COMPOSITION
Déttigaatlon des combustibles Oxygène,
minéraux. Carboue. Hydrogène, et asoie. Cendres.
Anthracite 92,56 3,33 2,53 i,58
Houille grasse et dure 89,27 4,85 4,47 1,41
Uuuille grasse maréchale 87,45 5,14 5,63 1,78
Hooille grasse à longue flamme..... 83,75 5,66 8,04 2,55
Houille maigre à longae flamme 76,48 5,23 16,01 2,28
lignite 70,49 5,59 18,93 4,99
Malgré les caractères qui séparent ces différentes espèces de combustibles, il semble cependant qu'il existe entre eux une sorte de filiation. En effet , dans les tignites, dont la formation se rapproche le plus de l'époque actuelle, on trouve encore des parties qui présentent des traces d'organisation végétale et qui lient ces combustibles aux bois fossiles et aux tourbes^ tandis que d'autres lignites ont une grande analogie, par leur aspect , avec les houilles proprement dites. Par la seule inspection, on peut constater dans les combustibles fossiles un passage graduel des substances ligneuses aux anthracites, qui sont formées presque exclusivement de carbone.
On trouve encore, dans les terrains tertiaires, des combustibles minéraux très-fusibles dont le gisement est analogue à celui des lignites : on les désigne sous le nom de bitumes. Quelquefois ils imprègnent des couches de schiste ou de grès appartenant aux divers étages géologiques. On pense qu'ils proviennent de la décomposition que la chaleur a fait éprouver à d'autres combustibles
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contenus dans le sein de la terre *. Sôus le rapport de leur composition, ils se distinguent des autres combustibles minéraux par leur richesse en hydrogène.
De tous ces combustibles, la houille est le plus employé. En effet , les lignites, dont la température de combustion est peu élevée, ne servent guère qu'aux évaporations, au chauffage des chaudières, à la cuisson de la chaux et des briques, et au chauffage domestique. Il en est de même des anthracites; toutefois, comme elles développent une chaleur énorme quand leur combustion s'opère dans des circonstances convenables, elles peuvent être encore employées avec avantage pour fondre les minerais de fer dans les hauts-fourneaux.
Mais les houilles, par suite de leur variété et de la propriété qu'ont plusieurs d'entre elles de brûler avec flamme, sont trèspropres aux opérations métallurgiques et servent également à la préparation du coke et à celle du gaz d'éclairage, de sorte que leur consommation est infiniment supérieure à celle des anthracites et des lignites réunies *.
Nous dirons donc quelques mots sur les propriétés techniques particulières aux différentes houilles, sur la carbonisation de ces dernières et sur leur emploi pour la fabrication du gaz d'éclairage.
Les houilles, d'après leurs appUcations, peuvent être divisées en quatre groupes :
4° Les houilles grades dures.
^o x^g houilles grasses maréchales.
^^ \je!&\io\À\\eAgrasses à longue flamme,
4<> Les houilles maigres à longue flamme.
Les houilles grasses et dures sont surtout employées pour la fabrication du coke , qui , étant peu boursouflé, dense et doué d'une forte cohésion, est fort recherché pour les hauts-fourneaux. Ces houilles sont les plus estimées pour les opérations métallurgiques qui demandent un feu vif et soutenu.
Les houilles maréchales sont d'un beau noir, présentent un éclat gras caractéristique et sont ordinairement fragiles. Elles
1. Qnelqnes bitumes renferment heancoup d^azote, sont très-fétides, et donnent^ par la distillation, des quantités considérables de carbonate d'ammoniaque. On snp~ pose qu'ils proviennent de la putréfaction des substances animales, principalement des poissons.
2. M. le général Morin en comparant les prix des différents bois de chauffage, les a tronyés équivalents en ce sens quMls sont en raison du pouvoir calorifique de chaque espèce de combustible. La houille seule fait exception à cette règle, et jouit à cet égard d'un avantage considérable sur tous les bois de chauffage.
21^ CHIMIE ÉLÉHB>ïTAinB.
conviennent surtout pour la forge et pour le chauffage des fours à réverbère à haute température. Leur coke est très-boursouflé et a un aspect métalloïde.
Les houilles grasses à longue flamme conviennent parfaitement pour la fabrication du gaz d'éclairage, parce qu'elles fournissent beaucoup de produits gazeux charge de carbure d'hydrogène en quantité suffisante pour assurer leur pouvoir éclairant. Elles sont aussi très-recherchées pour les fourneaux à réverbère, quand il faut donner un coup de feu très-vif. On les préfère aussi pour le chauffage domestique. Leur coke est très-boursouflé et convient moins pour les applications métallurgiques que le coke compacte et dur.
