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2. Ou donne le nom dVM^nee veslimenlale à nn mélange de parties égales d*es* sence de citron, et de térébenthine, avec lequel on nettoie les étoffes en soie. Aujoiird*hai on se sert généralement de h9nzin9 qni ne se résinifie jamais.

VINGT-HUITliM£ LEÇON. 234

telle énergie ^ qu'il les enflamme Si l'on verse dans un creuset contenant de Tessence de térébenthine une certaine quantité d'acide azotique très-concentré , ou bien un mélange d'acide azotique et d'acide sulfurique ', il y a une véritable explosion : l'opérateur qui agirait sans précautions pourrait être atteint par Tessence enflammée. On évite cet accident, en attachant à l'extrémité d'une longue baguette le flacon où se trouve l'acide. L'opérateur se trouvant ainsi éloigné du creuset, ne court aucun danger.

L'acide sulfurique en se combinant avec les essences produit aussi un dégagement de chaleur. Si Ton chauffe la combinaison , il se dégage beaucoup de gaz acide sulfureux. Le gaz acide chlorhydrique est absorbé en grande proportion , et souvent il se forme une combinaison cristallisée qui porte le nom de camphre artU ficiel.

Les essences ont une assez grande importance commerciale , à cause de leurs différents usages dans les arts et la médecine. Elles servent à préparer les vernis à l'essence , et les vernis gras; à enlever les taches de graisse et de peinture. La parfumerie en consomme beaucoup pour la préparation des eaux aromatiques , des pommades et des savons parfumés. La médecine les emploie comme excitants et caustiques.

La chaleur et la sécheresse sont favorables à la formation des essences : aussi est-ce dans le midi de la France , en Espagne , en Italie et dans l'Orient que les végétaux produisent le plus d'essences. Sur les montagnes de la Provence , on rencontre des distilleries ambulantes, dont les produits vont se verser dans les grandes parfumeries de Grasse.

Les essences sont si nombreuses, que pour les étudier, on a dû les classer d'après leur composition. Il y en a qui renferment seulement de l'hydrogène et du caibone : d'autres renferment en outre de l'oxygène , d'autres sont quaternaires , et contiennent du soufre ou de l'azote.

Voilà donc trois groupes bien distincts et bien tranchés que nous étudierons suivant notre méthode ordinaire ; c'est-à-dire en choisissant dans chaque groupe un type, dont l'histoire se rapportera à celle de toutes les espèces que la classification range autour de lui.

Le type des essences binaires sera pour nous V essence de térébenthine. On l'obtient en distillant avec de l'eau, l'espèce de résine qui s'écoule de diverses variétés de p^u«. Celle de France ^provient du pinus maritima.

i. 45 grammes d'acide azotique fumant et 15 grammes d'acide solfurtqae concentré ponr 30 grammes d'huile de térébenthine.

232 CHIMIE BLBIIBNTAIRE.

L'essence de térébenthine du commerce renferme toujours une certaine quantité de résine , due à l'action de l'air sur l'essence elle-même. Pour la purifier , on la fait distiller avec de l'eau , on la dessèche sur du chlorure de calcium, et on la rectifie. Alors elle est incolore , très-fluide , douée d'une odeur caractéristique , et d'une saveur acre et brûlante. Sa densité est 0,87, elle bout vers + 4oo»; sa composilion est représentée par €'• H**, formule qui correspond à quatre volumes de vapeur. Elle dévie vers la gauche le plan de polarisation de la lumière polarisée , mais non d'une quantité constante : cette faculté varie suivant la provenance , et les conditions où l'essence s'est trouvée : il suffit de distiller plusieurs fois le même échantillon d'essence pour changer notablement son pouvoir de déviation.

On connaît 4 hydrates à l'essence de térébenthine :

C2«H«« + 6 aq. C2«H'« + 2 aç.

C"»H'« + 4 aq. C'«H'6 + aq.

