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KO, SO» + HS = KS + HO, SO

Sulfate de po- Acide Sulfure Acide ctilfut&sse. gulfhy- de po- rique.

drique. tassium.

Mais si l'acide sulfurique, même étendu, décompose le sulfure de potassium, comment voulez-vous que ces deux composés coexistent?

Les sulfures des métaux qui appartiennent à la troisième section ne sont pas décomposés par les acides faibles, tels que l'acide acétique, mais ils le sont en général par les acides forts, suffisamment concentrés. Gela explique pourquoi le sulfate de fer résiste à l'hydrogène sulfuré et l'acétate point; cela dit aussi pourquoi le sulfate de zinc ne se décompose qu'autant que la liqueur n'est pas franchement acide. C'est encore pour la même raison que les sels des métaux appartenant aux trois dernières sections (ceux de tantale et de titane exceptés ) se laissent décomposer entièrement par l'acide hydrosulfurique, quand même leurs acides seraient très-puissants : c'est que les acides de cette nature, si toute- • fois ils ne sont pas très-concentrés, ne décomposent pas les sul-

fures de ces métaux. Ainsi , je verse de l'acide acétique sur du sulfure de potassium, qui nous représente les deux premières sections : if y a un copieux dégagement d'hydrogène sulfuré ; je verser du même acide sur du sulfure de fer, qui nous représente la troisième section : il n'y aura aucun phénomène ; mais si , à la place d'acide acétique, je verse de l'acide sulfarique, même étendu, la décomposition aura lieu Enfin, ce même acide sulfuriqoe, qui a si bien décomposé le sulfure de fer, n'exercera aucune action sur te sulfure de cuivre, qui représentera pour nous les trois dernières sections. En résumé :

t° L'acide sulfhydrique (hydrogène sulfuré) ne décompose pas les sels dont les métaux ont une grande affinité pour l'oxygène et dont les sulfures sont détruits par tous les acides ( 11* et 2" sections) ;

2° Il décompose les sels à acide» faibles, si leurs métaux n'ont qu'une affinité moyenne pour l'oxygène et si leurs sulfures ne sont attaqués que par les acides forts ; il ne décompose ces mêmes sels que peu ou point , si leurs acides sont énergiques ( 3e section ) ;

3° Il décompose les sels dont les métaux n'ont qu'une faible affinité pour l'oxygène et dont les sulfures résistent aux acides (4e, 5e et 6e sections).

L'hydrogène sulfuré est d'un emploi fréquent dans les laboratoires : premièrement, parce qu'il sert à distinguer les métaux dont il décompose les sels, des métaux dont les sels résistent à son action ; secondement , parce que les précipités auxquels il donne lieu par son action décomposante sur les sels, sont souvent caractéristiques. C'est pourquoi j'ai fait inscrire au tableau suivant les différentes espèces de sels décomposables par l'hydrogène sulfuré et la couleur de leurs précipités.

Principales espèces des

sels décomposés par Couleur du précipité ,

1* hydrogène sulfuré.

Sels de plomb

— bismuth

— argent

— cuivre

— mercwe > no,n

— or

— platine

— fer (1)

— cadmium jaunevif."

— étain (protoxyde) , brrm chocolat'

— — (bioxyde) jaune pâle.

— antimoine % orangé.

— manganèse (1) # rouge.

1. Ces deux espèces de sels ne sont décomposés par l'hydrogène sulfuré que lors-

360 CHIMIE ÉLÉHBNTAIAE.

. Il ne nous reste plus qu'à étudier l'action mutuelle des sels. Nous trouverons encore les mêmes lois et les mêmes principes que nous avons trouvés pour l'action réciproque des sels et des bases, des sels et des acides»

Commençons par examiner l'action que les sels exercent entre eux par la voie sèche. S'ils ont un principe immédiat commun, soit l'acide, soit la base, ils ne se décomposeront pas, mais dans quelques cas ils pourront se combiner et former des sels doubles : c'est par ce procédé que l'on se procure des silicates doubles, des borosilicates, etc., etc. Lorsque l'acide et la base des deux sels sont différents, on peut admettre qu'en général il y aura échange tantôt complet, tantôt partiel, suivant l'énergie relative des acides et des bases et suivant leurs masses. Cherchons un exemple, et pour fixer nos idées , en même temps pour plus de simplicité, nous supposerons toujours que l'action se passe entre un nombre égal d'équivalents. Si l'on chauffe dans un creuset en platine à une chaleur rouge clair un mélange intime d'un équivalent de carbonate de soude et d'un équivalent de sulfate de baryte, il n'y aura qu'un |»eu plus d'un tiers du mélange qui se décomposera ; de sorte qu'en reprenant la masse par l'eau, on aura 4 sels dans les proportions suivantes *.

| sulfate de baryte ! ^ ingolubles. •j carbonate de baryte ) .

ic«bou«tede««id. {sebsoh|bles 1 sulfate de soude )

Si l'on faisait la même expérience avec 3 équivalents de carbonate de soude et 4 équivalent de sulfate de baryte, la décomposition serait à peu près complète ; l'on aurait alors :

1 carbonate de baryte. ) Deux nouveaux sels provenant

1 sulfate de soude. ) de la décomposition complète

2 carbonate de soude. du sulfate dé baryte.

