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CHAPITRE QUATORZIÈME

L'ENSEIGNEMENT MÉNAGER ET Nos ÉCOLES MÉNAGÈRES.

Le Comité catholique s'est très activement occupé du mouvement qui se manifeste dans notre pays comme à l'étranger en faveur de l’enseignement des différentes branches de l’économie domestique dans les écoles. Il a voulu que cet enseignement s’organisât d’une manière méthodique, en même temps que pratique, et sur une base qui offrirait des garanties de stabilité, afin d'en assurer le succès.

Avant de faire connaître le résultat des délibérations du Comité sur ce sujet, il nous semble opportun de faire quelques remarques sur la question dont il s’agit et sur les raisons qui en démontrent l'importance

C’est M. Étienne Lamy qui écrit “qu’au temps présent l'instruction des femmes est passée au rang d'intérêt public. Leur culture est devenue la sollicitude de toute puissance enseignante, et sur la nécessité de cette éducation sont d’accord l’Église et l'État.”

De fait, l'éducation des femmes est l’un des graves problèmes du jour. L'évolution naturelle des habitudes, l'esprit novateur et les aspirations du siècle présent tendent à donner à l'existence féminine une orientation nouvelle. Le nivellement de plus en plus accentué des classes de la société, le progrès de l’industrie avec le nombre croissant des usines et la substitution des machines

à la main-d'œuvre ont apporté de profonds changements dans les conditions de vie des familles ouvrières; ils ont modifié les relations quotidiennes des parents et des enfants, même au point de vue du charme et de la douce tranquilité de la maison paternelle. Ces transformations sociales se remarquent particulièrement dans les centres populeux où il y a urgence, plus qu'ailleurs, de faire donner à la jeune fille les notions d'économie domestique qu’elle peut difficilement acquérir aujourd’hui chez elle. C'est la raison pour laquelle des personnes désireuses de conserver au domicile familial toute sa vitalité et à la mère de famille sa suave et puissante influence sur les enfants que Dieu lui a donnés, s'appliquent à réagir contre les effets plus ou moins pernicieux de la présence d'un grand nombre de jeunes personnes dans les manufactures, car cet état de choses, en éloignant pendant de longues heures les enfants de la maison paternelle et en les soustrayant à la surveillance constante de leurs parents, sont un danger pour les bonnes mœurs et souvent la cause que la jeune fille, obligée de passer la journée à l'usine, ne peut recevoir de sa mère une connaissance suffisante de ce qui est indispensable à la bonne tenue d’un ménage. Comme le disait Madame Jean Brunhes du congrès de Fribourg: ‘‘les jeunes filles apprennent à gagner de l’argent sans apprendre à le dépenser, à le dépenser d’une manière utile et pour le bien-être de ceux qui les entourent.”

L'enseignement ménager est de nécessité chez les familles aisées aussi bien que chez celles qui ne le sont pas. Dans les premières, il y a même des femmes à l'esprit superbe qui, d’extraction modeste et après être parvenues à la richesse, poussent l'oubli de leur origine jusqu’à regarder les travaux domestiques comme une déchéance et laissent grandir ieurs filles dans une ignorance dépiorabie

des obligations que leur ‘mposera le rôle de maîtresse de maison.

D'autre part, parmi les personnes qui sont employées cotme servantes, il est facile de constater que plusieurs n’ont qu’une connaissance insuffisante de l’art culinaire ou peu de savoir-faire en fait de travaux de ménage. Elles semblent n'avoir reçu dans leur famille ni préparation, ni direction sérieuse. “Plus riches en salaires que la génération précédente et plus pauvres de fait,” un assez grand nombre ignore l'obligation qui lui incombe de remplir fidèlement sa tâche journalière.

C'est avec l’idée généreuse d'améliorer les conditions de vie chez le peuple et de trouver une solution à certaines difficultés économiques du jour que divers pays ont réuni des congrès auxquels ont pris part, avec un zèle digne d'approbation et beaucoup de sens pratique, des hommes et des femmes des rangs élevés de la société, versés dans l'étude de la question qui nous occupe.

