ANALYSE DE L*EAU DE MER
Océan. Méditerranée.
Chlorure de sodium 25,10 27,22
— de potassium 0,50 0,70
— de magnésium 3,50 6,14
Sulfate de magnésie 5,78 7,02
— de chaux 0,15....... 0,15
Carbonate de magnésie 0,18 0,19
— de chaux 0,02 0,01
— dépotasse 0,23 0,21
lodnres , bromures et matières organiques . ? ?
Eau et perte 964,54 958,36
On appelle marais salants les emplacements destinés à Ï'évaporation de l'eau de la mer, pour en tirer les sels qu'elle tient en dissolution. La France en a sur les côtes de l'Océan et sur celles de le Méditerranée, c'est-à-dire à l'ouest et au midi. Les procédés que Ton pratique dans ces deux contrées, quoique semblables dans le fond et reposant sur les mêmes principes, ne diffèrent pas moins par quelques détails qui se rattachent à la différence des climats.
Je commencerai par vous parler d'un marais, salant de l'ouest. Dans celui que je vais vous décrire, l'eau est introduite pendant que la mer est haute, dans un premier réservoir dont la profondeur varie de 0m 60 à 2m, et la surface de 800 à h ,000 mètres carrés. Elle y dépose les matières qu'elle tient en suspension en même temps que sa température s'élève. De ce réservoir que l'on pourrait appeler l'épura teur, l'eau est conduite par un canal souterrain dans un premier système de bassins de 0m 25 à 0m 45 de profondeur, dont la surface totale est environ de 400 mètres carrés. Comme tous ces bassins au nombre de dix sont séparés par des cloisons, et ne communiquent entre eux que par des ouvertures étroites et alternes ; et comme la pente y est extrêmement douce, il en résulte que l'eau les parcourt avec lenteur et en décrivant des zigzags. Toutes ces circonstances contribuent déjà à augmenter son évaporation. Au surplus elle quitte ce premier système de bassins, et passe dans un second en parcourant une rigole longue de 160m. Ce second système est disposé comme le premier, si ce
n'est qu'au lieu de dix compartiments ou dix bassins, il en a seulement huit ; leur surface totale est un peu moins étendue : l'eau le parcourt toujours avec lenteur et en faisant une course tortueuse ; enfin elle passe dans un troisième système semblablement disposé, mais qui ne se compose que de quatre bassins dont la surface totale est la même que celle du système précédent. Ici, l'eau est déjà à son maximum de concentration. En effet, elle se déverse à droite et à gauche par des petites rigoles dans une série d'aires où le sel se dépose.
Le sel marin ainsi préparé n'est pas pur ; il renferme beaucoup de substances déliquescentes dont on le débarrasse en grande partie par un procédé aussi simple qu'ingénieux : on commence par mettre le sel impur en grandes masses auxquelles on donne la forme d'un tronc de cône surmonté d'une calotte sphérique, qu'on recouvre d'une couche de terre glaise soigneusement damée : celle-ci, tout en mettant le sel à l'abri de l'eau pluviale, l'entretient dans un état constant d'humidité j circonstance qui permet aux sels déliquescents de se liquéfier et de s'écouler par des petits canaux ménagés à la base des masses coniques. C'est un véritable terrage, analogue à celui que l'on pratique dans les raffineries pour blanchir le sucre en pains.
Le chlorure de sodium obtenu de cette manière est en petits cristaux toujours souillés de terre qui leur donne un aspect grisâtre; d'ailleurs, il renferme encore quelques impuretés, ainsi qu'on le voit par l'analyse suivante.