‹ Le Conseilde l'instruction publique et le Comité catholique [microforme]Chapitre 26 sur 37 · NE I · texte numérisé non relu

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à titre de récompenses, aux enfants d’école, à l’époque de la visite de l'inspecteur. C’est à cette distribution de livres de prix que faisait allusion la proposition soumise au Comité; or, les petits in-16 que l’on distribue ainsi ne sont appréciés des enfants que par les couleurs voyantes de la reliure, et les inspecteurs avaient exprimé alors l'opinion qu’il vaudrait mieux consacrer cet argent à l'acquisition d'ouvrages utiles pour la bibliothèque de l'école plutôt que de donner aux élèves des livres sans valeur et dont ils ne retiraient aucun profit.

Le Comité catholique a depuis réitéré inutilement sa demande de fonder des bibliothèques scolaires et n’a pu obtenir l’acquiescement du gouvernement.

Le Comité adopta un autre projet très efficace et très favorablement apprécié par les membres du corps enseignant. Il pria le g"i1vernement de distribuer gratuitement à chaque école l'Enseignement primaire, importante revue pédagogique rédigée par M. C.-J. Magnan, aujourd’hui inspecteur général des écoles. Ce journal est envoyé mensuellement à chaque titulaire d'école et reste la propriété de la commission scolaire. Par l'excellence de ses principes chrétiens, cette publication exerce un véritable apostolat et la lecture en est recherchée par ceux qui s'occupent des choses de l'éducation. La revue entretient aussi chez les éducateurs de nos enfants, la flamme du patriotisme en leur rappelant qu'ils doivent puiser leurs inspirations dans la religion et aux sources vivifiantes de notre histoire nationale.

Toujours animé du même désir de favoriser le développement intellectuel des maîtres et des maîtresses de classe, le Comité institua, dans les divers diocèses de la province, des congrès pédagogiques annuels dont le gouvernement paye les dépenses. Avec la haute approbation de l’évêque et sous la présidence du Surintendant, le con-

grès a lieu durant les vacances d'été dans l’un ou l’autre des diocèses. Les congressistes se réunissent dans la ville épiscopale, sont les hôtes de l’un des couvents de la localité et reçoivent des religieuses une hospitalité aussi bienveillante que généreuse. Aux institutrices laïques se joignent de nombreuses délégations de sœurs des maisons d'enseignement du diocèse, et toutes profitent des conférences que leur donnent des professeurs d'expérience. Ces congrès ont eu de précieux résultats. Ils ont tout d’abord exercé dans les districts ruraux une influence salutaire sur l'opinion publique en démontrant aux commissions sColaires et aux pères de famille l’importance que l'Église et l'État attachent à la diffusion et au perfectionnement de l’Instruction. Ils ont aussi relevé aux yeux des congressistes même l'importance des fonctions qu’elles exercent. Les jeunes filles voyant de plus près l’abnégation, la vie exemplaire et l’affabilité des femmes distinguées qui les reçoivent, et les égards empressés qu’elles leur prodiguent, sentent se développer en elles des idées plus sérieuses, un désir plus vif de remplir avec exactitude leurs devoirs d’institutrice, et, au contact des religieuses, leur cœur éprouve une affection plus raisonnée pour les petits enfants dont la vie intellectuelle leur est confiée. Dans l'asile de douce quiétude qu’elles habitent momentanément, elles retrempent donc leur courage et respirent un parfum de vertus dont elles gardent un inaltérable souvenir.

Un jour quelqu'un nous disait: Étant donné le fait que le grand nombre des institutrices laïques ne restent qu’un court espace de temps dans l’enseignement, ces congrès ne produisent-ils pas qu’un effet momentané ? Il est vrai, avons-nous répondu que, généralement parlant, ces jeunes personnes n’enseignent que durant peu d'années, mais il nous semble que circonscrire ainsi au

temps seu! du professorat les bons effets des réunions pédagogiques, serait à tout le moins peu conforme à la réalité. Les institutrices qui cessent de faire la classe et se marient ne perdent pour cela ni le charme, ni la mémoire des impressions vivifiantes du congrès auquel elles ont assisté. Étant au fait des méthodes d'enseigner, elles peuvent apprécier mieux que beaucoup de femmes qui n’ont pas eu le même avantage qu’elles, l'importance d’une bonne éducation. Devenues maîtresses de maison, ces mères de famille instruites sont alors plus habiles à préparer leurs enfants à la vie scolaire et, par l’enseignement maternel, eiles assurent plus efficacement à l’école le succès des études. *

Depuis l'inauguration de ces congrès diocésains 6000 institutrices religieuses enseignantes et maîtresses laïques ont assisté à ces assises pédagogiques. C’est dire que ce dernier chiffre comprend déjà en ce moment un très grand

nombre de mères de familles qui auront des aptitudes plus qu’ordinaires pour participer au progrès de l'instruction non seulement au foyer domestique, mais même au sein des paroisses qu’elles habitent.

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