Le premier congrès internationa d'enseignement ménager fut celui tenu en 1908 à Fribourg, en Suisse, et dont le succès dépassa les prévisions les plus optimistes. Les gouvernements européens y avaient envoyé des représentants et les travaux discutés dans cette remarquable réunion jetèrent beaucoup de lumière sur l’intéressante question sociale dont il s’agit. Les congressistes ne s’attardaient pas à pérorer sur la nécessité de cet enseignement, car d'avance ils en étaient convaincus, mais ils en étudièrent les méthodes d'application dans les différents pays. C'est en cela surtout que le congrès obtint un si fécond résultat. Les vœux qu’il adopta définitivement peuvent servir de dire: en deçà comme au delà de

l’Atlantique et constituent ce que l’on appelle “le syllabus de l’enseignement ménager.” :

Dans notre jeune pays où les grandes fortunes sont rares, où chaque maîtresse de maison doit s'occuper de ménage et peut être obligée de passer du salon à la cuisine pour surveiller les travaux culinaires, l'intérêt de la famille demande que la jeune fille reçoive l’enseignement pratique dont elle a besoin pour administrer sagement le budget domestique. C’est à quoi tendent, depuis quelques années, les efforts de plusieurs de nos maisons d’éducation.

Il y a à peine 25 ans que l’enseignement ménager fut inauguré en Suisse pour être ensuite introduit en Belgique, en France et en Angleterre. Depuis cette époque, on a fait d’énergiques efforts pour procurer à la jeunesse féminine cette utile instruction, au point que sept ans après la fondation de la première école ménagère en Belgique, ce pays comptait 245 écoles du genre, fréquentées par 9000 élèves. “En Belgique, disait-on, on a compris que la désertion des campagnes est causée surtout par le défaut de femmes de ménage rurales, et l’on a cherché à rémédier à cette pénurie.” Combien, n’est-ce pas, il est à l'honneur de la province de Québec d’avoir, devançant l’Europe, été le premier pays qui ait inauguré cet enseignement. Et cette généreuse et patriotique initiative, notre province française la doit aux religieuses Ursulines de Québec. En 1882, sept d’entre elles quittaient le vieux monastère pour aller fonder sur les rives du lac Saint-Jean, dans la belle région du Saguenay, une maison d'éducation destinée à

1 Les mémoires en différentes langues et les délibérations du congrés ont été réunies en 2 volumes ayant pour titre: Congrès international d'Enseignement ménager, Fribourg (Suisse) 1908.

Cet ouvrage abonde en renseignements utiles et devrait se trouver dans toutes les bibliothèques des écoles ménagères.

donner un cours classique aux jeunes filles de ce grand territoire et, en même temps, un cours d'économie domestique pour leur enseigner la bonne tenue d’une maison, l’art de filer, de tisser, de coudre, etc. Roberval fut l'endroit choisi pour recevoir la nouvelle fondation et commencer l’œuvre que les dévouées religieuses avaient le dessein de réaliser.

Treize ans plus tard, le gouvernement de la province, pénétré de l'importance de l’enseignement ménager que l’on donnait dans ce couvent, voulut seconder les efforts des Ursulines et le ministre de l’agriculture d’alors, l’honorable M. Louis Beaubien, les aida à construire une maison plus spacieuse et à donner ainsi plus d’essor aux ateliers ouverts en 1882 Une ferme fut même attachée à l'institution pour agrandir encore le champ d'instruction de la jeunesse qu’il s'agissait de former.

Un agronome distingué, M. J. Ch. Chapais, parlant de cette école ménagère et de son programme d’études, disait dans une conférence: “En se munissant de ces connaissances, la jeune fille de cultivateur deviendra capable de rendre moins onéreux pour rlle et pour les autres les travaux qui sont de son domaine et surtout de rendre la maison plus agréable à habiter, la vie plus douce à mener. Son ambiticn ne sera pas d'atteindre à une position autre que la .i:nne, mais de rendre enviable aux autres celle qu’elle sait faire à elle-même et aux siens. Voilà ce qu’une fille élevée de cette manière procurera à la maison qui a le bonheur de la posséder comme maîtresse. Voilà le type de la femme ménagère que l’on cherche, à l’époque où nous vivons, à former dans tous les pays où l’on souffre du fait que la femme, sous le souffle des idées nouvelles, et sous prétexte de suivre les règles d’un code de principes modernes et étrangers appelé féminisme, cherche à se masculiniser en tous points. Voilà le type

de la femme qui existait partout dans notre province, mais qui tend vite à disparaître sous l'influence d’un système d'éducation qui pêche par bien des points et qui est d'autant plus difficile à réformer que, dans certains quartiers, il est le résultat de notre excellent ancien système modifié petit à petit pour satisfaire aux exigences des idées modernes que nous venons de mentionner et que, comme tel, on le considère comme l'un des plus beaux fruits de la civilisation actuelle.”

