CLASSIFICATION DES RÉSINES
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résines avec essences. ........ ] e^^,.^,^
Résines proprement dites. { t , ia '
résines isolées ( ^^'^^«
» ( nentres.
Gommes résines.
I à acide benzoîque.
Baumes { à acide cinnamique .
I aux denx acides réunis.
Il serait aussi fastijieux que peu utile pour nous d'étudier systématiquement toutes ces matières. Nous nous bornerons à celles qui nous offriront quelque intérêt à cause de leurs applications.
La térébenihine ordinaire fixera tout d'abord notre attention. La plus commune provient du pinus larix '. Pour l'extraire, on pratique des incisions dans une partie écorcée du tronc : la matière qui s'en écoule est un mélange de résine et d'essence qu'il faut purifier. A cet efl"et, on expose au soleil ou à la chaleur d'une étuve la matière brute contenue dans des tonneaux mal joints ou dont le fond est percé de trous et recouvert de paille. Les premières portions qui s'écoulent sont les plus fluides ^ les plus pures ; on les vend sous le nom de térébenthine fine, ou térébenthine au soleit.
Un autre procédé d'épuration consiste à mettre la térébenthine brute dans un sac de toile, où l'on fait arriver de la vapeur. L'écoulement est si rapide que l'opération se termine en quelques heures.
Le résidu qui reste dans le sac et dans les tonneaux est fondu et filtré à chaud sur de la paille. Il sert à la préparation de la colophane et de V essence de térébenthine.
Lorsqu'on distille dans un alan>bic 100 kilogrammes de térébenthine, on obtient environ 12 kilogrammes d'essence de ce nom et un peu moins de 88 kilogrammes d'un résidu sec que l'on appelle colophane,
La colophane, ou arcanson, est une matière solide jaunâtre, ftisible, inflammable, à cassure viireuse ; elle est insoluble dans l'eau et se combine avec les alcalis pour former ce que l'on appelle improprement le savon de résine; sa composition est représentée par G*" H'" 0*. Malgré la netteté de cette formule, la colophane n'est pas moins un mélange de deux et quelquefois de troi§ résines acides différentes ( les acides siloique, pimarique et pinique) \ mais comme elles sont isomères, on conçoit comment l'analyse directe de la colophane donne un résultat très-net.
En comparant la composition de la colophane à celle de l'essence de térébenthine, on voit que la première diffère de la se-
1. Il existe plusieurs variétés de térébenthine, qui se distinguent par quelques caractères particuliers. Voici la liste des plus connues dans le commerce, et de l'arbre d'où provient chacune d'elle.
Térébenthine de Bordeaux , provenant du pinua marilima.
— de Venise — — picea.
— d'Alsace — — id.
— des Vosges — — larix.
~- de Boston — — auttrali».
— d'Amérique ,. — — strohua
— de Hongrie — — mugho».
~- des monts Garpathes — — cimbra.
~- dn Canada — — haliamea.
coDde par une molécule d'hydrogène de moins et deux molécules d'oxygène de plus.
€•• H" =» une molécule d'essence de térébenthine. Q«« jiitfQ»^^ demi-molécule de colophane.
Ce qui fait croire que la colophane n'est que de l'essence de térébenthine oxydée.
La colophane donne par la distillation plusieurs carbures d'hydrogène volatils et laisse du goudron.
Voici la composition et le point d'ébullition de ces carbures, d'après Pelletier et Walter :
Rétinaphle = C'^H» bout à -f 108» \
Rélinyle = C«»H'2 — à -f 4S0» } liquides.
Rétinoie = G^2H«« — à + 240» )
Rétistérène isomère de la napbuline : bout à -f- 325» et fond à -f 67».
Ces carbures liquides ont été employés dans la préparation du gaz de résine.
Lorsqu'on brasse la colophane encore chaude avec le dixième de son poids d'eau, on obtient la résine commune^ qui est opaque, moins colorée, moins fragile et plus fusible que la colophane.
