‹ Le.cons élémentaires de chimie (volume 2)Chapitre 46 sur 131 · Az · texte numérisé non relu

Az

H3 = 37,5= A%\n) Ammoniaque = 49,99

S == 200 s 4707iAcide hydroSDlft,ri<ïne = *°>01

redissolvent , par suite d'une longue digestion, dans un excès de réactif précipitant. Vous comprenez donc, Messieurs, combien l'hydrosulfate d'ammoniaque peut être utile dans les analyses, soit pour reconnaître certains sulfures, soit pour en séparer d'autres qui seraient engagés dans des mélanges. Les sulfures métalliques qui ont la propriété de se redissoudre sont ceux de vanadium, d'étain, d'antimoine, de tungstène, de molybdène, d'or et de platine. Les oxydes de tous ces métaux jouant en général le rôle d'acide, leurs sulfures doivent être des sulfacides : leurs dissolutions dans le sulfhydrate d'ammoniaque ne sont donc que des dissolutions de sulfoâels, dont la base est le sulfhydrate d'ammoniaque même.

On ne peut pas conserver longtemps les sulfhydrates ammoniacaux dans des flacons que l'on ouvre souvent. D'abord incolores, ils deviennent jaunes à mesure qu'ils vieillissent. Cela tient à ce qu'ils se décomposent sous l'influence de l'air; une portion de l'ammoniaque se dégage, l'hydrogène sulfuré met en liberté du soufre qui se dissout dans la portion de sulfhydrate non décomposée et la jaunit. On a observé que ces réactifs, enrichis de soufre, dissolvent mieux les sulfures métalliques, que lorsqu'ils sont à leur état normal. Toujours fétides, ils le deviennent davantage en vieillissant : c'est à leur présence qu'est due en partie l'odeur désagréable des vidanges. Ils sont vénéneux.

Des volumes égaux de gaz chlorhydrique et de gaz ammoniac donnent naissance, en se combinant, au chlorhydrate d'ammoniaque connu ordinairement sous le nom de sel ammoniac Vous voyez ces deux éprouvettes : une d'elles contient du gaz chlorhydrique, l'autre un égal volume de gaz ammoniac ; j'introduis le contenu de l'une dans l'autre; les deux gaz disparaissent, le mercure monte pour prendre leur place dans l'éprouvette, dont les parois intérieures se sont recouvertes d'une espèce de givre qui n'est que du chlorhydrate cT ammoniaque. Comme l'équivalent de chacun de ces deux gaz est représenté par le même nombre de volumes (=4), on peut dire que le chlorhydrate d'ammoniaque est formé d'un équivalent de gaz ammoniac et d'un équivalent de gaz chlorhydrique. La formule de ce composé sera donc Âz H*, HC1. ' On le trouve dans le commerce sous forme de

Az = 175,0 = 26,19) .

3H = 37,5= 5,61 j Ammoniaque = 31,80

Cl s 443*2 = 66*33 I ^cicle chlorhydrique.. = 68,20

masses blanches translucides, à cassure fibreuse, douées d'une certaine flexibilité et difficiles à réduire en poudre. Cet aspect et cette flexibilité tiennent à ce que les cristaux élémentaires du sel ammoniac s'accollent les uns aux autres par leurs angles, et produisent la forme d'une aiguille. Beaucoup de ces aiguilles réunies constituent un tout quelque peu flexible, qui paraît formé par des prismes très-déliés ; cependant la forme des cristaux élémentaires est celle d'un octaèdre régulier.

Le sel ammoniac se volatilise lorsqu'il est chauffé jusqu'au rouge ; il ne se liquéfie que sous une pression plus grande que celle de l'atmosphère. Il est soluble, dans l'alcool, environ dans son poids d'eau bouillante, et dans 2, 7 parties d'eau froide. Quand il fond dans l'eau, il produit beaucoup de froid, ce qui fait croire qu'il se dissout sans se combiner avec le dissolvant.

Chauffé avec quelques métaux de la 3e section, comme le zinc et le fer, il se décompose ; d'une part, il donne naissance à un chlorure métallique, d'autre part à de l'hydrogène et à de l'azote, dont les volumes sont dans le rapport de 4 à 4 . Sous l'influence de la chaleur, presque tous les oxydes décomposent de la même manière le chlorhydrate d'ammoniaque, à cela près cependant qu'il se dégage de l'eau au lieu d'hydrogène. L'alumine, la glucine, les oxydes de fer, de manganèse, de zinc, de plomb,' se volatilisent à l'état de chlorures ; ceux de nickel, de cobalt et de bismuth sont réduits à l'état de métal. Beaucoup de sels qui ne sont pas décomposables par la chaleur, le deviennent en présence du sel ammoniac. Cette propriété mérite une attention particulière, Messieurs, car dans les analyses elle peut être une source de mécomptes. D'après M. H. Rose, les sulfates alcalins et les sulfates terreux se décomposent en partie ou en totalité selon les circonstances, et se transforment en chlorures ; les arséniates et les phosphates alcalins donnent naissance à des chlorures de phosphore ou d'arsenic. En un mot, l'action du sel ammoniac sur les oxydes et les sels mérite une attention toute spéciale de la part des analystes.