En 1905, fut inauguré à Saint-Pascal, dans le comté de Kamouraska, une autre école ménagère sous la direction des sœurs de la Congrégation de Notre-Dame. Le curé du lieu, M. A.-A. Beaudet, en fut le fondateur et n’a cessé depuis de dévouer ses efforts au développement des études classico-ménagères. Le Programme d’études de cette maison est “le mélange intime du cours classique et de l’enseignement ménager dans toutes ses ramifications.””

Il n’est pas sans intérêt de remarquer que nous devons l'établissement des premières écoles ménagères de notre province aux deux plus anciennes communautés congréganistes du Canada, aux dignes filles des vénérables Marie de l’Incarnation et Marguerite Bourgeois, C’est de bon augure, car ces instituts, dans leur sphère d'influence, ont coopéré, dès l’origine de la N ouvelle-France, à l’affermissement de la race française sur le continent d'Amérique et de la foi religieuse de nos aïeux. Par leurs traditions trois fois séculaires, leurs enseignements et leur devouement incessant, elles ont formé ces générations de femmes viriles qui ont su conserver au foyer familial sa douce

et féconde vitalité et faire du Canada une terre de prédilection,

A ces institutions, les plus anciennes en date, sont venues s'ajouter d’autres communautés du même genre qui, animées du même souffle religieux et national, travail-

lent, elles aussi, à l'œuvre commune au sein de nos villes et de nos campagnes. C’est ainsi que 1 Hôtel-Dieu de Saint-Valier, de Chicoutimi, possède une école ménagère où des eunes filles orphelines appartenant à des familles dénuées de ressources suivent parallèlement leur cours primaire et un cours d'économie domestique d’une durée de quatre ans. Le couvent donne la pension, le vêtement à ‘a plupart d’entre elles et jusqu'aux livres de classe. Les enfants de 10 à 12 ans apprennent la couture, les tricots, s’exercent aux divers travaux du ménage et reçoivent les premières notions de la culture potagère. Les filles de 12 ans et plus cultivent un jardin spacieux et sont employées par groupe, chacune leur tour, à la laiterie et à la basse-cour. Elles reçoivent des leçons de coupe et de dessin et s'occupent de la confection des vêtements et des articles de literie. L'art culinaire est enseigné d’une manière économique et pratique, plus particulièrement au point de vue d’une famille de condition peu fortunée Quelques élèves, sous la direction d’une infirmière, préparent aussi des remèdes et sont associées dans une certaine mesure aux soins des malades de l'hôpital.

La ville de Montréal éprouvait de son côté le besoin de voir se répandre l’enseignement ménager au profit surtout des classes ouvrières de cette grande cité industrielle. Pour correspondre à ce désir, la section féminine de la Société Saint-Jean-Baptiste fonda, en 1904, une association destinée à promouvoir l'établissement d’écoles ménagères par toute la province. La législature octroya à la nouvelle société une charte sous le nom corporatif de “Les écoles ménagères provinciales,” et lui donna tous les pouvoirs conférés aux corporations civiles par la loi du

pays. !

! Statuts de Québec 1900, chap. 93, p. 322.