Celui qui contient 6 équivalents d'eau est le plus facile à obtenir. A cet effet, on abandonne à lui-même un mélange de 8 parties d'essence , 4 partie d'alcool à 80 centésimaux , et 2 parties d'acide azotique ayant une densité de 4,25 à 1,30. La bouillie cristalline qui se produit à la longue est jetée sur un filtre , pressée dans du papier sans colle , et dissoute dans l'eau bouillante en présence de charbon animal. Par le refroidissement, on a l'hydrate à son plus grand état de pureté.

Lorsqu'on expose pendant vingt-quatre heures , dans un milieu froid, de l'essence de térébenthine saturée de gaz chlorhydrique, on obtient des cristaux que Ton purifie en les faisant cristalliser plusieurs fois dans l'alcool , et dont l'odeur camphrée leur a valu le nom de camphre artificiel. Leur composition peut être considérée comme une combinaison d'une molécule d'essence, et d'une molécule d'acide chlorhydrique C*H*',HCI.

Le camphre artificiel fond à + 150®, et bout à + OO®. Sa dissolution alcoolique dévie vers la gauche le plan de polarisation ; et d'après les expériences de M. Biot, l'essence qui se trouve engagée dans cette combinaison n'a rien perdu de son individualité , en ce sens que son état moléculaire n'a éprouvé aucun changement. En effet, la faculté rotatoire du camphre artificiel, est exactement proportionelle à la quantité d'essence de térébenthine qui se trouve dans le camphre lui-même ; mais si on décompose ce dernier en faisant passer la vapeur sur de la chaux vive chauffée au rouge, ' Tessence qui redevient libre a perdu toute espèce d'action sur la

lumière polarisée : ce qui montre que dans Facte de la décomposition , elle a changé son état moléculaire , et perdu sa nature première.

La formation du camphre artificiel est toujours accompagnée par celle d'un liquide isomère , qu'on appelle camphre artificiel liquide. Cette substance se comportant vis-à-vis de la lumière polarisée de la même manière que le camphre artificiel solide , on a conclu avec raison , que l'essence de térébenthine est un mélange de deux essences isomères, douées de l'étrange propriété de se modifier moléculairement après avoir été combinées avec l'acide chlorhydrique. On a appelé camphylène celle qui produit le camphre solide , térébylène celle qui produit le camphre liquide.

L'action de l'acide sulfurique vient à l'appui de cette conclusion. Si dans un ballon constamment refroidi, on mêle de l'essence de térébenthine avec environ ^ de son poids d'acide sulfurique, et que l'on abandonne le mélange à lui-même pendant vingt-quatre heures , en ayant le soin toutefois de l'agiter de temps en temps , on obtient une matière noire que recouvre un liquide rouge et visqueux. En soumeltant ce dernier à la distillation, on a un produit doué de la même densité , du même point d'ébullition et de la même composition que l'essence de térébenthine ordinaire : cependant son odeur est suave , et n'exercera plus d'action sur la lumière polarisée. Ce produit , ou cette nouvelle essence , soumise à l'action du gaz chlorhydrique , donne deux camphres artificiels , dont l'un renferme la moitié moins d'acide chlorhydrique que l'autre. L'essence de térébenthine ainsi modifiée, est appelée térébéne^ et sa molécule C*" H'* paraît s'être coni^ervée.

Le résidu de la distillation du térébène , distillé à son tour à la température de -j- 3 1 0*^, donne un second produit d'aspect visqueux , ayant la même composition que le produit précédent , et la même indifférence pour la lumière polarisée : cependant il a une odeur fétide, et il est caractérisé par ce fait que la lumière qui le traverse normalement est incolore , tandis que celle qui s'y réfracte présente une couleur indigo plus ou moins intense , suivant les incidences : en un mot , il est dichroîque. On l'appelle colophène , sa molécule paraît être deux fois plus forte que celle du térébène : elle est représentée par C^" H'*.

L'essence de térébenthine est donc formée de deux substances isomères , qui tout en conservant leur composition centésimale , subissent des modifications moléculaires remarquables, et peuvent se métamorphoser en 4 corps différents.

t'ai CHIMIB ÉLÉMENTAItlK.

