‹ Le conseiller d'étatChapitre 9 sur 26 · SCÈNE A l'opéra · texte numérisé non relu

SCÈNE A l'opéra

dans votre loge, dit M. de Marquoy en entrant, et je viens vous demander un coin d'hospitalité ; car je suis là-bas , debout, dans un couloir d'amphithéâtre.

— Bien volontiers, Monsieur, dit Camille, car nous sommes tout à fait solitaires.

El toutes deux se tournèrent vers le fond de la loge pour causer avec M. de Marquoy.

LOGE DE CÉSARIKE.

— Ah ! fil Césarine, voilà probablement le monsieur à la correspondance.

— Qui est-ce ? dit de Lubois.

— Je ne le connais pas, fit Césarine : un gros homme, vieux, décoré.

Camizard glissa encore son regard furtif entre la colonne et Césarine.

— Mais c'est Marquoy.

— M. de Marquoy, dit Aphonse avec surprise, l'oncle de Maurice.

— Oui.

— C'est drôle, dit Césarine, le voilà qui continue le télégraphe avec le balcon.

LOGE DE CAMILLE

— Que fait donc là-bas cet imbécile de Maurice ? disait le vieux général ; il y a de la place ici... il ne voit rien, ce niaislà... pas moyen... Dans l'entre-acle j'irai le chercher...

— Nous allons partir, dit Alicia alarmée de la proposition.

— Pas avant le troisième acte, fit le général ; ils vont chanter la Marseillaise au lieu du final... ça fait un effet d'enfer... Est-ce que vous l'avez déjà entendue ?

— Pas moi, dit Camille.

— Il faut voir ça., faut voir ça. — li a l'air d'une bon». , là-bas, ce Maurice; regardez donc.

Il fallut bien regarder.

LOGE DE CÉSARINE

— Ce coin est bien intéressant, à ce qu'il parait, dit Césanne; on y regarde sans cesse. Ah ! voilà qu'on salue encore.

En effet, Maurice , pour faire cesser les signes un peu trop accentués de son oncle, avait pris le parti de saluer; Camille tt Alicia avaient répondu; tout paraissait fini. Le troisième acte de la pièce commença.

LOGE DE CAMILLE

— Que faites-vous? dit Alicia à M. de Marquoy qui s'agitait de toutes manières au fond de sa loge.

— Hé bien, je lui fais signe de venir.

— Non, dit vivement Alicia.

Le regard de Maurice semblait demander si ce bonheur lui était permis.

— Fais signe que non, dit tout bas Alicia à Camille. Celle-ci obéit, et un mouvement de tète imperceptible

rèta Maurice à sa place.

LOGE DE CÉSARINE

— Voilà la pantomime qui recommence; maisà qui doi.a-i-on dans ce coin ? l'un appelle , l'autre rail signe que n

— Qui appelle 1

— Hé bien , ce monsieur... cet oncle de Maurice ; et v< femme fait des petits signes de tète comme ça , comme pom dire • h Ne venez pas.»

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