Le siège social de la société est fixé à Montréal. La gestion des affaires est confiée à un conseil d’administration et à des commissaires qui ont le droit de faire les règlements requis pour assurer l'exécution de la loi, entre autres le règlement concernant l'octroi de diplômes de maitresses d'enseignement ménager. Les privilèges accordés à la société sont tels que le bureau d'administration peut, par une simple décision et sans recourir à l’approbation du Bouvernement, établir des écoles ménagères partout où il le voudra dans la province. Le choix des professeurs lui appartient; ses programmes d’études n’ont pas besoi: de la sanction du Conseil exécutif et, de la sorte, le. seignement donné dans les écoles de l’association n’est apparemment soumis à aucun contrôle public. Cette corporation jouit donc d’une indépendance quasi absolue, plus complète que celle du Conseil de l’Instruction publique ou de ses Comités, puisque les nominations de professeurs d'écoles normales qu'ils sont appelés à faire et les programmes d’enseignement qu'ils adoptent ont besoin, pour avoir force de loi, de la sanction du

lieutenant-gouverneur et de ses ministres.

En fondant cette association, les dames patronesses de la Société Saint-Jean-Baptiste ont fait preuve de beaucoup de zèle et d'esprit d'initiative et ont agi avec un désintéressement louable en s’imposant la tâche ardue de travailler au maintien à Montréal d’une école ménagère dont l'utilité est évidente dans une grande ville. L’'enseignement qui se donne actuellement dans cette maison consiste en cours de cuisine, de coupe, de couture et de broderie.

D'autre part, la population protestante de la province possède au superbe collège MacDonald, à Sainte- Anne de Bellevue, une école ménagère agricole désignée sous le nom de School of household science. On y ensei-

gne l’histoire naturelle, la bactériologie, la biologie, la chimie, la physique, le soin de la laiterie, ete. Les jeunes filles sont admises au Cours ménager à l’âge de 18 ans.

L'établissement de ces utiles institutions a été salué partout avec un grand sentiment de satisfaction. Depuis quelques années, la Bouvernement a donné des subventions à cinq des plus importantes, celles de Roberval, du collège MacDonald, de Saint-Pascal, de Montréal et de Sutton, et, en 1912, trente-neuf Couvents ont reçu ne subvention spéciale pour leur permettre d’organise- l’enseignement ménager et de se Procurer l'outillage nécessaire à cette fin.

En prévision de l'avenir et en présence des fondations pleines de promesses des premières écoles ménagères, le | Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique ne pouvait rester simple spectateur. Aussi, «à 1909, il mit à l'étude l’importante question de l’enseignement ménager, afin de donner à nos écoles de filles une orientation efficace dans l’œuvre de transformation de leur cours d’études que plusieurs d’entre elles se proposaient d'accomplir. Cette transformation, c'était la réalisation du vœu de l’ancien évêque des Trois-Rivières, Mgr Lafièche, lorsqu’à l’inauguration des édifices agrandis de l’école ménagère de Roberval, en 1895, parlant de la mission de la femme dans la famille, il exprima le souhait que tous les couvents de COS Campagnes devinssent des écoles ménagères

Désirant obtenir de complets renseignements sur la marche à suivre, le Comité catholique nomma un comité spécial pour étudier quelle serait la meilleure organisation à donner aux écoles ménagères des villes et des campagnes de la province et Préparer un programme d’enseignement ménager qui pourrait se combiner avec celui du

cours classique des écoles primaires.! Il choisit comme membres de ce comité la mère Saint-Stanislas, supérieure de l’école ménagère agricole de Roberval, l4 sœur Ste- Marie-Vitaline, directrice de l’école classico-ménagère de Saint - Pascal, mademoiselle Antoinette Gérin-Lajoie, diplômée de Fribourg, institutrice d'enseignement ménager à l’école Marchand de Montréal, et le Surintendant. Ces femmes d’expérience acceptèrent la mission qu’on leur confia et rédigèrent un programme d’études à l’usage des maisons d’éducation qui auraient l’intention de faire marcher de pair l’enseignement classique et l’enseignement ménager.

Ce projet de programme fut soumis au Comité catholique qui l’approuva sans vouloir toutefois l’imposer aux écoles. Il en permit seulement l’application, remettant à plus tard, après expérience faite, de prendre une décision quant à sa ratification définitive.? En effet, ce n’est que quatre ans après, en février 1915, que ce programme reçut son approbation définitive.

En 1912, le Comité catholique reprit l'examen de la question avec l'intention de donner à l’enseignement ménager une direction propre à en assurer l’œuvre en évitant de la compromettre par des demi-mesures ou par trop de hâte à vouloir en poursuivre le but.