En répétant ces deux expériences avec du chroma te de baryte à la place de sulfate, tous les rapports seraient changés et la décomposition serait beaucoup plus avancée, d'où il faut conclure que la décomposition est limitée par l'énergie chimique des corps en présence, et se trouve en rapport des masses agissantes. L'acide chromique est incontestablement plus faible que l'acide sulfurique : dès lors le chromate de baryte se laisse décomposer mieux que le

qu'ils sont à l'état d'acétate. Celui de manganèse est ronge-clair lorsqu'il est précipité par un sulfure alcalin.

sulfate. Si, parmi les nouveaux sels, il y en avait un de volatil, alors les conditions de l'équilibre n'existant plus, la décomposition serait complète.

Pour se rendre compte de l'action réciproque des sels par voie ignée, il faut prendre en considération leur fusibilité, car nous verrons plus tard que lorsque l'on connaît le coefficient de décomposition de deux selS solubles dans l'eau, on connaît celui des deux mêmes sels dont on aurait interverti les acides ; exemple : si l'azotate de potasse et l'acétate de strontiaue présentent un coefficient de décomposition = 33, celui de l'acétate de potasse et de l'azotate de strontiane sera approximativement = 67.

Les choses ne se passent pas de la même manière par la voie ignée; dans le cas du sulfate de bar i le et du carbonate de soude, nous avons vu que la décomposition n'est qu'un peu plus d'un tiers ; mais l'expérience m'a démontré qu'il n'en est pas autrement si Ton opère avec du sulfate de soude et du carbonate de barite. Or, lorsque nous avons chauffé au rouge clair un mélange de carbonate de soude et de sulfate de barite, nous avons fondu le premier de ces deux sels et point l'autre ; parmi les produits de leur décomposition, un seul , le sulfate de soude, a pu fondre à son tour, de sorte que, pendant toute l'expérience, nous avons eu un sel fondu et par conséquent liquide, qui a agi sur un sel non liquide : si l'on faisait cette expérience à un feu de forge, les résultats changeraient , puisqu'à cette température, le sulfate de barite étant fusible lui-même, l'influence de l 'infusibilité d'un des deux sels serait écartée ; en opérant au rouge sombre, comme à cette température aucun des deux sels n'aurait fondu, il n'y aurait pas eu de décomposition ; dans ce cas, la cohésion aurait été un obstacle à l'exercice des affinités.

En définitif, l'action des sels par voie ignée se rapproche, ainsi que nous allons le voir, de l'action d'un sel soluble sur un sel in soluble.

Il est rare que lorsque l'on fait bouillir, pendant quelque temps, une dissolution d'un sel avec un autre sel qui soit insoluble, il est rare, dis-je, qu'il n'y ait point, dans une certaine mesure du moins, un échange entre les bases et les acides : c'est ce que prouvent les anciennes expériences de Dulong '. La cause qui fixe cette mesure est complexe : elle est la résultante des influences simultanées, des affinités propres aux principes immédiats constituant les deux sels, de l'insolubilité du sel qui doit se décomposer et des proportions des matières agissantes. Pour ne pas trop fatiguer votre at-

1 . Recherchée sur la décomposition mutuelle des sels insolubles et des sels solubles. Annales de Chimie , t. 82, p. 273.

36i CHIMIE ELEMENTAIRE.

tention, je prendrai pour exemple les sels que je viens de vous nommer : si je fais bouillir, pendant quatre heures, un mélange formé d'un équivalent de sulfate de barite et d'un équivalent de carbonate de soude, je n'en décomposerai qu'un peu moins d'un cinquième. Après l'expérience, j'aurai par conséquent :

( j d'équivalent de carbonate de barite. J Mb ^^ N# . !•} — de sulfate de barite. j

M "" ?eSDlÎ!lte*eTde^ Isebaolnbles. V-j — de carbonate de sonde. J

Quelle que soit la durée de l'ébullition, l'on ne dépassera pas cetle limite. Si je fais l'expérience inverse en me servant de sulfate de soude et de carbonate de barite, la décomposition atteint les | : de sorte que j'aurais un mélange formé d'après les proportions suivantes :

!j d'équivalent de sulfate de barite.

j- — carbonate de barite.

i carbonate de sonde.

j — de sulfate de soude.

En répétant l'expérience n» 4 et en se servant de chromate de baryte au lieu de sulfate, on décomposera à peu près le quart du mélange ; l'on aura alors :

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