La résine commune, mêlée avec du soufre et du suif, sert au calfatage des navires et à la préparation du mastic des fontainiers ' .
Le baume du copahu, les résines animé, elemi, mastic, et la cire de palmier se rapprochent de la térébenthine en ce sens qu'elles sont aussi formées d'une résine et d'une essence.
A la suite des résines précédentes, je placerai le succin; cette substance, bien que de nature fossile, ne doit pas moins être considérée comme une résine de la première division. On rencontre le succin en quantité notable dans les sables d'alluvion de la mer Baltique, et quelquefois dans les couches de lignite. Il parait provenir de l'espèce d'arbre qui l'accompagne dans ses gisements, et l'on croit que, dans le principe, il n'était qu'une résine dissoute dans une essence. En effet , le succin présente parfois l'empreinte des branches et de l'écorce sur lesquelles il s'est figé. Il renferme souvent dans son intérieur beaucoup d'insecles, dont quelquesuns sont si déliés qu'ils font supposer que la masse où ils sont engagés était jadis liquide.
1 . Mélange d*ane partie de résine et de denx parties de brique finement pulvérisée, fondues ensemble.
Le succiû forme des rognons jaunes et transparents assez semblables à la gomme, mais plus fragiles ; sa cassure est conchoïde ; sa couleur varie du jaune au brun ; sa densité est de 4 ,084 ; il fond à +287°, brûle en répandant une odeur aromatique, et laisse un résidu charbonneux. L'alcool absolu et Téther n'en dissolvent que 10 à 12 p. °/o de leur poids; après avoir été fondu, le succin devient complètement soluble dans l'alcool.
Cette résine renferme un acide connu sous le nom d'acide succinique^ qu'on peut isoler en traitant le succin par les alcalis oii en le soumettant à la distillation.
L'acide succinique se présente sous forme de cristaux inco* lores, transparents, inodores, d'une saveur nauséabonde. L'eau bouillante en dissout la moitié, et l'eau froide un cinquième de son propre poids. Il est très-soluble dans l'alcool et peu soluble dans Téther; il fond à + 185' et bout à +245"; il peut être sublimé à des températures plus basses.
L'acide succinique a pour formule C'H*0*. Suivant quelques chimistes, cet acide serait biatomique (C* H< 0®, 2 HO) ; suivant d'autres, il serait triatomique (C* H* 0*, 3 HO). Par des sublimations réitérées, il deviendrait anhydre (C*H< 0') dans le premier cas, monoatomique (C* H* 0", HO) dans le second.
Le succin n'est pas la seule source de cet acide. On peut en préparer des quantités considérables en faisant agir l'acide azotique sur les corps gras. M. Oessaignes l'a obtenu en oxydant l'acide butyrique. Vasparagine et le malate de chaux peuvent , par une espèce de fermentation, en fournir à leur tour sous forme de succinate d'ammoniaque.
De tous les succinates, ce dernier est le seul qui soit employé pour séparer le peroxyde de fer du protoxyde et ainsi que de plusieurs autres ox) des métalliques.
On prépare ce réactif en neutralisant l'acide succinique par de l'ammoniaque. La solution, neutre d'abord, s'acidiGe en s'évaporant, et fournit des prismes à 6 faces, fort solubles dans l'oau, inaltérables à l'air, et pouvant se sublimer sans altération. La formule de ce sel acide est H* Az, (H0)«, C« ÏV 0«.
Parmi les résines les plus employées, dépourvues d'essence je vous citerai la résine copaL Elle s'écoule de Vhymenea verrucosa; elle est dure, presque incolore, inodore et insipide. Insoluble dans l'alcool anhydre, elle se ramollit dans l'alcool bouillant, et 6nit par y devenir soluble après qu'elle a éprouvé l'action de la vapeur de l'alcool lui-même ; elle se gonfle dans l'éther et s'y dissout ensuite ; elle ne se combine pas avec les alcalis.
