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Alloxantine traitée par l'hydrogène sulfuré

14. Produit de l'évaporation rapide de l<i dissolution d'alloxantine sons Tinfluence de l'acide chlorhydriqae.

15. Produit de l'action de l'hydropftnf sulfuré sur la dissolution azotique d'alloxantine.

Ce qui doit vous frapper particulièrement dans ce tableau c'est que tous les corps qui proviennent directement ou indirectement de l'alloxane peuvent se transformer en un seul et unique produit , la murexide. La murexide est donc une substance aussi intéressante que Valloxane, car elle représente, pour ainsi dire, le point de convergence de tous les composés uriques. C'est pourquoi nous entrerons dans quelques détails sur sa préparation et ses propriétés.

La murexide prend naissance toutes les fois que Valloxane ou plusieurs de ses dérivés sont mis en contact avec Tammcniaque, Pour la préparer facilement on dissout ensemble dans l'eau bouillante une partie d'alloxane et 2,7 parties d'alloxantine : lorsque la liqueur est refroidie à + 70*>, on y verse du carbonate d'ammoniaque . sans en mettre un excès ' . La liqueur laisse alors déposer une abondante cristallisation de murexide.

Ce corps a une belle couleur rose. Il cristallise en prismes à quatre pans, ayant le reflet verdâtre des ailes des cantharides. Il est peu soluble dans l'eau, qu'il colore toutefois en pourpre magnifique : il est peu soluble dans l'alcool et l'éther : sa formule est C*'H®Az"0*. Les alcalis et les acides décomposent la murexide en plusieurs produits, parmi lesquels on trouve l'urée, l'alloxane, l'alloxantine , et une nouvelle substance , la murexane (C*H*Az*0*) , qui cristallise en petites paillettes soyeuses, incolores et presque insolubles dans l'eau. La murexane se distingue par la belle couleur rouge qu'elle prend lorsqu'on l'expose à l'action de l'air et des vapeurs ammoniacales : elle présente ce phénomène parce qu'elle se change en murexide. Sous ce rapport la murexane rappelle l'orcine, qui , dans les mêmes circonstances, se change en orcéine (voir leçon xxix*, p. 281). C'est par une réaction à peu près analogue que l'on reconnaît la présence de l'acide urique. En effet, si l'on met dans un verre de montre un peu d'acide urique, ou bien une matière qui en contienne, et qu'après y avoir versé quelques gouttes d'acide azotique on chauffe avec précaution jusqu'à siccité, on verra le résidu prendre une belle couleur rose qui deviendra pourpre si on l'expose à la vapeur de l'ammoniaque. L'acide urique attaqué par l'acide azotique s'est transformé en alloxane , celle-ci en d'autres produits , qui tous , sous l'influence de la vapeur ammoniacale, se sont transformés en murexide.

Tous les urates , même les u rates alcalins , sont peu solubles :

i . Pour ne pas mettre un excès de carbonate d'ammoniaque, on en fixe la qnintité par un essai préalable fait sur une petite quantité de dissolution chaude. II. 2i

celui de roagnésie est le seul qui, dans certaines limites, fait exception ; aussi recommande-t-on l'usage de la magnésie aux personnes prédisposées à avoir des calculs uriques.

Nous avons déjà dit que l'urine des herbivores et celle des enfants contient normalement de Vacide hippurique : nous pouvons ajouter que celle des hommes adultes en contient souvent de petites quantités.

Pour préparer cet acide on évapore, sans la faire bouillir, de l'urine fraîche de cheval jusqu'au huitième de son volume , puis on y verse de l'acide chlorhydrique : le mélange laisse déposer par le repos de longues aiguilles d'acide hippurique.

Comme une chaleur trop forte pendant l'évapdration peut décomposer une partie d'acide hippurique , M. Gregory propose le procédé suivant :

On sursature immédiatement l'urine fraîche de cheval ou de vache avec un lait de chaux. On f)orte la masse à ébuUition et on filtre. La liqueur filtrée peut être concentrée, même par une forte ébullition, jusqu'à un dixième de volume : on verse sur le résidu un excès d'acide chlorhydrique , et on obtient ainsi , après un certain temps, de l'acide hippurique impur. On le purifie en le dissolvant dans l'eau bouillante et en le décolorant par le charbon animal.

L'acide hippurique cristaUise en prismes à quatre faces , terminées par un sommet dièdre. Bien qu'insipide il rougit fortement le tournesol. Il est peu soluble dans l'eau froide ; il se dissout en grande partie dans l'alcool et très-peu dans l'éther. Sa composition est C'« H» AzOMIO.