Le camphylène = C^* H'«

Le térébylène = C2« H'«

Le térébène = C" H'«

Le colophène = C»» H-^»

L'acide azotique en agissant sur l'essence de térébenthine donne naissance à de nombreux produits , parmi lesquels on distingue 4 acides parfaitement caractérisés. Voici leurs formules :

Acide térébique = C'<H«0«,2H0

Acide térébenzique = C « H« 03, HO

Acide téréphtalique = C« H» OS HO

Acide téréchrysique = C« H^ 0», HO

De ces 4 acides le premier seulement est biatomique : aussi peut-il engendrer, par la distillation , un acide pyrogène monoatomique, l'acide pyrotérébique C**H«0*,HO.

Le chlore agit sur l'essence de térébenthine et sur le camphre artificiel , en se substituant à une portion de leur hydrogène : on connaît en effet l'essence de térébenthine quadrichloréeC" H'*Cl*, et le camphre artificiel quadrichloré C" H**C1*, HCl.

M. Sobrero de Turin a fait voir dans ces derniers temps , que l'essence de térébenthine très-humide , exposée à la lumière solaire dans une atmosphère d'oxygène, se transforme en un corps crislallisé que l'on pourrait considérer comme un hydrate de camphre C«» H»« 0» + 2 aq.

L'essence de térébenthine est employée en peinture, pour étendre le vernis à l'huile. On s'en sert pour dissoudre le copal et le caoutckouc ». Quelquefois elle est employée à falsifier d'autres essences plus coûteuses '.

Voilà , Messieurs , les principaux faits qui se rattachent à l'histoire chimique de l'essence de térébenthine et dont la connaissance est due, en grande partie, aux travaux de M. Deville, Si l'on étudiait avec le même soin les autres essences comprises dans le même groupe , il est probable qu'on verrait les mêmes faits se reproduire. Aussi pour me borner à un seul, je vous dirai que presque toutes les essences binaires semblent formées de deux

1. D'après M. Bouchardat, la dissolution da caoutchouc dans Tessence n*est possible qu'autant qne ceUe-ci a été distillée 2 fois à feu nii sur de la briqne pilée. On Terra plus tard quel est le véritable dissolvant du caoutchouc.

2. n est facile de découvrir la fraude, lorsque les essences fraudées appartiennent à la famille des labiées. A cet effet on profite de la propriété qu'a Tessence de térébenthine de dissoudre les corps gras, propriété dont sont dépourvues les essences de marjolaine, d'absinthe, de lavande, d'aspic, de sauge, de menthe poivrée, etc., elc. On introduit dans un tube gradué, des volumes égaux d'huile d'œillette, et de l'essence soupçonnée. Si celle-ci est pure, le mélange devient laiteux par l'agitation, si elle est falsifiée le mélange reste limpide.

essences isomères, donnant, par Taction de Tacide chlorhydrique, deux camphres artificiels particuliers.

Il suffira donc d'inscrire au tableau suivant leurs noms et leurs principales propriétés physiques, pour compléter en quelque sorte leur histoire.

Nom de ressence binaire. Molécule. Densité. Poioi d'ébullition. Som du pouvoir

rtitatoire.

Essence de térébenthine C2»H'6 0,87 Ters-l-«55» *^

— desdbine C«»H«6 0,91

— degenièTTC C2»H'« 0,84. +lb5» 'S^

— de citron C2«H« 0,847 -fl70» ^

— de bergamotte C2»H'« 0,85 'fif^ *

— d'orange C2<»H'« 0,835 +180» '^

— decubèbe C»»H» 0,93 +250« '^

— d'élémi C'»H» 0,852 +166H+174» '^

— de copabu C'^H» 0,91 + 245» '^

— d'athamanta oréosé-

linnm C2«H>« 0,843 4-163»

— de pinns abies C2»H«6? + 167«

— depimissilvestris... C'^H'e 0,868

Comme les essences oxygénées qui constituent le second groupe sont très-nombreuses, nous les diviserons en trois sections.

La première comprendra les essences qu'on peut considérer comme des oxydes de carbures d'hydrogène. L'e type en sera le camphre ordinaire,

La seconde comprendra les essences qui, par leur constitution, peuvent être comparées à des hydrures de radicaux organiques. Le type en sera Vessence d*amandes amères.

