méthode d'expérimentation me paraissant donc admissible,
je vais vous faire connaître d'autres résultats, que, pour abréger, je réunis dans le tableau suivant avec les coefficients de leurs décompositions • :
Coefficients
Coefficients
Sels en action.
de
Sels en action.
de
décomposition.
décomposition.
Chlorure de potassium
+ — Sulfate de zinc
Chlorure de zinc + + Sulfate de potasse
— + Chlorure de sodium
+ — Sulfate de zinc
Chlorure de zinc