Soumis à l'action de la chaleur il fond , puis se décompose en donnant naissance à de l'acide cyanhydrique, à de l'acide benzoïque, à du benzoate d'ammoniaque, et à plusieurs autres substances non encore bien déterminées. Quelle que soit l'influence sous laquelle se décompose l'acide hippurique , on est certain de trouver parmi les produits de sa décomposition une certaine quantité d'acide benzoïque, ou quelque dérivé de ce même acide. Effectivement, si on le fait bouillir avec de l'oxyde puce de plomb, il s'assimile une partie de l'oxygène de l'oxyde, et il se décompose en acide carbonique, en benzamide et en eau.

C»*H«AzO»,HO+ 6 0 =2H0-f 4C0* + C:»*H' AzO*

Acide hippurique. Oxjgène. Eau. Ac. oarbo- BeDzamtde.

nique.

Si on le fait bouillir pendant longtemps avec des acides énergiques il s'assimile les éléments de deux molécules d'eau , et il se

dédouble en acide benzoïque et en glycocolle (sucre de gélatine). C'^H» AzO», HO + 2 HO==C*^ H» 0\ HO + C* H» AzO*

Acide hippurique. Eau. Acide benzoïque Glycocolle.

Lorsqu'on le soumet à l'action oxydante , soit de l'acide sulfurique et du manganèse, soit de l'acide azotique ou de l'hypochlorite de chaux , il se décompose encore et donne naissance à de l'acide benzoïque L'acide azoteux le fait passer à l'état d'acide benzoglycolique (C"H*0")^ substance qui sous l'influence des acides se décompose en acide benzoïque et en acide glycolique (C^H^O*). Enfin, si on le met en contact avec les ferments il subit une sorte de fermentation dont un des produits est encore l'acide benzoïque.

Cette dernière réaction nous explique pourquoi on ne trouve d'acide hippurique que dans l'urine fraîche. Les matières animales qu'elle renferme deviennent par la putréfaction autant de ferments ; sous leur influence l'acide hippurique se décompose et engendre de l'acide benzoïque. En effet, dans certains pays on tire de Turine putréfiée de cheval une quantité considérable de ce dernier acide.

f-e facile changement de l'acide hippurique en acide benzoïque contraste avec le changement inverse qu'éprouve ce dernier acide sous l'influence de la vie. L'ingestion d'aliments contenant de l'acide benzoïque*, fait passer de l'acide hippurique dans l'urine.

t. Cette réaction observée par MM. Socoloff et Strecker, a fait penser à ces chimistes que Tacide hippuriqueétait Tamide de Tacide benzoglycolique. U est certain que Tacide azoteux n*agit pas autrement sur les amides proprement dites. D'ailleurs la comparaison suivante le prouve.

m Az, HO, C>« H' 0' - 2 HO = C'« H» Az 0«

Benzoglycolate d'ammo- Eau. Acide liippu-

niaque. rique.

H3 Az, HO, C> œ - 2 HO = C2 H2 Az 0^

Oxalate d'amnio- Eau. Oxamide.

niaque.

C'« H« Az 05, HO -t- Az 03 = C» H' 0', HO -f HO + 2 Az

Acide hippurique. Acide Acide benzoglyco- Eau. Azote.

azoteux. lique.

C2 m Az 02 + Az 03 = G2 03, HO -f HO + 2 Az

Oxamide. Acide Acide oxa- Eau. Azote,

azoteux lique

2« On bien de Vaeide einnamique (G>^ H^ 0^, HO). On tire cet acide du baume du Pérou. Il est à Tessence de cannelle, ce que Tacide benzoïque est à l'essence d'àmandes amères. Il cristallise dans Teau sous foi*me de lames nacrées, et dans Talcool sous forme de prismes, il fond à -f- 420», et bout vers + 300«. 11 pourrait être confondu avec l'acide benzoïque, mais lorsqu'on le soumet à l'action oxyJanle de l'acide chromique, il passe à l'état à''e9êence de cannelle.

Ce fait a été signalé par Ure, et constaté ensuite par une foule de chimistes.

Les hippurates sont remarquables par la beauté de leurs cristaux, et parce qu'ils renferment tous un équivalent d'eau (Schwartz). Ils n'ont pas encore reçu d'application.

Maintenant que nous avons passé en revue les substances principales qui sont propres à l'urine, revenons à l'examen de l'urine elle-même considérée dans son ensemble.