Dans la troisième, on trouvera les essences comparables aux éthers composés. IS huile de gaulteria procumbens appartient seule à cette section*.

1 . Une des deni essences constituant ceUe de bergamotte dévie à gauche le plan de polarisation, et sa densité est 0,877.

3. L'huile volatile de vin, ou éther afuinlhiqnt appartient évidemment à la troisime section ; mais nous n'examinons en ce moment que les produits naturels des végétaux : or Téther œnanthique est un produit de la fermentation du mont de raisin.

Les essences artificielles, dont la fabrication semble destinée à prendre un si grand développement, seraient également comprises dans cette même section. On les prépare eu éthérifiant des acides gras vol. tils généralement fétides. Ces éthers composés, doués de tons les caractères des essences, ont un parfum agréable, et parfois ^s-suave, lorsqu'on les étend avec 6 à 8 fois leur volume d'alcool. Les plus employés en Angleterre sont ceux qui portent le nom, d'huile de poire, d'huile de pommeê, d'huile d'attantUf et d'huile de raisin.

On préparc Vhuile de poire en distillant un mélange formé de i partie d'acide

236 GHIHIB ÉbÉMENTAIBE.

Loraqu'on fend le tronc et les branches du laurus camphora^ on trouve dans le canal médullaire, des petits grains de camphre qu'on peut facilement isoler. Ordinairement on les extrait par sublimation. A cet effet, on coupe en petits morceaux les tiges et les branches, «et on les distille avec de l'eau : Talambic est recouvert d'un chapiteau rempli de paille et de branchages, sur lesquels le camphre se dépose. Pour purifier le produit brut , on le mêle avec un peu de chaux vive et de charbon, on introduit le mélange dans des fioles en verre à fond plat , et on chaufTe avec ménagement : le camphre affiné se cgndense dans la partie froide de l'appareil.

Le camphre ordinaire, que Ton appelle aussi camphre du Japon^ cristallise en octaèdres ; sa densité est 0,98 ; celle de sa vapeur est 5,32 ; il a une odeur que tout le monde connaît. Comme le camphre est doué d'une certaine flexibilité, on ne peut le pulvériser qu'en le broyant après l'avoir humecté avec une petite quantité d'alcool. Lorsqu'on le conserve dans un flacon fermé, sa vapeur se condense sur les parties ordinairement plus froides et y forme des petits cristaux très-nets. Il fond à + 475°, bout à + 204o, et brûle avec une flamme luisante et fuligineuse ; il est très-peu soluble dans l'eau ; il Test notablement dans l'alcool , l'éther et l'acide acétique concentré ; sa dissolution alcoolique exerce la rotation vers la droite.

La composition du camphre est représentée par C*®H*®0*, formule qui correspond à 4 volumes.

Si l'on fait digérer, pendant plusieurs heures, à + 41)0«, un mélange formé d'une partie de camphre et de 10 parties d'acide sulfurique, puis qu'on verse de l'eau sur ce mélange, on trouve que le camphre s'est métamorphosé en une huile incolore. Dans ce cas,

snlfnrique, t partie d*hmle de pomme de terre ( alcool amylique), et 2 parties d'acétate de potasse. Le produit est Téther acétique de la série amylique ( acétate d'ûmyle = C«<»H'«0,C'H303).

VhuUe de pommes est obtenue en distillant Thuile de pomme de terre avec un mélange de bichromate de potasse et d'acide sulfnriqne« Le produit brut a une odeur désagréable f mais traité par la potasse, il acquiert le parfum de la pomme. C'est nn valérale d'amyle ( C«»H' «0, C'»H»03 ).

On obtient Vhuile d'atuinas en saponifiant du beurre, et en distillant le saTon ayec de l'acide sulfurique et de l'alcool. C'est un mélange de différents éthers proyenant des acides volatils du beurre. On sait d'ailleurs que l'éther butyrique étendu d'alcool développe une odeur qui rappelle l'ananas. VhuUe de raisin est aussi un mélange de différents éthers de la série amylique.

On voit donc que rhiiile de pomme de terre [alcool amylique), substance si peu agréable à l'odorat, est la source principale des essences artificielles odorantes.

