Sn
hydraté qui deviendra anhydre et noir, par suite d'une courte ébullition1.
2° En chauffant à + 250° l'oxyde noir, il augmente de volume, décrépite et devient olivâtre ;
3° Quand on évapore une faible partie de sel ammoniac, tenant en suspension du protoxyde hydraté , on voit celui-ci prendre une belle couleur rouge-vermillon. C'est encore du protoxyde anhydre.
Tous ces faits , dont nous devons en grande partie la connaissance à M. Fremy, sont un exemple remarquable d'isomérie. Ces trois variétés d'un môme oxyde n'ont pas, à coup sûr, la même constitution moléculaire. La variété olivâtre semble être la plus stable, car c'est dans celle-ci que tendent toujours à se transformer les deux autres : la variété noire, par une température élevée; la variété rouge, par le simple frottement.
Le protoxyde hydraté n'est point stable ; il se suroxyde en absorbant l'oxygène de l'air.
Les potiers préparent leur bioxyde d'étain (potée d'étain) en calcinant le métal à l'air libre. Pour activer l'oxydation, ils y ajoutent souvent une certaine quantité de plomb. Ce métal s'oxyde à son tour, cède son oxygène aux portions d'étain qui, enveloppées dans la masse, échapperaient à l'action oxydante de l'air. On conçoit un pareil résultat, quand on pense que le plomb appartient à la cinquième section, tandis que l'étain appartient à la quatrième (voir 9e leçon). Ce dernier métal étant le plus oxydable, doit enlever à l'autre son oxygène à mesure qu'il s'oxyde.
La masse grisâtre préparée de cette manière , est broyée et lavée : le peroxyde, moins pesant que les deux métaux avec lesquels il se trouve mêlé, s'en sépare par décantation.
Le peroxyde ou bioxyde d'étain , préparé par calcination , est excellent pour certains usages techniques , tels que la confection des émaux et celle de quelques couleurs, mais il serait insuffisant pour les usages des laboratoires.
La matière pulvérulente blanche , dans laquelle se convertit l'étain lorsqu'on le traite par l'acide azotique, porte le nom <X acide métastannique. Le dépôt blanc gélatineux qui se forme dans le bichlorure d'étain lorsqu'on l'étend d'eau , ou bien quand on verse un acide sur un stannate alcalin , porte le nom à' acide stannique.
Ces deux substances peuvent être considérées comme du per-
1. On peut obtenir cet oxyde noir en petits cristaux brillants, si Ton évapore dan* le vide une dissolution alcaline de protoxyde d'étain hydraté.
oxyde d'étain hydraté : cependant, ils diffèrent entre eux par l'ensemble de leurs propriétés.
V acide métastannique renferme dix équivalents d'eau (Sn" 0'° + 10 aq) dont il perd la moitié lorsqu'il reste exposé pendant quelque temps à une température de + 4 00°. Il est inattaquable par les acides sulfurique et azotique étendus, et par l'acide chlorhydrique. L'acide sulfurique concentré le dissout en assez grande proportion, pour l'abandonner dès qu'il est soumis à l'ébullition. Son équivalent est quatre fois plus fort que celui de l'acide stannique : les sels auxquels il donne naissance, renferment une certaine quantité d'eau , qu'ils ne peuvent abandonner sans se décomposer ; de sorte que la formule générale des métastannates est MO, Sn" 0" + 4 aq.
L'acide stannique desséché dans le vide renferme un équivalent d'eau (Sn 0* + aq). Il se dissout dans l'acide chlorhydrique, et dans les acides sulfuriques et azotiques étendus. Il sature quatre fois plus de base que l'acide métastannique : aussi les stannates ont-ils pour formule générale MOSnO*. Une faible chaleur le transforme en acide métastannique, de même que ce dernier se convertit en acide stannique , lorsqu'on le calcine avec de la potasse.
Le plus employé de ces deux acides, est l'acide métastannique, parce qu'il est le plus stable. On le prépare, en lavant, et en calcinant le produit de l'action de l'acide azotique sur l'étain. Je vous ai déjà dit qu'il est la base des émaux ; j'ajoute que c'est à sa présence qu'est due l'opalescence de certains verres. Il sert aussi à la préparation d'une couleur céramique , connue sous le nom de Pink-Colour, à cause de la teinte rouge-sang qu'elle communique à la faïence " .
En résumé : l'étain au premier degré d'oxydation , peut être tantôt hydraté, tantôt anhydre. Hydraté , il se combine aisément avec les alcalis, et joue à leur égard le rôle d'un acide. Anhydre, il affecte trois états isomériques différents ; le noir, le vert , le rouge. Au second degré d'oxydation, l'étain peut aussi bien être anhydre qu'hydraté. Dans ce dernier état , il présente deux variétés bien distinctes : l'acide métastannique et l'acide stannique. Le premier diffère du second , par son insolubilité dans les acides étendus , et par sa faible capacité de saturation.
1 . On prépare le pink-colour en calcinant an ronge un mélange de 100 parties d'acide métastannique, 34 parties de eraie et 1 à I ~ d'oxyde de chrome. On lave la masse avec de l'eau aiguisée d'acide chlorhydrique. Si l'on supprimait la craie , et si l'on calcinait à la température d'un four à porcelaine, on aurait une masse violette ( laque minérale ) , qui non-seulement pourrait être appliquée sur )a poterie , mais qui pourrait servir pour la peinture à l'huile.