Les houilles maigres à longue flamme ont une température de combustion bien inférieure à celle des groupes précédents. Elles conviennent peu aux opérations métallurgiques, mais elles suffisent pour le chauffage des chaudières à vapeur et pour tous les usages qui n'exigent pas une température très-élevée. Leur coke est à peine fritte et n'a point de consistance.
Presque toutes les houilles sont associées à de la pyrite de fer, matière qui nuit beaucoup à leur qualité. La pyrite se trouve disséminée en petits cristaux entre les feuillets du combustible. Par le contact de l'air humide, elle se change en sulfate, augmente de volume et fait tomber la houille en poussière. Quand ce phénomène a lieu dans l'intérieur des mines, le dégagement de chaleur provenant de l'oxydation peut être tel que la houille prenne feu. Les houilles très-pyriteuses ne peuvent servir qu'à un petit nombre d'usages, parce que le soufre qu'elles renferment corrode les métaux avec lesquels le combustible est en contact , ou en altère les qualités.
La carbonisation de la houille exige beaucoup moins de soins que celle du bois, parce que le coke brûle moins facilement que le charbon ordinaire.
Les procédés employés varient suivant la nature de la houille, et s'exécutent soit en plein air, soit dans les fours.
La carbonisation en plein air rappelle jusqu'à un certain point le procédé des forêts, et on la pratique spécialement dans le voisinage des mines. Dans le Staffordshire, par exemple, on érige avec des briques une cheminée ayant une grande quantité de jours et autour de laquelle on entasse de la houille ; on a soin de mettre les plus gros morceaux autour de la cheminée même où l'on commence le feu tout d'abord , et pour que la combustion ne soit pas trop rapide, on recouvre le tas avec du poussier de houille ou de coke ; toutefois on ménage des ouvertures qu'on
ViNGT-SfiPTIÈHB LEÇON. 243
ferme ou qu'on ouvre à volonté, de manière à ralentir ou à accélérer l'opération. Lorsque la carbonisation, est achevée, on éteint le coke avec de Teau qu'on verse par les trous pratiqués dans la partie supérieure des meules.
Dans le sud du pays de Galles, on construit avec la houille un tas rectangulaire d'une grande long^ieur, au milieu duquel se trouvent les plus gros morceaux. Le feu est allumé quelquefois à une des extrémités, et souvent dans plusieurs points à la fois. Le tas est recouvert de menue houille, et lorsqu'il est prêt à être complètement embrasé, on achève de le couvrir avec du poussier et des cendres provenant des opérations précédentes, afin que le coke ne continue pas à brûler par le contact de l'air ; enfin, on l'éteint tout à fait avec de l'eau.
Dans le bassin de la Loire, on donne ordinairement aux tas la forme prismatique, à peu près comme des piles à boulets, si ce n'est qu'ils sont tronqués au sommet. Dans l'intérieur et dans tous les sens, on y ménage des canaux et des cheminées verticales qui servent à la circulation de l'air. Les plus gros morceaux de houille sont placés à l'intérieur,^ les menus à l'extérieur, le poussier forme la couverte.
Le coke préparé dans le bassin de la Loire est en très-gros morceaux en forme de choufleurs, d'un gris d'acier métallique et de très-bonne qualité. On évalue à 170000 quintaux métriques la quantité de coke fabriquée annuellement par cette méthode dans le seul arrondissement de Saint-Ëtienne.
On fabrique aussi du coke en soumettant la houille à une combustion incomplète dans des fours, où l'on règle l'arrivée de l'air de façon à diminuer la perte du combustible que l'on cherche. C'est ordinairement de la houille menue que l'on carbonise dans des fours qui rappellent ceux des boulangers, à cela près qu'ils ont une cheminée dans l'intérieur.
Dans quelques localités de l'Allemagne, on carbonise la houille dans des fours qui peuvent être comparés à une grande cornue tubulée, dont le ventre, à fond plat, est percé d'ouvreaux, plus d'une porte pour introduire la houille. La tubulure est une courte cheminée que l'on ferme au besoin avec une plaque métallique ; le col est un tuyau en fonte qui conduit les produits de la distillation à un condensateur en bois ou en maçonnerie. On a soin de mettre au commencement de chaque charge un lit de meiiu bois dans le fond du fourneau, afin de pouvoir déterminer facilement l'inflammation de la houille.