Enfin les éthers capryliques découverts par M. Bouis doivent figurer, par lenr arôme agréable, à côté des autres essences artificielles.

il s'est donc modifié moléculairemeni, puisque sa composition n'a pas changé.

Lorsqu'on distille du camphre avec de l'acide phosphorique anhydre, on obtient le camphogène, liquide dont la formule est Q«o jjM^ ])gjjs ces circonstances, le camphre perd donc les éléments de deux molécules d'eau. Il les gagne, au contraire, si l'on fait passer sa vapeur sur de la chaux potassée, chauffée à -f iOO" dans un tube en verre. Il se forme ainsi de V acide campho/ique, qui reste combiné avec l'alcali et qui , rendu libre par un autre acide, se présente sous forme d'un corps cristallisé, fusible à + 80*, entrant en ébullition à + 250° et ayant pour formule C"H"0%HO.

L'acide azotique chaud oxyde le camphre et le fait passer à l'état d'acide camphorique : C" H«*0«, 2 HO. C'est du camphre qui , s'étant combiné avec 6 molécules d'oxygène, est devenu un acide biatomique. Distille-t-on rapidement cet acide, il abandonne les éléments de deux molécules d'eau et devient V acide camphorique anhydre C*°H»«0". Résumons :

Camphre = G'*H'^' produit de la àislilUuion iu tourtM eamr

phora,

Camphogène = C^*W* prodait de l'action déshydratante de Va-

cide phosphorique anhydre sur le camphre.

Âeide campholique = C^'H'^O^ produit de Taction de la potasse sur la vapeur de camphre.

Acide camphorique = G^'H^O* prodait de Taction oxydante de l'acide

azotique sur le camphre.

Ac camphorique anhydre. = C=*H'<0* produit de la déshydratation de Vacide

camphorique.

Nous devons entrer dans quelques détails pour montrer qu'il est probable que le camphre est un carbure d'hydrogène oxydé.

Le camphre est sécrété par plusieurs plantes, notamment par celles qui appartiennent à la famille des labiées. La plupart de ces plantes sécrètent non-seulement le camphre tel que nous le connaissons, mais de plus une essence liquide qu'on appelle essence de camphre. Cette substance a pour formule C***H'*0 et ne diffère du camphre que par une molécule d'oxygène de moins ; soumise à une action oxydante, mais lente, elle passe à l'état de camphre: C«*H««0«.

Le camphre liquide paraît donc être au camphre concret ce qu'un oxyde inférieur est à un oxyde supérieur.

D'un autre côté, le dryobalanops camphora exsude une essence qui est évidemment formée de deux essences distinctes,

Tune solide', Tautre liquide. Celte dernière (le bornéene) est isomère avec l'essence de térébentine C* H'* ; soumise à l'action lente de l'acide azotique, elle s'oxyde et devient camphre ordinaire C**WO\

L'on connaît donc un carbure d'hydrogène qui, en s'oxydant, passe à l'état de camphre ; on connaît une essence oxygénée qui , en se combinant avec une nouvelle quantité d'oxygène, passe aussi à l'état de camphre. De tous ces faits, n'esl-il pas naturel de conclure que le camphre et ses congénères sont des produits d'oxydation, ou, en d'autres termes, des essences binaires oxydées?

Voici la liste des principales essences ternaires qui , par leur constitution, semblent se grouper autour du camphre ordinaire :

Essence de menthe poivrée (partie concrète). C^oH^'O»

— de menthe pulegium C2»H««02

— decamomille C^mHfi

— d'absinthe C"H««02

— de lavande ( partie concrète ) C^^H ' «0*

— derhue C^m^*(fi

— decarvi C*«fl«<0»

— de cèdre ( partie concrète ) C32H2«02

— deromarin C^^H^^Oî

— de lavande ( partie liquide ) C *H'<02

Passons à l'étude de V essence d'amandes amer es ^ qui est , pour nous, le type de la seconde section des essences oxygénées.

