SCÈNE A l'opéra
dans votre loge, dit M. de Marquoy en entrant, et je viens vous demander un coin d'hospitalité ; car je suis là-bas , debout, dans un couloir d'amphithéâtre.
— Bien volontiers, Monsieur, dit Camille, car nous sommes tout à fait solitaires.
El toutes deux se tournèrent vers le fond de la loge pour causer avec M. de Marquoy.
LOGE DE CÉSARIKE.
— Ah ! fil Césarine, voilà probablement le monsieur à la correspondance.
— Qui est-ce ? dit de Lubois.
— Je ne le connais pas, fit Césarine : un gros homme, vieux, décoré.
Camizard glissa encore son regard furtif entre la colonne et Césarine.
— Mais c'est Marquoy.
— M. de Marquoy, dit Aphonse avec surprise, l'oncle de Maurice.
— Oui.
— C'est drôle, dit Césarine, le voilà qui continue le télégraphe avec le balcon.
LOGE DE CAMILLE
— Que fait donc là-bas cet imbécile de Maurice ? disait le vieux général ; il y a de la place ici... il ne voit rien, ce niaislà... pas moyen... Dans l'entre-acle j'irai le chercher...
— Nous allons partir, dit Alicia alarmée de la proposition.
— Pas avant le troisième acte, fit le général ; ils vont chanter la Marseillaise au lieu du final... ça fait un effet d'enfer... Est-ce que vous l'avez déjà entendue ?
— Pas moi, dit Camille.
— Il faut voir ça., faut voir ça. — li a l'air d'une bon». , là-bas, ce Maurice; regardez donc.
Il fallut bien regarder.
LOGE DE CÉSARINE
— Ce coin est bien intéressant, à ce qu'il parait, dit Césanne; on y regarde sans cesse. Ah ! voilà qu'on salue encore.
En effet, Maurice , pour faire cesser les signes un peu trop accentués de son oncle, avait pris le parti de saluer; Camille tt Alicia avaient répondu; tout paraissait fini. Le troisième acte de la pièce commença.
LOGE DE CAMILLE
— Que faites-vous? dit Alicia à M. de Marquoy qui s'agitait de toutes manières au fond de sa loge.
— Hé bien, je lui fais signe de venir.
— Non, dit vivement Alicia.
Le regard de Maurice semblait demander si ce bonheur lui était permis.
— Fais signe que non, dit tout bas Alicia à Camille. Celle-ci obéit, et un mouvement de tète imperceptible
rèta Maurice à sa place.
LOGE DE CÉSARINE
— Voilà la pantomime qui recommence; maisà qui doi.a-i-on dans ce coin ? l'un appelle , l'autre rail signe que n
— Qui appelle 1
— Hé bien , ce monsieur... cet oncle de Maurice ; et v< femme fait des petits signes de tète comme ça , comme pom dire • h Ne venez pas.»