Enfin, on se procure du coke en chauffant la houille dan» des cylindres. Le produit principal que l'on obtient par ce procédé
2U CHime élémentaibb.
est le gaz d'éclairage ; le coke n*est qu'un produit accessoire : i( est léger et ne convient que pour le chauffage domestique.
Arrivons à une des plus belles applications de la houille : la fabrication du gaz d'' éclairage.
Lebon, ingénieur français, eut en 4799 Tidée de faire servir à réclairage les fluides élastiques inflammables qui se dégagent, pendant la distillation sèche du bois, de la houille et de plusieurs matières grasses. Cette découverte, n'ayant pas été appréciée en France, tomba dans Toubli ; mais les Anglais s'en emparèrent , et, en 4812, une grande partie de Londres était déjà éclairée par ce moyen. Ce n'est qu'en 4820 que Paris a éclairé un de ses quartiers (celui du Luxembourg) par le gaz extrait de la houille. A partir de cette époque, ce moyen d'éclairage a été adopté successivement par presque toutes les villes.
La houille est , de toutes les matières, celle qui s'emploie le plus avantageusement pour cette fabrication ; son prix est modéré ; le coke, qu'elle laisse comme résidu, a presque autant de valeur que la houille elle-même, et les produits ammoniacaux des eaux de condensation paient les frais de l'épuration du gaz.
Les houilles qui conviennent le mieux pour la fabrication du gaz sont les houilles grasses à longue flamme. Celles de Mons ou de Commentry, qu'on emploie généralement à Paris, donnent en moyenne 23 mètres cubes de gaz pour 400 kilogrammes. On en obtient un plus grand volume en faisant usage de la houille de Saint-Étienne, mais le gaz est plus sulfuré.
La distillation de la houille s'opère dans des cornues de fonte ou d'argile, placées en nombre de deux, de trois ou de cinq audessus d'un seul foyer. Chaque cornue est surmontée par un tube qui sert au dégagement du gaz ; l'orifice par lequel on charge la houille se ferme à l'aide d'un obturateur en îonte.
Pour obtenir le maximum du gaz le plus éclairant , il faut que, pendant la durée de la distillation, la température soit régulière et entretenue au rouge cerise clair. Si elle est plus élevée, le gaz qui se forme abandonne une partie de son carbone et devient moins éclairant ; si , au contraire, la température est trop basse, il se produit beaucoup de carbures d'hydrogène condensables qui se mêlent au goudron, et l'on obtient moins de gaz.
Au sortir de la cornue, le gaz se compose d'hydrogène protocarboné et bicarboné, d'oxyde de carbone, d'acide carbonique, d'azote, d'hydrogène, de matières huileuses condensables, de produits ammoniacaux et sulfurés, et de substances goudronneuses. Si on le brûlait dans cet état , il répandrait une odeur très-désagréable : quelques produits de sa combustion seraient
même nuisibles. Il importe donc de le purifier. Â cet effet , on le dirige dans le barUlet , sorte de cylindre contenant de Teau où plonge le tube abducteur jusqu'à la profondeur de 2 à 3 centimètres. Cette disposition a pour objet d'intercepter la communication entre Tintérieur des cornues et le reste de TappareiL II s'opère dans le barillet une première condensation d'eau et de goudron : aussi est-il muni d'un trop-plein pour maintenir le liquide à un niveau constant , en laissant écouler continuellement l'excès des produits condensés.
Les gaz passent du barillet dans une série de tuyaux verticaux communiquant entre eux par leurs extrémités recourbées; les courbures inférieures ont un prolongement qui plonge dans l'eau et par lequel s'éeoulent les matières que le gaz a abandonnées dans son trajet.
En sortant de cette espèce de réfrigérant , le gaz contient encore des vapeurs goudronneuses et ammoniacales» dont on le débarrasse en partie en le forçant à traverser une longue colonne do coke. Après ce criblage, il ne renferme plus que des sels ammoniacaux, notamment du carbonate et du sulfhydrate d'ammoniaque, parfois de l'acide sulfhydrique. Pour l'épurer de toutes ces matières, on le <fait arriver dans des caisses renfermant une dissolution de chlorure de manganèse; ce sel retient l'ammoniaque à l'état de chlorhydrate, tandis qu'il se forme du carbonate ou du sulfate de manganèse. Il reste toujours à enlever au gaz l'hydrog^e sulfuré, l'acide carbonique et quelques vapeurs acides : c'est pourquoi on fait succéder à l'action du chlorure de manganèse celle de la chaux caustique hydratée ; cette substance décompose l'hydrogène sulfuré, arrête l'acide carbonique et les vapeurs acides, et laisse passer le gaz, qui se rend dans le gazomètre.
