‹ Le Conseilde l'instruction publique et le Comité catholique [microforme]Chapitre 5 sur 37 · VU · texte numérisé non relu

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fut transmise par le gouvernement au Conseil de l'Instruction publique qui la rejeta, en s'appuyant sur des considérations imprégnées d'un grand sens chrétien. Il ne s'agissait, il est vrai, que d’un livre en particulier, mais le conseil profita de l’occasion offerte par M. Graham pour affirmer le principe qu’un livre de lecture où même d'histoire et de géographie doit contenir ‘“‘un enseignement “général et pratique des connaissances nécessaires à l'hom- “me, à quelque croyance religieuse qu’il appartienne pour “bienremplirses devoirs envers Dieu et envers la société.” !

1 Voici la résolution du conseil adoptée sur proposition du juge L.-V. Sicotte appuyé par M. J. Crémazie: “Tout en admettant que l'intention de la loi est de laisser aux ministres des divers cultes le choix des livres traitant spécialement et exelusivement de religion et de morale, ce conseil n’a point compris et ne comprend pas que tout livre approuvé par le conseil ne doive rien contenir qui ait rapport à la religion ou à la morale ce qui de fait serait impossible, et regrettable si la chose était possible.

Considérant au contraire que tous les livres de lecture gradués et même d'histoire et de géographie qui ont quelque valeur ont une tendance morale et religieuse, par la résolution du quinze février mil huit cent soixante, laquelle a été approuvée par son Excellence le gouverneur général en conseil par ordre n date du 24 mars de la même année, le conseil a établi trois diverses catégories de livres : 1° ceux qui sont approuvés sur la recommandation des membres catholiques du comité des livres; 2° ceux qui sont approuvés sur la recommandation des membres protestants de ce même comité: 3° enfin ceux qui sont approuvés sur la recommandation de tout le comité; l’objet de cette division étant de mettre les commissaires d'écoles, les instituteurs et les parents au fait de la tendance religieuse des livres approuvés.

Que ce n’est aucunement l'intention du conseil d’exclure par l'approbation donnée aux livres des deux premières catégories, ceux ayant spécialement rapport à la religion et à la morale, qui pourraient avoir été ou pourraient être introduits dans les écoles par les ministres des divers cultes pour l'usage des élèves de leurs cultes respectifs et encore bien moins d'imposer le livre dont on se plaint spécialement aux élèves de croyances protestantes: 4° Que ce livre est depuis très longtemps en usage comme livre de lecture dans presque toutes les écoles catholiques du Bas-Canada, qu’il n'a été approuvé que comme faisant partie des livres de la première catégorie ci-dessus indiquée et bien qu’il renferme plusieurs chapitres sur des matières de dogme et de morale traitées au point de vue catholique il contient un enseignement général et pratique des

Au cours de ses délibérations, l'opinion que dans l'intérêt de notre serait désirable que le surintendant visitât prochainement l'Europe afin d'étudier les systèmes d'instruction et les méthodes suivies dans les pays d'outre-mer, et de les comparer avec les nôtres. Le Bouvernement ayant donné son assentiment au vœu du conseil, M. Chauveau traversa l'océan et Parcourut l'Irlande, l'Écosse, l'Angleterre, l'Italie, la Belgique et une partie de l'Allemagne. Outre les jouissances intellectuelles qu’éprouva, au cours de son voyage, le distingué surintendant dont on sait les talents remarquables comme orateur et comme écrivain, il eut l'avantage de connaître des éducateurs de grande renommée, de visiter nombre de musées et de bibliothèques et de recueillir d’utiles renseignements. C’est même à ce voyage d'études que nous devons le livre si intéressant l’Instruction publique au Canada que publia M. Chauveau, en 1876.

Nous ferons ici l'observation que les gouvernements font œuvre utile lorsqu'ils favorisent l'envoi à l'étranger

le conseil exprima régime scolaire il

connaissances nécessaires à l'homme à quelque croyance religieuse qu'il appartienne pour bien remplir ses devoirs envers Dieu et envers la société, 5° Résolu que l'honorable Surintendant de l'Éducation soit prié de transmettre à l'honorable Secrétaire provincial les résolutions ci-dessus comme exprimant l'opinion de ce conseil sur la plainte qui lui a été ren voyée.

1 Lors de son Passage à Berlin en 1867, M. Chauvea Dr K. A. Schmid, personnage de réputation européenne et avec lequel il était depuis assez longtemps en Correspondance, la promesse d'écrire l'article: Canada pour la prochaine édition du gran “L'Encyclopédie de l'Instruction publique.”