Le chlorhydrate d'ammoniaque a une grande tendance à se combiner avec d'autres chlorures pour former des chlorosels où il joue le rôle de base. Il est très-employé dans les laboratoires, et surtout à la fabrication de l'ammoniaque et du sesquicarbonate ammoniacal : on en fait quelques applications dans la teinture : il sert spécialement au décapage des métaux, et en particulier du cuivre. La présence du chlorhydrate d'ammoniaque est indispensable, surtout dans rétamage, pour faire disparaître les oxydes qui peuvent se former pendant l'opération : les oxydes, à mesure

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qu'ils prennent naissance, sont transformés en chlorures et par conséquent volatilisés.

Autrefois, tout le sel ammoniac que l'on consommait en Europe provenait de l'Egypte, où on le tirait de la suie produite par la combustion de la fiente des chameaux. Aujourd'hui on est affranchi de ce tribut, et la France paie six à sept fois moins cher un sel qu'elle prépare par voie directe, en faisant agir l'acide chlorhydrique sur le carbonate d'ammoniaque. Il existe trois sources principales qui fournissent cette dernière substance :

\ re La distillation des matières animales ;

2e Les urines provenant des vidanges ;

3e Les eaux de condensation des usines à gaz.

Toute matière animale distillée envase clos, donne des produits empyreumatiques et du carbonate d'ammoniaque.

C'est encore ce même sel que l'urine contient, lorsque son urée a subi une transformation particulière, dont je vous parlerai en son Heu.

La houille dégage aussi, quand on la distille, du carbonate, et de plus de V hydrosulfate d'ammoniaque. Comme ces deux sels sont volatils et solubles, on peut les séparer des autres produits de la distillation, en les faisant arriver dans l'eau qui les condense et les arrête. Ces différentes dissolutions ( l'urine peut être considérée comme telle) traitées directement par l'acide chlorhydrique, fourniront du chlorhydrate d'ammoniaque. On n'aura plus qu'à évaporer les masses liquides pour avoir le sel cristallisé. On se sert de ce procédé dans les localités où le prix de l'acide chlorhydrique est très-peu élevé : lorsqu'il en est autrement, on suit une marche très-compliquée, mais très-ingénieuse.

On commence par mettre la dissolution de carbonate ammoniacal en contact avec du sulfate de chaux ( plâtre ) : une double décomposition a lieu ; il se forme du carbonate de chaux (craie) qui se précipite, et du sulfate d'ammoniaque qui reste dans la liqueur. La dissolution de ce nouveau sel ammoniacal est concentrée par évaporation ; lorsqu'elle marque 4 9 à 20 degrés de l'aréomètre de Baume, on la mêle avec une quantité équivalente de chlorure de sodium ( sel marin). Par une évaporation rapide à la température de l'ébullition, il se dépose beaucoup de sulfate de soude : plus il se forme de ce sel , plus la liqueur s'enrichit de chlorhydrate d'ammoniaque, et comme la solubilité de ce dernier sel décroît à mesure que la température baisse, tandis que celle de l'autre augmente depuis + 400° jusqu'à + 33°, on conçoit que,

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par le refroidissement du liquide suffisamment concentré, le sel ammoniac se sépare et cristallise, lorsque le peu de sulfate de soude qui reste se maintient en dissolution.

Quel que soit le procédé auquel on donne la préférence, jamais le sel ammoniac obtenu en grand par voie humide n'est pur ; il ne le devient qu'après avoir été soumis à la sublimation : à cet effet , on l'introduit dans des bouteilles en grès que Ton chauffe graduellement et avec précaution : le sel ammoniac se sublime et va se condenser dans la partie supérieure et moins chaude du vase.

La préparation de l'hydrochlorate d'ammoniaque implique souvent celle du sulfate, car, ainsi que Je vous l'ai dit, lorsque l'acide chlorhydrique revient à trop cher, il faut passer par ce dernier sel pour arriver au premier. Il est donc tout naturel que dans les mêmes ateliers on fabrique l'un et l'autre.

Le sulfate d'ammoniaque AzH*,HO,SO* ■ est un sel anhydre en cristaux incolores, isomorphes avec le sulfate de potasse : il se dissout dans deux parties d'eau froide et dans une partie seulement d'eau bouillante ; il est insoluble dans l'alcool ; il fond à + 440°, et résiste à toute décomposition jusqu'à + 180* ; au delà de cette température, il devient d'abord bi -sulfate, et plus tard bisulfite, en perdant de l'eau et de l'azote. Pour purifier ce sel, on profite de sa propriété de résister à une chaleur assez élevée. Tel qu'on le prépare directement dans les fabriques, il doit contenir des matières animales. On s'en débarrasse par un léger grillage qui décompose ou volatilise tout ce qui est de nature organique, tandis qu'il épure le sel ammoniacal : celui-ci repris par l'eau et soumis à une ou plusieurs cristallisations, sera tout à fait pur.

Le sulfate d'ammoniaque a une grande tendance à se combiner avec d'autres sulfates et notamment avec ceux de fer, de manganèse, de zinc, de nickel, et de cuivre.

Le sel dont je viens de vous parler n'est pas très-employé dans les laboratoires, mais en revanche il semble appelé à jouer un grand rôle dans l'agriculture comme source d'azote. Les essais que l'on a faits jusqu'à présent font augurer favorablement de l'application des sels ammoniacaux à la fertilisation des terres : le sulfate qui coûte moins cher que tous les autres sels deviendra

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