Lorsqu'on juge que la distillation est terminée, on ouvre les cylindres et l'on fait tomber dans l'eau le coke incandescent.
Un des plus graves inconvénients des usines placées dans l'intérieur des villes consiste dans la grande quantité de vapeurs sulfureuses , accompagnées de poussière , qui se dégage pendant l'extinction du coke. On évite cet inconvénient en opérant comme M. Lacarrière : cet industriel verse. le coke embrasé dans un espace rectangulaire en maçonnerie, dont la partie supérieure est close par un couvercle mobile en tôle ; ensuite il fait tomber sur le coke une pluie très-fine, au moyen d'un tuyau percé d'un grand nombre de trous : les vapeurs, et les cendres soulevées pendant l'extinction du coke, sont entraînées par le tirage, puisque l'espace rectangulaire communique par une large cheminée traînante avec la cheminée générale de l'usine.
Le gaz que l'on obtient pendant une opération est loin d'avoir toujours la même composition. Le meilleur est celui qui se produit pendant les trois à quatre premières heures ; au delà de ce temps, il devient de moins en moins éclairant et exige, pour se dégager, une température plus élevée.
Vous voyez, par les analyses inscrites au tableau ci-dessous, combien peut varier la composition du gaz considéré à différentes périodes de sa production, et par conséquent combien peut différer sa faculté éclairante. .
Hydro-
Rapport
Hydrogène
gène pro-
Hydro-
Oxyde de
de la lu-
bicarbonë.
tccarboné.
gène.
carbone.
Azote.
mière.
Premier gu...
Deuxième gaz.
Troisième gaz.
Quatrième gaz.
Cinquième gaz.
On conçoit que la fabrication du gaz à éclairage ait pris un grand développement, quand on se rappelle que tous les produits accessoires de l'opération sont Tobjet d'applications lucratives. Ainsi , le coke sert actuellement comme eombustible pour les foyers domestiques ; mais tout porte à croire qu'en modifiant le procédé, on aura du coke qui pourra servir pour les fonderies et pour plusieurs usages industriels. Au surplus, on utilise le menu coke, dit escarbille^ en l'agglomérant par la pression dans des moules, sous forme de briquettes ou de grosses bûches, après l'avoir mêlé avec 42 à 45 centièmes d'un mortier formé d'argile plastique. Les escarbilles vont avoir une application encore plus importante. M. Deville a trouvé que des petites forges alimentées avec des escarbilles, produisent tout près de la tuyère une chaleur assez intense pour faire fondre et volatiliser le platine, et liquéfier la milice pure.
1. Gomme on connaît les propriétés particulières de chaque principe immédiat du gaz à éclairage, on ne se doute pas que ce mélange exerce une fâcheuse influence sur la végétation. Cependant M. XJlex a montré que lorsqne les tuyaux souterrains de distribution sont fendus, et que le gaz s'en échappe, si dans le voisinage des fuites il se trouve des arbres, ceux-ci périssent bientôt. C'est ce qiii est arrivé à un grand nombre d'ormes, et aux tilleuls qui décoraient les promenades de Hambourg . D'après les obserrations de M. Ulex, il parait que l'aubier »e pourrit, l'écorce se détache, sans que le bois s'altère, tandis que les racines sont désorganisées, et répandent une odeur de gaz à éclairage. Il résulte de ce fait qui n'a pas été seulement constaté à Hambourg, quMl convient de faire poser les tuyaux de conduite aussi loin que possible des plantations d'arbres, et lorsqne on ne peut s'en tenir fort éloigné, il faut exiger que les plus grands soins soient apportés à la fermeture hermétique de ces tuyaux.
VINGT*SEPTIÈMB LEÇON. 247
L'appareil dont M. Deville se sert est un simple laboratoire de fourneau à réverbère, haut de 0°*,30, et large de O^^IS, qui, s'appuie sur une plaque de fonte percée de trous rangés circulairement à O'^^OB autour du centre. Le tout est mis en communication avec le soufflet d'une petite forge volante.