U avait fait au

article était on ne peut plus fidèle, A ant propos, p. VII).

des hauts fonctionnaires de l'administration civile pour les mettre en mesure d'examiner de près l’organisation et le fonctionnement des services publics en divers pays. Grâce à leurs aptitudes, à leurs connaissances spéciales et à l'expérience que déjà ils possèdent, ces fonctionnaires ont toute la compétence voulue pour observer, comparer, se bien renseigner et faire ensuite profiter leur pays du fruit de leurs études.

Un règlement rendit obligatoire deux fois par semaine l'exercice militaire dans les écoles normales de la province. Les élèves-maitres, chargés à tour de rôle d'exercer au maniement des armes les étudiants de l’école annexe, avaient à subir eux-mêmes l'examen sur cette matière comme sur les autres branches du programme d’études avant de recevoir leur diplôme d’instituteur; il fallait même avoir réussi dans cette épreuve comme dans les autres pour se voir attribuer le prix fondé par son Altesse Royale le Prince de Galles. Le conseil exprima le désir que, pour faciliter l'exécution de ce règlement, le département fédéral de la milice procurât à ses frais à chaque école normale les accoutrements nécessaires et surtout l’instructeur qu’il faudrait. !

Au printemps de 1867, le conseil ne put, faute de quorum, tenir une assemblée ordinaire, mais lorsqu'il se réunit au mois d’octobre suivant, un grand événement politique s'était accompli. La constitution de 1841 avait cessé d'exister; l’union du Haut et du Bas Canada était dissoute et ces deux provinces, avec celles de la Nouvelle-Écrsse et du Nouveau-Brunswick, formaient, depuis le 1er juillet, une confédération sous le nom de La Puissance du Canada.

Ce changement politique modifia considérablement la composition du Conseil. L'un de ses membres, sir

1 Séance de novembre 1866.

Narcisse-Fortunat Belleau, avait accepté, à l'inauguration du nouveau régime, la haute position de lieutenant- &ouverneur de la province de Québec, et le surintendant, M. Chauveau, avait été appelé, comme Premier ministre, à former la nouvelle administration provinciale,

Le chef du cabinet prit le portefeuille de secrétaire de la province et,en même temps, le titre de ministre de l’Instruction publique. 1] remplaça au conseil sir N.-F. Belleau qui avait cessé d'en faire partie. Le secrétaire M. Louis Giard, devint Surintendant et M. Henry Hopper Miles fut nommé secrétaire-archiviste.

Le titre de ministre de l’Instruction publique que M. Chauveau avait assumé par un simple arrêté ministériel et par conséquent d’une manière irrégulière, fut légalisé

lature. : Le titulaire de la nouvelle charge devenait membre du conseil exécutif et pouvait remplir les fonctions jusque-là exercées par le surintendant de l’Éduca-

aurait le pouvoir de le remplacer par un Surintendant ou de conférer ses fonctions à l’un des ministres de la

l'empéchèrent de rédiger le rapport spécial qu’il se proposait d'écrire sur son voyage d'Europe. Cependant, dans son rapport annuel de 1866, il donna là-dessus d’utiles renseignements; il signala en particulier l’attention que donnaient les peuples européens au développe-

! Cette loi fut sanctionnée le 24 février 1868.

ment de l’éducation professionnelle, les efforts qu’ils s’imposaient pour remédier aux inconvénients d'une éducation classique très généreusement prodiguée en introduisant dans les lycées ou les athénées des cours scientifiques séparés et en établissant nombre d'institutions spéciales destinées à préparer les jeunes gens au commerce et à l’industrie. :

Relativement à notre régime scolaire, M. Chauveau fait la remarque suivante: “La comparaison de notre système dans son ensemble avec ceux des divers pays à la diffusion générale des connaissances dans toutes les classes de la société, montre que les obstacles que j'ai signalés dans mon rapport précédent existent à divers degrés dans les autres pays, et les questions que l’on y discute ne diffèrent guère de celles qui se discutent parmi nous.”

De 1867 à 1869, le Conseil n’eut à s'occuper que d’affaires de routine. Toutefois, un comtié fut nommé en 1868 pour conférer avec le gouvernement au sujet de certaines modifications qu'il paraissait désirable de faire à la loi de l'instruction publique.

! On entend, dit M. Chauveau, par éducation professionnelle le contraire de ce que beaucoup de personnes comprendraient: c’est l'éducation qui prépare spécialement aux carrières ordinaires de la vie, par distinction de l'éducation classique qui prépare aux professions libérales.

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