Donner à un couvent ou à une école laïque le nom d'école ménagère ne suffit pas. Il faut aux institutrices, chargées de set enseignement, des études théoriques sur les matières du cours et beaucoup de pratique. Comme on l’a dit ailleurs, on ne s’improvise pas maîtresse d’école ménagère, pas plus qu’on ne pourrait, sans formation spéciale, s’improviser professeur d’histoire ou de mathé-

1 Séance du 11 mai 1910.

? Séance du 10 mai 1911.

matiques. Il y avait bien aussi à craindre dans les sphères gouvernementales les influences politiques et un désir trop ardent de popularité Personnelle qui se substituent quelquefois à la prudence et retardent le succès d’une œuvre.

Le Comité catholique, dont les vues s’harmonisaient avec les vœux exprimés par le congrès international de Fribourg, conclut à la nécessité de procurer le plus tôt possible un enseignement normal ménager aux personnes qui se destinent à cette carrière, et recommanda au &ouvernement de reconnaître comme écoles normales ménagères les couvents de Roberval et de Saint-Pascal. :

En même temps le Comité approuva le programme d’études des écoles normales ménagères qui lui fut soumis et, à la demande de l’école ménagère de Siant-Pascal, il recommanda que “le programme d’études classiques des écoles normales ménagères pour l'obtention des brevets

de capacité des élèves maîtresses soit le même que le Programme d’études des écoles normales primaires de filles.”

C'était par là vouloir accorder aux écoles normales ménagères le double Pouvoir de décerner des diplômes de

! Il peut être intéressant de citer les desiderata du congrès de Fribourg, Concernant les écoles normales ménagères.

1° L'enseignement ménager ne doit être confié qu’à une Mattresse qui a reçu une formation spéciale dans une école normale établie à cet effet.

2° L'école normale ne doit adm filles aya

une année au moins.

la fois théorique et pratique.

Les leçons à l'école normale ménales lois psychologiques et

ibourg. Vol. 2, p. XI.

maîtresses ménagères et d’institutrices primaires, et les placer, dans l'opinion de plusieurs éducateurs, dans une position plus avantageuse que les écoles normales primaires qui n’ont pas le pouvoir d’octroyer des diplômes d'enseignement ménager. Aussi, la proposition de confier un tel avantage aux futures écoles normales ménagères retarda leur établissement immédiat, car nos institutions pédagogiques de filles y étaient opposées. De son côté, le gouvernement n'étant pas prêt à accepter la demande, temporisa. Ce ne fut que treize mois plus tard qu’il consentit, après de spéciales sollicitations, à reconnaître l’institution de Saint-Pascal comme école normale clässicoménagère, remettant à plus tard à statuer sur la demande du Comité catholique de donner à l’ancienne et importante école ménagère agricole de Roberval le même titre d'école normale ménagère. !

Subséquemment, le Comité autorisa les écoles ménagères de Roberval et de Saint-Pascal à donner, durant les vacances d'été, des cours d’enseignement ménager aux religieuses des différentes congrégations et aux institutrices laïques diplômées pur leur permettre d'étudier les matières du cours d'économie domestique et de s'initier pratiquement à cet enseignement spécial. Les personnes qui, après un stage de deux à trois étés consécutifs dans ces maisons d’enseignement et après examen, justifient de leur compétence en science.ménagère, reçoivent des brevets de capacité revêtus de la signature du Surintendant de l’Instruction publique.

Réjouissons-nous de l'élan qui se manifeste dans les campagnes et les centres urbains en faveur des maisons d'enseignement ménager. Ces foyers intellectuels feront œuvre utile. La jeune fermière y recevra une formation

1 Arrêté en conseil de juin 1913.

convenant à son état et susceptible d’assurer à notre classe agricole une ère de bien-être et de confort, et la tisserande de nos usines, les employées de nos magasins, en prenant la tête d’une famille, auront la préparation propre à en faire des femmes d'intérieur.

Perpétuant ainsi dans l’âtre ancestral le feu qu’avivaient nos aïeules, les mêmes principes d’ordre à la maison, l'antique hospitalité et les mêmes vertus familiales continueront à subsister et assureront la survivance de nos chères traditions nationales.

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