Les creusets dont il se sert sont en chaux légèrement siliceuse, susceptible de devenir seulement compacte aux températures les plus élevés. Les meilleurs creusets en terre refractaire, exposés à la température de cet appareil, donnent un verre parfaitement fusible.
Le goudron, soumis à la distillation, donne successivement des carbures d'hydrogène de différente nature : les uns servent à l'éclairage; les autres, comme dissolvants des essences, des corps gras et résineux, notamment du caoutchouc et de la gomme laque pour composer la glu marine ", tous pour préparer V acide picrigue, ou carbazotique, qui est si employé aujourd'hui pour teindre la soie. Le résidu de la distillation du goudron, ce que l'on appelle goudron épais ou brai gras, mélangé à chaud avec quatre fois son poids de craie sèche, donne un mastic propre à cimenter diverses constructions*. Les chaux d'épuration sont
1. On prépare la glu-marine ^ en laissant dans des vases qIos, et pendant 3 à 4 jours, du caoutchouc en contact avec de Thuile de goudron : on décante le liqiiidei et on y dissout à chaud 3 fois son poids de gomme laque. La masse se solidifie parle refroidissement. Pour la faire servir an calfatage des navires, à la réunion des bois, etc., etc., on la liquéfie à -|- 120®. Cette matière peut être remplacée dans beaucoup de circonstances par la glu translucide de M. Lenher de Philadelphie. On prépare ce produit en faisant fondre 75 centigrammes de caoutchouc dans 60 grammes de chloroforme, puis on ajoute 15 grammes de mastic, et on laisse le tout macérer pendant 8 jours. Cette sorte de glu, qui s'applique au pinceau et à froid, est propre surtout quand il s'agit de soudures ou de collages translucides, comme pour unir des morceaox de verre.
2. Dans ces derniers temps, M. Popelin-Ducarre a imaginé la fabrication d'un charbon moulé, et aggloméré avec du gondron carbonisé hii-mème. Les matières premières sont les suivantes :
!• Poussier de charbon de bois. ) ba m a * j i i » , a a-w
»- T> • i u u j X u i Hesidus des fonds de bateaux, et de diffe- 2* Ponssier de charbon de tourbe. ) , „„„„•.
rents magasins.
3* Charbon de brindilles des forêts, bruyères, etc.
4* Tan épuisé, et carbonisé.
5* Résidu pulvérulent des usines d'éclairage, et «les magasins de coke.
Ce qui caractérise cette nouvelle fabrication, c'est l'adhérence et l'agglomération des particules, produites au moyen d'une substance susceptible non-seulement de relier les débris naturels entre eux, mais encore de les maintenir après sa propre carbonisation : de plus, elle ajoute elle-même un charbon interposé exempt de matières volatiles et de cendres.
Ce charbon diffère dn charbon de bois ordinaire, par sa structure, puisqu'il est
composé de très-menus fragments, et d'un charbon interposé gardant la forme de lU
matière fondue et boursouflée au moment même de la carbonisation : d'ailleurs sa
densité excède environ d^nn tiers celle du charbon ordinaire. Sa combustion est plus
le. U
Utilisées dans la fabrication des mortiers destinés à cimenter des murs extérieurs *. Les eaux ammoniacales provenant de la condensation et du lavage du gaz, servent à la fabrication de l'ammoniaque ou des sels ammoniacaux, lorsqu'elles ne sont pas appliquées directement à Tagriculture.
Voici la quantité moyenne de c«s divers produits, fournie par un poids donné d'une bonne houille de Mons.
„ . , , , Gaz exprimé Coke exprimé Coke menu *"* '""O- Sulfate Poids de la ,*? , \ . , macales ex- ., „ ,
. ,,, en mètres en hecto- exprimé en . . dammo- Goudron.
*''^""**- cubes. litres. hectolitres. P"^*^^'/" niaque.
«200 kU 270 20 1,2 100 .... 7kil.2 ... 68kil.
A la fabrication du gaz à éclairage s'en rattachent d'autres d'une bien moindre importance et dont je ne saurais parler plus à propos que dans ce moment. Je fixerai d'abord votre attention sur la fabrication de Vacide carhazotique : cette substance fait partie d'une série remarquable connue sous le liom de série phénique, et dont le premier terme est tiré immédiatement du goudron.
