ENSEIGNEMENT SPÉCIAL DES BEAUX ARTS
Le conseil des Arts de la province de Quéhee, Médaille d'argent
trices. Sur proposition de M. Masson, ce minimum fut fixé à cent piastres, outre le logement à l’école. ! La somme fixée était peu élevée sans doute, mais, dans plusieurs paroisses, le traitement des institutrices n’atteignait pas encore ce chiffre, et il fallait procéder avec prudence, fin de ne pas soulever les susceptibilités. Le gouvernement Marchand qui venait de gravir les degrés du pouvoir sanctionna volontiers, par arrêté ministériel du 13 septembre 1897, la décision du Comité. Mais aussitôt que la nouvelle s’en fut répandue à l'extérieur, certains courtisans de popularité, voire même des députés de l'assemblée législative, mirent tout de suite en jeu de fortes influences politiques pour faire reviser cette approbation et, quatre mois après, le 20 janvier 1898, | un second décret révoqua le premier et mit à néant la | décision du Comité catholique. ? | A sa réunion du printemps suivant * celui-ci tenta un nouvel effort en fixant le même minimum de salaire que | l’année précédente, et recommanda que la subvention | scolaire soit retranchée à toute municipalité qui ne se | conformerait pas à cette décision, mais avec la réserve que “ce règlement ne serait pas appliqué aux écoles pauvres et réputées telles par le Comité.” C'était encore trop pour certains meneurs politiques et le gouvernement, cédant à leur pression, refusa de sanctionner la. mesure. Une troisième tentative pour le même objet eut lieu sept années plus tard, en mai 1905. Le Comité, sur la demande de l'archevêque de Montréal, du juge Langelier et de M. Crépeau adspta la motion suivante: “Vu l’insuffisance reconnue du salaire des instituteurs et des institutrices dans un grand nombre de localités, ce comité
1 Séance de mai 1897.
2 Dossier no 1033/97 du département de l'instruction publique
5 Séance de mai 1898.
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réitérant sa demande du 11 mai 1898, exprime l'opinion que le ininimum de ce salaire pour tout instituteur et institutrice devrait être élevé jusqu'à un montant raisonnable. Il prie en conséquence le gouvernement de vouloir bien prendre les mesures nécessaires pour fixer ce minimum et le rendre obligatoire.” Le conseil des ministres refusa une fois de plus d’exaucer ce vœu.
Après ces trois tentatives infructueuses, le Comité chercha le moyen de vaincre l'obstacle en le contournant et recommanda au &ouvernement, sur proposition du surintendant, d’accorder, d'après le rapport de l’inspecteur d’écoles, une prime d’encouragement aux cinq municipalités scolaires les plus méritantes de chaque district d'inspection. Les points à considérer pour apprécier les mérites qu'il s'agissait de récompenser portaient sur l’état de la maison et du mobilier, le progrès des élèves, le chiffre du traitement des maîtres et des maîtresses, et la prime devait être refusée aux municipalités dans lesquelles ce traitement serait inférieur à cent dollars. Cette proposition équivalait à l’organisation d’un concours entre les commissions scolaires d’un district, afin de constater quelles étaient celles qui faisaient le plus d'efforts pour l’amélioration de leurs écoles et le succèc de l’enseignement. En réalité, ii ne s'agissait pas À vrai aire de récompenser les municipalités qui obtiendraient le plus de points lors de ce concours annuel, mais celles qui, comparativement à l’année précédente, auraient gagné le plus grand rombre de points. Le cabinet acquiesça définitivement à cette recommandation et allota une somme de 810 000 qui serait distribuée en prix de $60, de $5C, Le $40, de $35 et de $30. En peu d’années, cette mesure produisit l'excellent effet de foire hausser peu à peu les salaires, de stimuler le zèle des commissaires d’écoles et de hâter le progrès de l'éducation en ranimant le courage des
institutrices.: Dans sa constante sollicitude pour le corps enseignant, le comité catholique s’efforça ensuite d'augmenter les avantages que pouvait procurer aux maîtres et maîtresses le logement mis gratuitement à leur usage, dans la inaison d'école, par la municipalité. L'entretien et le chauffage des classes durant la saison froide étaient très souvent une cause d’ennui et même de dépenses pour les institutrices. Dans la plupart des arrondissements scolaires, on les obligeait fort parcimonieusement à fournir le combustible et à nettoyer la maison. Maintenant le règlement oblige les commissaires à tenir l'appartement en état de propreté et à pourvoir au chauffage des pièces servant de classe et de résidence à la maîtresse et à l’instituteur. L'évaluation en argent de ces avantages, ajoutée au traitement, contribue à augmentation de la pension de retraite.
Les programmes d’études des écoles primaires ont été l’objet des préoccupations réitérées du Conseil de l'instruction publique. On a vu précéderument qu'aux premiers temps de sa formation, la section catholique avait recherché les moyens d'élever le niveau de l’enseignement en imposant aux aspirants aux diplômes des examens plus complets et plus sérieux que ceux qui avaient jusqu’alors été exigés, et en établissant des règlements pour la gouverne des bureaux d’examinateurs. Elle perfectionna par intervalles les programmes à mesure que les besoins de l'éducation le requéraient. C’est ainsi que le conseil décréta en 1871 l’enseignement théorique et pratique de l’horticulture aux écoles normales de gar çons; qu’en 1873, il établit une meilleure classification des écoles en assignant aux degrés du cours qui était de quatre
‘ ans, une durée de huit ans. Plus tard, il fit faire une
1 Arrêté ministériel du 30 novembre 1905.
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revision complète des Programmes. De son côté et en même temps, la section protestante remaniait ses programmes qui, sauf quelques détails, sont identiques à ceux des catholiques, la classification des écoles primaires étant la même pour les deux dénominations religieuses.