Lorsque après avoir été broyée, on la garde à l'éluve pendant II. 45
un mois, elle subit un commencement de combustion et devient très-soluble dans l'alcool et Téther.
Le copal parait formé de cinq résines différentes, dont une seulement serait neutre.
La gomme laque ^ qui est aussi formée de cinq résines et qui est si employée * ; la résine icica^ formée seulement de trois résines ; celle de jalap, souvent employée en médecine ; celles de la racine de rhubarbe et de galac^ se groupent autour de la résine copal.
La gomme ammoniaque (résine de Vheractenm gummi/erum ) , Vassa fœtida^ V euphorbe, le galbanum, le sang-dragon, la gomme gutte, la myrrhe, le sagapenum, Vencens, la scam' monée, et d'autres moins importantes, font partie de la division des gommes-résines. Presque toutes ces substances sont employées en médecine.
Nous avons dit que les baumes n'étaient que des résines contenant de l'acide benzoïque ou cinnamique. D'après les recherches de M. Fremy, il semble très-probable que ce que nous appelons baume n'est qu'une essence que l'air a altérée.
Le benjoin, si employé en parfumerie et même en médecine *, est un baume à acide benzoïque. Nous savons déjà qu'il sert de matière première pour la préparation de cet acide.
Il paraît que le benjoin, au moment où il vient d'être sécrété, contient deux substances liquides différentes : l'une qui deviendra la partie résineuse, l'autre l'acide benzoïque.
Le baume du tolu, qui provient du toluifera balsamum, se compose d'acide cinnamique (C**H'0*, HO) et de deux résines, dont l'une a pour formule C*«H"0«, et l'autre C»«H««0". Traitées par l'acide azotique, puis soumises à la distillation, ces ré-
1 . C'est la gomme laque j qui sons forme de petits bâtons on d^écailles, sert à souder les pièces de terre, et de faienee. Elle entre aussi dans la fabrication de la glufMtriney et de la cire à cacheter.
La cire à cacheter est formée de 48 parties de laque en écailles, de 13 parties de térébenthine, de 1 partie de baume du Pérou, et de 36 parties de vermillon. On remplace le vermillon par du vert-de-gris, quand on veut de la cire verte , on par da noir de fumée, quand on vent de la cire noire.
2. Il sert principalement à la préparation de Veau hémostaUque de Pagiiari, dont voici la formule.
On fait bouillir pendant 6 heures dans un pot de terre vernissée, un mélange formé de 1 partie d'alnn, ~ de benjoin, et 10 parties d'eau. On agite sans cesse la masse dont le volume doit être entretenu constant par des additions successives d*eau bouillante. On filtre la liqueur, et on la conserve dans des vases en verre, hermétiquement fermés.
Suivant les essais de M. Sédillot, cette eau a la propriété de coaguler complètement le sang, lorsqu'elle y est mêlée dans la proportion d'un cinquième.
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sines* donnent de l'essence d'amàiideB amères ; distillées à sec, elles produisent le benzoéne C** H', substance qui a' été étudiée avec soin par M. Deviile.
Le baume du Pérou est tantôt liquide, tantôt solide ; le baume liquide contient une résine, de l'acide cinnamique et deux substances, dont l'une est liquide (la cinnaméine^ C"*H"0*), l'autre solide (la métacinnawéine, G»*H*0*) : la première, soumise à l'action de la potasse, se décompose en acide cinnamique et en péruvine * ; par le simple contact avec l'acide sulfurique, elle s'assimile les éléments des quatre molécules d'eau et se résiniOe ; la seconde se transforme, à son tour, par l'action de la potasse, en acide cinnamique.
Il parait résulter de tous ces faits ( dont on doit la connaissance à M. Fremy) que la résine et l'acide cinnamique du baume du Pérou proviennent , l'une de l'hydratation de la cinnaméine^ l'autre de l'oxydation de cette dernière et à la fois de la metacinnaméine, et que ces deux substances ne diffèrent entre elles que par les éléments de deux molécules d'eau :