Le soufre se combine avec l'étain dans les mêmes proportions que l'oxygène. On connaît donc un protosulfure d'étain (Sn S), ' et un bUusfure (SnS*). * L'analogie entre la composition des oxydes de l'étain et celle des sulfures , nous laisse deviner le procédé de préparation de ces derniers. Faisons arriver un courant d'hydrogène sulfuré, dans deux dissolutions, Tune de protochlorure, l'autre de bichlorure d'étain, nous aurons, dans un cas, un précipité noir de protosulfure, dans l'autre, un précipité jaune de bisulfure.
Ces deux substances peuvent également être préparées par voie sèche. Quand on chauffe au rouge, dans un creuset de terre, un mélange d'étain en limaille et de soufre, et qu'après avoir pulvérisé le résidu , on y ajoute une nouvelle portion de soufre et qu'on le chauffe encore, on obtient le protosulfure sous forme d'un culot gris-foncé à texture lamelleuse. Ce produit est employé en médecine, dans les maladies appelées vulgairement vermineuses.
Voici comment on prépare le bisulfure : on mêle ensemble 7 parties de fleurs de soufre , 6 parties de sel ammoniac , et une amalgame formée de 4 2 parties d'étain et 6 parties de mercure. On chauffe graduellement ce mélange dans un matras à long col , placé dans un bain de sable. Plusieurs matières ( sel ammoniac , soufre , protochlorure d'étain , sulfure de mercure ) vont se condenser dans le col du matras , tandis que le bisulfure d'étain reste dans le fond. Il a l'aspect d'une masse écailleuse à lames micacées grasses au toucher , d'une couleur jaune-laiton tirant sur le bronze. Le bisulfure d'étain préparé de cette manière, porte le nom d'Or mussif, d'Or de Jvdée , d'Or mozalque. Il est employé dans les arts, pour bronzer les objets en plâtre, et pour dorer sur bois : on s'en sert également pour frotter les coussins des machines électriques.
L'étain peut donner naissance à autant de chlorures que d'oxydes et de sulfures. Le sel d'étain des teinturiers est un protochlorure hydraté. On peut le préparer de deux manières : 1° en attaquant l'étain par de l'acide chlorhydrique bouillant ; 2° en exposant à l'air de la grenaille d'étain humectée d'acide chlorhydrique , et en enlevant de temps en temps, au moyen d'un peu
Sn = 735 ss 78,6i S = 200 = 21,39
Sn = 735 = 64,76 2 S = 400 = 35,24
d'eau, le chlorure qui se forme. Dans les deux cas, les liqueurs sont soumises à l'évaporation pour qu'elles donnent des cristaux de protochorure hydraté. La composition de cette substance est représentée par la formule Sn Cl + 2 aq. '
Le sel d'étain du commerce a l'aspect d'une masse cristalline composée de petites aiguilles, ayant [une odeur désagréable et une saveur styptique. Il peut se dissoudre dans une petite quantité d'eau sans se décomposer : si l'eau est en grand excès , il se décompose en oxychlorure insoluble ( Sn Cl, SnO), et en hydrochlorate de chlorure soluble. H va sans dire que les éléments de l'eau prennent part à cette décomposition.
Le protochlorure d'étain est transformé rapidement, par l'oxygène de l'air, en bichlorure et en acide stannique : aussi est-il considéré comme un corps réducteur par excellence. En effet, tous les sels métalliques au maximum, sont réduits par lui au minimum.
Le sel d'étain est un des principaux mordants employés en teinture : il sert principalement pour les couleurs violacées , dont il rehausse l'éclat : il sert aussi comme rongeur, en ramenant au premier degré d'oxydation les peroxydes de fer et de manganèse fixés sur les étoffes. On s'en sert beaucoup dans les ateliers de teinture, où il est quelquefois la cause d'empoisonnements. Dans ce cas, le lait est le meilleur remède auquel on puisse avoir recours.
Je ne vous dirai rien du protochlorure détain anhydre, corps sans aucun intérêt.
Les eaux mères qui ne donnent plus de cristaux de protochlorure hydraté servent pour préparer le bichlorure. Dans ce but, on les fait traverser par un courant de chlore. On peut même , pour les besoins de l'industrie, obtenir du bichlorure d'étain, en traitant le métal par de l'eau régale. Le liquide donne en se concentrant, des cristaux hydratés de bichlorure. Pour avoir cette substance à l'état anhydre, il faut faire agir à chaud le chlore sur 1'étain ; ou bien , il faut distiller un mélange d'une partie d'étain en limaille , et de 5 p. de bichlorure de mercure.
Le bichlorure d'étain anhydre est un liquide incolore , transparent , dont l'odeur est insupportable. Sa composition est Sn Cl*. * Sa densité est 2,28 ; celle de sa vapeur est 9,2 : il bout à + 420° :
*" S? = lîo = îî'ïî ! Protochlonue anhydre d'étain. = 83,05
iil s= 443 = 31y57 | 2Eau = 225= 16,05.. Eau = 16,05