En 1903-4, eut lieu la revision la plus soignée et la plus complète des Programmes catholiques. Elle était devenue d’autant plus nécessaire que les directions pédagogiques qui en sont le complément avaient besoin d’être remaniées et de contenir des explications plus détaillées pour mieux guider les instituteurs et les institutrices.
Le comité catholique constitua un sous-comité de revision dont firent partie les archevêques Duhamel, Bégin et Bruchési et MM. Langelier, Gouin, Crépeau, Stevenson et le surintendant, Asa première réunion qui eut lieu à Montréal, le sous-comité choisit pour rédiger le travail de refonte M. l’abbé: Dauth, éducateur distingué qui est devenu depuis vice-recteur de l’université Laval à Montréal.
En même temps, le sous-comité s’occupa aussi des Programmes d’études des écoles normales, lesquels n’avaient jamais été soumis à l'approbation de l’autorité, la répartition des matières de classe dans les différents Cours ayant été laissée jusque-là à la discrétion de chaque principal. Le comité de revision, pénétré de l'importance de l’unité d'action qui doit exister entre ces diverses institutions, crut devoir adopter le prinripe de l’assimilation de leurs Programmes. L'un des motifs qui inspirèrent cette décision, ce fut la certitude que l’on avait de la fondation prochaine de plusieurs autres écoles normales de filles. Il était désirable en effet que la matière de l’enseignement fut la même dans ces maisons d'éducation. Il n'existait alors que cuatre écoles normales dont deux pour les Barçons, et on crut avec raison que l’uni-
formité des programmes serait plus facile à établir dans des écoles nouvellement ouvertes, où les habitudes ne sont pas encore formées et où les différences d'opinions sont moins accentuées, que dans des maisons de dates anciennes. En conséquence, les principaux des écoles normales Laval et Jacques-Cartier furent invités à étudier la question et à faire connaître leur opinion avant Noël 1903. Ces messieurs, dont les vues semblaient ne pas toutes s’accorder, ayant demandé dans un document collectif un temps plus long pour leurs études, le sous-comité leur adjoignit M. le chanoine Dauth et M. l'abbé Lindsay. Cette commission devait fixer les débats et l'assimilation projetée, puis établir, s’il y avait lieu, un mode d'examen final commun à ces institutions et par ce moyen, développer entre les écoles de pédagogie un esprit d'émulation salutaire.
La question de l’uniformité des programmes souleva desobjections. On prétendit que, dans les écoles normales de garçons, ces programmes différaient tellement d’une maison à l’autre dans leur rédaction, surtout dans la distribution des matières de classe d’après les années du cours, que leur assimilation présentait des difficultés insurmontables. Cette assertion ne put être acceptée, car, en examinant minutieusement les matières communes et celles qui ne l’étaient pas dans les mêmes cours, on arrivait à la conclusion que les différences n’étaient que de légère importance.
Le sous-comité discuta aussi l'opportunité d'établir un mode d'examen uniforme pour l'obtention des diplômes, au moins en ce qui concerne les matières fondamentales du cours, les principaux devant s'occuper eux-mêmes et d’après leur expérience personnelle de la répartition des matières complémentaires dont la connaissance plus
ou moins parfaite chez l'élève peut servir de critérium pour juger ses aptitudes pédagogiques.
Quoi qu’on ait pu dire il n’y avait rien d’étrange ni d’odieux pour les professeurs des écoles normales dans la proposition d'organiser cet examen final sur le mode de l'examen du baccalauréat universitaire. Les règlements scolaires qui étaient alors en vigueur renfermaient du reste un article, le 79e, qui, dans un certain sens, reconnaissait le principe d’un jury spécial d'examen. L’article se lisait comme suit: “Les brevets seront accordés par le surintendant sur le certificat d'étude du principal et d’après un examen qu’il pourra faire subir lui-même à l'élève muni du certificat, ou que celui-ci subira devant les examinateurs nommés par le surintendant.” La question d’un bureau d’examinateurs spécial aux écoles normales s’imposait à l'attention du sous-comité; d'autant plus que le surintendant n'avait jamais usé jusqu'alors du privilège que lui conférait le règlement et qu’il regardait comme trop difficile d'exécution. Quoi qu’il en soit, le comité de refonte n’en arriva à aucune décision sur la création d’un bureau spécial d’examinateurs, mais l’article 79 que nous venons de citer fut modifié de manière à relever le surintendant d’un attribut qui pouvait donner lieu à des difficultés, voire même à des conflits qu’il importait d'éviter. !
Après deux ans, les principaux présentèrent le résultat de leur travail; cependant le sous-comité demanda aux membres du comité catholique “de revoir et de modifier le projet du programme d’études qui leur était soumis afin de préciser plus nettement ce qui devait constituer l’enseignement particulier à chacun des cours élémentaire,
! L'article 79 fut remplacée par l’article 208 des règlements refondus de 1906 #
moyen et particulier et de fuire une répartition plus complète des matières correspondant à chaque degré de ce cours.” A ce propos, les principaux de Laval et de Jacques-Cartier prièrent qu'on leur donnât un nouveau délai pour achever leur uvre, et ce n’est qu’en septembre 1905 que le Comité catholique put enfin adopter le programme actuel des écoles normales.
On a raison de dire que les réformes, utiles ou nécessaires, ne s’opèrent pas sans efforts; elles soulèvent des questions diverses dont la solution ne s'obtient que grâce au concours des bonnes volontés pour les décider non pas à un point de vue parii:vlier, mais dans l'intérêt général des institutions qui sont appelées à bénéficier des changements ou des modifications auxquels on s'arrête.