Nous avons dit comment il se fait que l'urine normale est tantôt acide , tantôt alcaline. D'après ce que nous venons d'apprendre , nous pouvons nous expliquer pourquoi l'urine , qui est naturellement acide , devient alcaline quelque temps après son émission. Nous n'avons pas oublié que l'urée, sous l'influence des ferments, engendre du carbonate d'ammoniaque : or ce sel est doué d'une forte réaction alcaline. D'un autre côté, parmi les matières albumineuses extractives et colorantes de l'urine , il y en a qui , sous l'influence de l'oxygène de l'air, passent à l'état de ferments. L'alcalinité qui se manifeste dans l'urine non récente provient donc du carbonate d'ammoniaque , qui provient lui-même de la fermentation de l'urée.

En résumé, l'homme à jeun, ou qui n'a mangé que des matières animales, émet toujours de l'urine acide : s'il s'est nourri exclusivement de matières végétales, son urine est alcaline. L'urine qui est acide lors de son émission devient plus tard alcaline, parce que son urée se change en carbonate d'ammoniaque.

Dans quelques circonstances, même en pleine santé, un homme à jeun peut émettre de l'urine alcaline. Cela arrive, par exemple, à la suite de fatigues et d'excès violents. On se rend compte de ce fait si l'on se souvient que l'acide urique peut passer à l'état d'urée lorsqu'il est soumis à l'action d'un excès d'oxygène. Un homme qui se livre à un exercice extraordinaire aspire , dans le même laps de temps , beaucoup plus d'oxygène que dans les circonstances ordinaires, et les phénomènes de combustion qui s'opèrent dans ses vaisseaux capillaires sont nécessairement plus intenses. L'acide urique, se trouvant donc sous l'influence de conditions oxydantes plus prononcées, se transforme en urée, corps neutre qui ne peut, comme le fait l'acide urique, enlever aux phosphates alcalins une partie de leur base et les rendre acides. Dans ce cas , l'alcalinité ne tient pas à la présence des carbonates de potasse et de soude, comme dans l'urine des herbivores , mais à la présence des phos* phates neutres de ces mêmes bases , phosphates qui sont , on le sait, doués de réaction alcaline.

Cette explication est en quelque sorte applicable aux variations

« TRENTE-QUATRIÈME LEÇON. i^5

que l'on remarque dans l'urine saine, sous le rapport des proportions relatives de l'acide urique et de l'urée. Plus il y a d'urée dans l'urine, moins il y a d'acide urique, et réciproquement : l'urée abonde chez les personnes qui font beaucoup d'exercice ; l'acide urique chez les personnes sédentaires : dans le premier cas, l'acide urique se transforme en urée par suite de la plus grande quantité d'oxygène qui pénètre dans le poumon ; dans le second cas, non-seulement l'acide urique ne s'est pas oxydé, mais de plus sa production a pu être plus abondante, puisque les matières azotées du sang artériel ont éprouvé une combustion incomplète faute d'une respiration énergique.

Voilà les traits principaux de l'urine normale émise par un homme sain dans des circonstances ordinaires. Mais l'urine peut changer de caractère et de composition par des causes accidentelles. Ainsi , l'ingestion d'une grande quantité d'eau augmente immédiatement la sécrétion de l'urine ; la densité de ce liquide est alors plus faible, sa couleur est plus claire, et sa richesse en principes fixes est relativement moindre.

M. Woëhler a fait de nombreuses expériences par lesquelles il a démontré que certaines matières colorantes, bien que combustibles par leur nature, traversent les vaisseaux capillaires sans s'altérer et passent dans l'urine, qu'elles colorent fortement : telles sont la matière colorante de la rhubarbe, de la garance, du campêche, des betteraves rouges, des baies d'airelle, des mûres, des cerises noires, etc., etc. '.

C'est un fait bien connu que quelques substances, telles que l'opium, le copahu, le safran, l'assa-fœtida, la térébentine, communiquent leur odeur à l'urine, tandis que certaines essences et quelques résines communiquent à l'urine l'odeur de la violette.

Les sels minéraux, les préparations mercurielles, auriques, stibiées et arsenicales sont en grande partie éliminées par les urines ; l'iode se retrouve dans l'urine à l'état d'iodure ; le soufre, l'hydrogène sulfuré et les sulfures, à l'état de sulfates.

D'après cela, on voit que l'urine d'un homme sain peut quelquefois présenter des caractères particuliers dus à des causes accidentelles.

Examinons maintenant l'urine de l'homme malade.

D'après les observations de M. Andral , l'urine morbide conserve toujours son acidité, et si elle la perd , c'est parce qu'elle séjourne dans la vessie, qui est malade elle-même : l'altération

1 . Les matières colorantes de la cochenille, de la graine d'Avignon, dn tournesol, et de Torcanette , ne passent jamais dans Tarine.

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