AVANT-PROPOS
Le rang éminent que le conseil de Brabant occupa dans nos institutions nationales, l'importance et la variété de ses attributions nous dispenseront de justifier longuement l'intérêt que peut offrir le travail présenté par nous au public. Le conseil de Brabant n'était pas seulement, comme les autres conseils souverains de justice, une cour suprême décidant les procès en dernier ressort ; érigé par les ducs de Bourgogne en conseil de gouvernement, il intervenait dans tous les actes du souverain pour leur donner force légale et avait le droit d'administrer le duché de Brabant en l'absence du duc.
La réunion de nos diverses provinces sous un sceptre unique et la création d'un gouvernement central auquel elles furent soumises enlevèrent nécessairement au conseil la majeure partie de ses pouvoirs et de son autorité. Il parvint néanmoins, grâce à sa fermeté et à son énergie, à conserver jusqu'à la fin de l'ancien régime des prérogatives fort étendues en matière de politique et d'administration. S'il était du devoir des États de Brabant de veiller au maintien de la Joyeuse Entrée et de dénoncer toute atteinte portée à la Constitution du duché, le conseil avait le droit de la faire respecter en cassant et en annulant, au nom du souverain lui-même, les actes inconstitutionnels des autorités des Pays-Bas ou des gouvernements étrangers. A toute époque, en toute circonstance, les Brabançons trouvèrent en lui un défenseur intrépide et opiniâtre, toujours prêt à repousser les entreprises