Quand on distille avec de l'eau les tourteaux d'amandes amèreg, ou bien encore les feuilles du laurier-cerise, on obtient un mélange de l'essence dont nous nous occupons, d'acide benzoïque, d'acide cyanhydrique et de benziÂne, En soumettant ce mélange à la distillation, après y avoir ajouté de l'eau, du chlorure de fer et de l'hydrate de chaux, on a pour produit l'essence pure d'amandes amères, qu'on rend 'anhydre par une distillation ultérieure sur le chlorure de calcium.

L'essence pure d'amandes amères est incolore, transparente ; elle réfracte fortement la lumière, et est douée d'une saveur brûlante et d'une odeur particulière analogue à celle de l'acide cyanhydrique (prussique) ; sa densité est 4 ,043 ; elle bout à -{- 480° ; sa composition est C** H* 0*.

Le principal emploi de cette essence a été jusqu'à présent de servir à la parfumerie. Aujourd'hui, elle est remplacée par un de

1. La partie solide de Tessence do Aryo^lanoftt camphora est connue sons le nom de camphre de Bornéo : elle est cristalline, incolore, transparente ; elle fond à -f 195», bout à + 21 5». Sa composition est C2»H«*0ï. L'acide azotiqne lui enlève 2 molécules d'hydrogène, et la convertit en camphre ordinaire C'^H'^0*.

ses dérivés, la nitrohenzine^ substance qui, pouvant être tirée à peu de frais de l'huile de goudron, revient moins cher.

Si on expose à l'air, pendant quelque temps, de l'essence d'amandes amères, on la convertit en acide benzoique. Sous le rapport de la composition, cet acide ne diffère de la substance dont il dérive que par deux molécules d'oxygène de plus.

Essence d'amandes amères.. G'^H^O' Acide benzoïque G • <H«0<

L'essence d'amandes amères se comporte donc vis-à-vis de l'air comme l'aldéhyde ordinaire : l'une et l'autre s'acidifient par une absorption pure et simple d'oxygène '. Aussi plusieurs chimistes considèrent-ils cette essence et plusieurs autres appartenant au même groupe comme des homologues de l'aldéhyde normale.

Cette essence se prête si facilement aux métamorphoses, que peu de substances donnent des dérivés aussi nombreux. MM. Liebig et Woehler ont supposé l'existence d'un radical , le benzoïie (C'*H*0*) , et, à l'aide de cette hypothèse, ils ont coordonné tous les faits qui se rattachent à l'histoire de ces métamorphoses et en ont singulièrement facilité l'intelligence. Ainsi , ce que l'on pourrait appeler essence d'amandes amères, chlorée, hromée, iodée, cyanurée, sulfurée, etc., etc., ils l'appellent chlorure, bromure, iodure, cyanure, sulfure de benzoïie. Dans tous les cas, ce n'est que de l'essence d'amandes amères qui a échangé une molécule de son hydrogène contre une molécule d'un autre corps. L'essence elle-même n'est que de Vhydrure de benzoïie :

l'acide benzoïque n'est que ce même hydrure oxydé :

(G" H» 0«, H + 2 0 « O* H» 0», HO) etc. , etc., etc.

Acide bensolque.

La théorie du benzoïie a le même défaut que celle de l'ammonium : elle est fondée sur l'existence d'un corps hypothétique, mais elle a l'immense avantage de simplifier les formules et de. réunir en un seul faisceau des faits nombreux que l'esprit aurait de la peine à saisir isolément.

i&û CHIMIE ÉLÉMENTAIRE.

Quand je dis que la théorie du beozoïle (et j'entends parier de toutes les théories analogues), «st fondée sur un corps hypothétique, je ne veux pas nier l'existence d'un produit composé comme doit l'être le benzoïle suivant la théorie, mais je veux dire que ces prétendus radicaux, ne peuvent pas, ainsi que les radicaux véritables, régénérer les substances d'où on les a tirés. Ainsi, rien n'est plus facile que d'isoler les radicaux de cette espèce : M. Chiozza en a fait connaître un procédé général de préparation. Toutes lesjois qu'un chlorure d'un radical organique subira l'action de son aldéhyde métallique, on isolera le radical recherché. Exemple :

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