Lorsqu'on distille du goudron, on obtient des huiles de différente nature et dont le point d'ébullition est de plus en plus élevé. Suivant les expériences de M. Hoffmann, le produit qui distille à + 80** est de la benzine ( C* H* ) , hydrogène carboné qui, après avoir été transformé par substitution, sert de base à une nouvelle industrie, dont on parlera en étudiant les essences.
Les produits qui distillent entre + Mlo et -j-SSO** se compo-
Ifmte , et plus régulière ; elle convient mieux, sous tous les rapports, soit pour les usages domestiques, soit pour les opérations des laboratoires.
Cette industrie semble destinée à un grand développement, parce que une partie des matières premières qui l'alimentent ( débris végétaux ) n*a pas de sérieuses applications, et la production de Tantre partie {goudron) tend à augmenter de plus en plus. En effet, 100,000 becs à gaz supposent une production annuelle de b millions de kilogrammes de goudron.
(Yoir pour plus de détails le Précii de Chimie industrielle de M. Fayen, 2e édition, page 814.)
1. M. Feterspence de Manchester prépare un moriier hydraulique qu'il appelle ciment de zinc avec des argiles qui servent à la préparation du sulfate d'alumine, et avec la chaux des usines à gaz. A cet effet, il réduit l'argile et la chaux en poudre ; il prend un tiers de partie en poids de la première, et deux tiers de la seconde, puis après les avoir bien mélangées, il y ajoute une solution de sulfate de zinc renfermant une livre de ce sel pour chaque gallon (4 litres 543 grammes) d'eau. Il forme ensuite avec la main des espèces de briques qu'il fait séohjr, et puis cuire dans un four à chaux, en ayant soin de n'élever la tempéra- 1 ..re qu'à une faible chaleur rouge. Ce ciment est conservé dans des barriques» il est d'un gris jaunâtre, et le zinc qui entre dans sa composition empêche le développement de la végétation sur les murs dont il fait partie.
VlNGT-SEPTIÈyME LRÇON. 219
sent de carbures d'hydrogène^ di' alcaloïdes volatils et d'acide phénique, lis se succèdent dans Tordre suivant :
à + 111« piccoline = C»aH"Az
à + 113» tolaole = C^H»
à + 140« cumole = C«2H'2
à + i71« cymole = C20H><
à + 182» anyline... = C'^H'Az (isomère de la pi c-
coline.)
à + 187« acide phénique = C>m«02
à + 2t2« naphtaline = Cî^H»
à + 239» quinoléine = CH'Az
à + 2S0» plnsienrs carbures d^hydrogène
à + 300* paranaphtaline .- = G3«H»2
Si Ton verse une dissolution de potasse caustique saturée à chaud , ainsi que ,de la potasse en poudre, sur le liquide qui a distillé entre + ^ 60" et. + \ 90°, on obtient une masse cristalline, que Ton sépare par décantation de la portion encore fluide. En la dissolvant dans Teau, il se forme deux couches, l'une légère et huileuse, l'autre dense et aqueuse ; on sépare cette dernière et on la neutralise par Tacide cblorhydrique : aussitôt une matière d'aspect huileux devient libre, c'est \* acide phénique [phénol^ acide carbolique, hydrate de phényle, alcool phénique).
Pour avoir ce produit très-pur, on le fait digérer sur du chlorure de calcium fondu, on le soumet à plusieurs distillations successives, eniin on le refroidit tiès-lentement, de manière à le solidifier en gros cristaux, qu'on conserve à Tabri de Tair.
L'acide phénique est incolore, cristallise en longues aiguilles, fond vers + 34' à + 35°, bout entre -+-187* à +188% n*a aucune réaction, tache le papier comme un corps gras, est trèsr soluble dans l'alcool et Téther, et peu soluble dans Teau, bien que la moindre trace d'humidité le liquéfie ; il attaque fortement la peau des lèvres et des gencives ; sa solution aqueuse coagule l'albumine, préserve les matières animales de la pourriture et leur enlève la mauvaise odeur, si elles sont déjà putréfiées ; il réduit plusieurs sels métalliques, notamment ceux d'argent et de cuivre.
Un copeau de sapin imbibé d'une dissolution d'acide phénique puis trempé dans de l'acide chloi hydrique, ou azotique, et enfin desséché, devient d'un beau bleu .
La composition de l'acide phénique est représentée par C** H*0*, celle des phénates par MO, C*'H**0.
L'acide phénique est le premier terme de \ai série phénique, que vous voyez inscrite au tableau ci-dessous :
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